PARLONS DE FISC ET DE SOCIAL !

Posté par Patrice , le 18-07-2005
Excellentes contributions de SG44 et de Jacques Heurtault, merci !

SG44 s’interroge avec pertinence sur la répartition de l’impôt, il (ou elle ?) a bien raison : c’est un scandale et un drame…

Ceux qui gagnent peu sont exemptés de l’impôt sur le revenu – IR – ce qui leur donne l’impression de n’être pas des Citoyens à part entière, alors qu’ils payent beaucoup en TVA, CSG, Taxe d’Habitation, j’en passe comme les amendes et les taxes délirantes sur les carburants, les cigarettes ou l’alcool… D’autre part il ne faudrait pas oublier que le salaire d’un employé, s’il est de 1.000 Euros net, coûte 2.400 Euros à l’employeur (Brut 1.200 Euros + charges 1.200 Euros)

Soyons simples : un employé au SMIC qui perçoit 1.000 Euros net cotise pour 1.400 Euros chaque mois, c’est à dire 16.800 Euros par an et 756.000 Euros en 45 ans (presque 5.000.000 de Francs) Que lui donne-t-on en échange ? Le droit de se faire soigner et une retraite de misère. C’est bien mais c’est beaucoup trop cher ! En moyenne la retraite ne coûtera que 120.000 Euros (787.000 Francs) pour 10 ans avec 1.000 Euros par mois !

Où sont donc les 636.000 Euros (4.172.000 Francs) qui restent ? Dans les arrêts de travail, les soins à 100% pour cancer ou sida ? Ou plutôt dans les poches de gestionnaires incapables et de corrompus qui ont trouvé un moyen astucieux d’alimenter des comptes en banque discrets avec l’argent des cotisants ?

Qui peut imaginer que le Smicard moyen aura besoin de plus de 4 millions de Francs pour se soigner ? Quelques-uns auront besoin de 8 millions (0,5%), d’autres de 4 millions (2%) les autres auront besoin de peu de chose…

Et il ne faut d’ailleurs pas oublier l’effet colossal du pré-financement : les cotisations versées il y a 20, 30 ou 40 ans portent intérêt, c’est énorme sur une si longue période !

PREMIERE OBSERVATION : Les pauvres sont volés, et méprisés par-dessus le marché, puisqu’ils sont exclus de l’impôt emblématique, l’IR !

Venons-en à la classe moyenne, la plus nombreuse et la plus rentable (entre 1.500 et 6.000 Euros par mois). Celle-là, c’est très simple, elle est tondue jusqu’à l’os, on lui laisse le pourboire sur l’argent qu’elle fabrique… Éventuellement on la “finira” avec l’ISF, pour ceux qui ont eu la mauvaise idée d’acheter un bien immobilier, lequel ayant pris trop de valeur – bien malgré eux – les oblige à acquitter cet impôt ignoble ! Parfois ils devront payer plus que ce qu’ils gagnent, ce qui est la honte définitive d’un État dévoyé, vorace et irresponsable !

DEUXIEME OBSERVATION : La classe moyenne est pressée comme un citron !

Finissons enfin avec les vrais riches, objets de toutes les spéculations et de tous les appétits fiscaux… Ceux-là (10.000 Euros par mois, voire beaucoup plus), patrimoine en conséquence donc redevables de l’ISF ont deux moyens à leur disposition pour échapper à l’impôt : la dissimulation et les acrobaties fiscales variées (déficits antérieurs, avoir fiscal…) et surtout la délocalisation ! Pourquoi rester dans un pays qui vous prend tout quand tant d’autres lieux sont accueillants davantage et moins gourmands ? Il faudrait être bien bête, ce qui n’est par la caractéristique principale des gens qui ont de l’argent !

TROISIEME OBSERVATION : L’argent des riches nous passe sous le nez, à force d’être trop gourmands on perd tout… C’est la fameuse histoire de la poule aux œufs d’or !

Enfin il faut tout de même se demander sérieusement pourquoi l’Etat a besoin d’autant d’argent (beaucoup plus, en proportion que les autres pays développés)… Voici quelques raisons, la liste n’est malheureusement pas limitative :

· L’Etat ne gère rien, ni son patrimoine ni ses dépenses, il fait n’importe quoi, on verra bien après (essayez d’en faire autant avec votre budget, histoire de voir au bout de combien de temps vous serez en faillite !)

· La corruption généralisée fait des ravages inouïs… Quiconque a le moyen de s’en mettre dans la poche se goinfre au maximum sur le dos du contribuable : frais invraisemblables, fausses factures, commissions… Vive les billets de 500 Euros qui permettent enfin de mettre une vraie fortune dans une petite mallette. Chaque année un organisme international indépendant dresse le palmarès de la corruption dans le monde, chaque année nous sommes tout en haut du tableau entre deux autres Républiques bananières !

· Notre grotesque gouvernement (il échoue toujours et partout) se prend pour une monarchie… C’est cher une Cour !

· Les Syndicats qui ne représentent plus rien ni personne (pardon, ils représentent encore les débris du communisme stalinien) tiennent la population en otage, ils obtiennent donc tout ce qu’ils réclament très facilement, d’autant que le gouvernement n’a ni les moyens ni le courage de leur tenir tête.

Vous compléterez vous-mêmes, j’en suis sûr cette liste très incomplète, venons-en au fond du problème :

Nous devons nous débarrasser d’une classe politique faillie, toutes tendances confondues.

Nous devons diviser le nombre de fonctionnaires par deux : actuellement 25% des actifs contre 12 ou 13 dans les pays sérieux… C’est bien assez !

Nous devons recaser nos fonctionnaires licenciés dans des emplois productifs à créer.

Nous devons mettre tout le monde au travail : plus de chômage indemnisé, donc plus de cotisation chômage et plus d’indemnités. Quiconque perd son travail doit pouvoir en trouver un autre dans le mois suivant (c’était ainsi, il y a 30 ans… et c’était beaucoup moins stupide)

Nous devons cesser de nous accrocher à de prétendus acquis sociaux qui ont foutu tout le monde dans la merde et qui nous ont conduit dans le mur (Hé ! Oui ! nous y sommes !)

Nous devons cesser de vivre à crédit aux frais de nos enfants et de nos petits-enfants, nous devons rembourser nos dettes nous-mêmes, tout de suite, avec dignité et sans attendre que d’autres payent pour notre confort passé ou présent…

Un programme difficile, sans doute… Mais un programme d’hommes et non pas de couilles molles comme celui que nous appliquons aujourd’hui !

Si nous étions capables de l’appliquer et de le tenir nous pourrions relever la tête dans le monde… Aujourd’hui nous tendons la main comme des mendiants pour emprunter l’argent que nous dépensons en plus de celui que l’État nous vole (au-delà de 3% du PIB en déficit) et nous devons accepter des taux d’intérêt très élevés parce que plus personne n’a confiance dans notre capacité à rembourser ! La honte ! De plus tout notre impôt sur le revenu de l’année prochaine passera à payer les intérêts de la dette, pour la première fois (pas le principal, bien-sûr !)

On continue longtemps comme ça, avec de vagues petits replâtrages, des transferts homéopathiques d’un vieil impôt vers un neuf, sans rien changer au fond ?

Vous oubliez un détail : quand on va dans le mur il est temps, éventuellement, de tenter de freiner ou de changer de direction… Quand on est dans le mur, ce qui est notre cas, on compte les morts et les blessés et on renonce au dîner auquel on se rendait : la plupart des convives sont dans un tiroir à la morgue ou sur un lit d’hôpital sous perfusion…

La vie n’est pas toujours drôle, et les promesses du passé ne sont pas toujours tenues par l’avenir, les avantages sociaux et les droits acquis ne durent que tant qu’il est possible de les payer… Et ce n’est plus le cas ! Il est toujours temps de descendre dans la rue, mais pour quoi faire… Les billets de 500 Euros ne poussent pas entre les pavés, ils sont dans les mallettes en partance (et pour l’essentiel déjà arrivées) pour les paradis fiscaux avec comptes à numéro !

Les réactions de cet argument

Posté par Françoise , le 27-07-2005

Patrice,

je ne sais pas sûre d'être complètement d'accord avec tout ce que vous écrivez mais je préfère nettement ce post à celui sur les fonctionnaires (avez vous déjà fixé la date d'ouverture de la chasse aux sorcières ?)

pour revenir à votre argument en forme d'inventaire.

Il paraît assez complet et détaillé, pour autant l'idée de revenir aux pratiques existantes il y a quelques trente ans (ex : retrouver du travail dans le mois suivant le licenciement) n'est pas réaliste et ne prend pas en compte :

- la situation réelle et actuelle pas seulement à l'échelle du pays mais aussi au plan européen et international : la mondialisation, globalisation, internationalisation (appelez çà comme vous voulez) est passée par là. La France, même avec ses pratiques attardées, n'est pas la seule à en pâtir.

- la situation personnelle de chacun des licenciés : voulez vous reconvertir en un mois un tourneur-fraiseur en informaticien ou l'inverse ? vous aurez du mal. Pourtant, je crois savoir que les formations sont souvent disponibles et ne manquent pas et beaucoup en bénéficient pour se retrouver, en désespoir de cause, à enfiler les formations et stages de reconversion comme d'autres enfilent des perles, avec quel résultat à la clé ? pas forcément un travail et pas celui pour lequel ils se sont formés.


- remettre sur le marché du travail 50 % des actuels fonctionnaires : pourquoi pas ? comment allez vous créer les emplois correspondants pour les faire travailler si on considère le nombre déjà impressionnants de chômeurs. Point "positif" : lesdits fonctionnaires "chômérisés" ne seront peut être plus alors soupçonnés de vivre sur le dos de la société... mais c'est vrai, comment savoir avant d'avoir essayé ?

Sur le sujet de la corruption, il est un fait qu'elle existe et qu'elle est répandue. Curieusement même si les corrompus s'attirent la vindicte populaire : "tous les mêmes, tous pourris !", ceux qui ne sont pas corrompus (et il y en a) ne paraissent pas davantage bénéficier des faveurs populaires. Pourquoi ? Préfèrerait- on les corrompus qui savent "embobiner" aux non corrompus qui ne savent pas "séduire"...

Vous appelez fermement au réveil national. Que chacun se prenne en mains et affronte son destin... les poches vides et le courage en avant..

pourtant je pense que ceux qui réclament le plus fort le changement sont
ceux là même qui y sont les plus fortement opposés. Ils ne veulent rien remettre en cause : surtout pas les acquis sociaux, encore moins le désormais fameux "modèle" social à la française, quant aux mentalités et aux comportements, c'est un vrai travail d'éducation qu'il faut entreprendre : un travail de fond qui commence par les enfants : mais comment éduquer ces enfants quand leurs parents sont les premiers à ne pas/plus vouloir ou pouvoir évoluer.

Alors Patrice, par où commencer l'immense chantier ? !

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