Plus que jamais dans le doute ...

Posté par Flavien , le 16/04/2005
Plutôt noniste jusque là, (ce n'est pas pour faire dans la continuité des récents posts de changement de cap, et beaucoup de participants du forum vous diront que je suis noniste) je dois dire que je suis plus que jamais septique sur ce texte.

Si j'en crois ce que Mr Chirac a dit jeudi soir, il semblerai que ce texte organisationnel et structurel soit conçu pour donner un élan humaniste et libéral à l'europe, afin de promouvoir les valeurs européennes dans le monde.

Je crois également qu'un non, ne ferait pas perdre tant de crédibilité à la France, mais qu'effectivement, il ne serait pas non plus un progrès dans quelque domaine que ce soit, et, même s'il paraît envisageable de retravailler le texte, cette idée ne semble absolument pas concevable dans le milieu politique.

Mr le président a dit également que la plupart des inquiétudes des français quant aux privatisations, statuts des acquis sociaux, laïcité, ... relevaient de la compétence nationale et donc que le TCE n'aurait pas d'impact sur la politique intérieur dans ces secteurs.

J'en conclu que ce texte a donc uniquement pour but de définir des politiques globales de démocratie, d'économie, de défense et de droit du citoyen européen.

Je dirai que, dans l'absolu, ces idées sont plutôt satisfaisantes. Mais plusieurs détails me dérangent :

1 - pourquoi inscrire dans une constitution une politique économique et une politique de défense qui sont, par leur statut et leurs fonctions, appellées à évoluer avec le temps ? D'autant plus qu'elles seront très diffciles à modifier (unanimité).

2 - Mr Chirac a également précisé que la PAC était un privilège français remis en question par la plupart des pays europpéens. Avec le jeu de chaises tournantes prévu, que se passera-t-il le jour où il n'y aura pas de représentant français ? est-il si idiot de penser que la PAC va être remise en cause à ce moment là ? N'est-ce pas instaurer un système de chantage et d'alliances cachées ?

3 - Une politique économique globale, au sens où je l'entends, ne devrait pas entrer dans les détails et simplement fixer les règles d'accords entre pays, exportations, importations, etc ... Au lieu de cela, elle est truffé d'articles "vicieux". Par exemple, que doit-on comprendre sur la finalité de cet article ?
Article III-148 :
Les États membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est
obligatoire en vertu de la loi-cadre européenne adoptée en application de l'article III-147,
paragraphe 1, si leur situation économique générale et la situation du secteur intéressé le leur
permettent.
Article III-147, paragraphe 1 : La loi-cadre européenne établit les mesures pour réaliser la libéralisation d'un service déterminé. Elle est adoptée après consultation du Comité économique et social.
Un service de transport, tel que la SNCF, devenue bénéficiaire tout récemment devrait être privatisée, c'est ça ? Comment est constitué ce Comité ? par qui ? de qui ?

4 - La politique démocratique est servie à toutes les sauces pour justifier telle ou telle décision. Cependant, je ne m'explique pas cette volonté des Etats membres de ne pas unifier les votes au sujet de cette constitution. S'il veulent donner une image démocratique de cette constitution, qu'ils fassent le vote le même jour, partout, et sous la seule forme envisageable pour les citoyens européens : un référendum. Pourquoi définir un ordre chronologique de vote et n'établir un référendum populaire que dans certains pays ?

5 - une politique de défense qui appelle la militaristion progressive des Etats membres n'est, pour moi, absolument pas un pas vers la paix. Une politique qui irait dans le même sens que celle que l'on souhaite imposer à certains pays du monde, la démilitarisation progressive, serait bien plus gage de paix, de respect et d'humanisme. Mais ce n'est que mon point de vue.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, je suis pris entre 2 convictions :
- dire non et espérer un réel élan démocratique plus respectueux des citoyens. Espérer également une réelle prise de décisions économiques dans le domaine de l'environnement et du développement durable (parce que promouvoir, respecter, accepter, ... est à mon sens bien léger). Espérer une défense orientée vers la paix, puisqu'une armée n'a plus de raison d'être aujourd'hui.

- dire oui pour avancer, parce que l'europe ne peut effectivement pas rester sur un texte tel que le traité de nice, pour garantir notre statut de pays "souche" dans l'organisation de l'europe, pour reconnaitre un statut officiel de citoyen européen (qui est un grand pas pour les citoyens de pays de l'est), dans l'espoir que la politique économique soit réellement porteuse d'emplois et mette un frein aux délocalisations, pour que nous puissions encore jouir de nos acquis sociaux qui relèvent de la compétence nationale, et pour, malgré le fait que nous soyons d'accord avec ce texte, nous nous battions, au-delà des références politiques actuelles, pour changer la politique nationale et qu'elle soit, elle aussi, humaniste et libérale, plutôt qu'ultra-libérale et sectaire.

Merci à ceux qui m'ont lu et à ceux qui tenteront me donner des réponses sur les différents points que j'ai évoqué.

Les réactions de cet argument

Posté par calixo , le 17/04/2005

Mon site répond à certaines de vos questions :

perso.wanadoo.fr/nonalaconstitution/

Cordialement