LES « INCOHERENCES » DE LA GAUCHE POUR LE « NON »

Posté par Jacques Poustisis , le 12/05/2005

Top ! Arrêt sur l’image...
On cesse deux secondes de se jeter à la figure les articles du nouveau Traité et leurs interprétations contradictoires, et on s’intéresse un instant aux partis politiques qui ne cessent de se les balancer comme autant de tartes à la crème dans les films de Charlot.
Analysons pour commencer les partisans du « oui ». On y trouve : :
- la quasi-totalité de la droite traditionnelle (UMP et UDF)
- une majorité (étroite) de la gauche modérée (Verts et Socialistes)
...Tous unis sur la même longueur d’onde pour reconnaître que sur tel ou tel point, ils auraient préféré un traité avec « un peu plus de ceci » ou « un peu plus de cela ». Mais tous unis aussi pour prôner un « oui » massif, avec l’argument commun qu’il s’agit là d’un accord de compromis entre 25 pays aux cultures sociales, politiques et économiques différentes, et qu’il ne peut y avoir d’autres possibilités que des accords de compromis dans une communauté européenne démocratique.
Au niveau national et (logique !) au niveau européen après acceptation unanime de ce Traité de constitution, les oppositions politiques droite/gauche reprendront pleinement leur logique.
D’aucuns trouvent que cette harmonie « droite/gauche » autour du « oui » au Traité » est incongrue. Certains même la jugent « inadmissible ».
Mais penser cela, ne revient-il pas à renier la maturité des hommes politiques français qui ont abandonné (depuis la première cohabitation Mitterrand/Chirac ?...) les attitudes infantiles d’autrefois qui consistaient à une opposition systématique de la gauche à toute proposition venant de droite, et à une opposition systématique de la droite à toute proposition venant de gauche. Les deux ou trois exemples les plus forts de cette « nouvelle maturité politique » ayant peut-être été ces derniers temps : l’élan républicain contre la montée du Front National lors de la dernière « présidentielle », le « non » quasi-unanime à une intervention militaire en Irak, et la cohésion presque totale autour de la défense de la laïcité en France. On voit que ces harmonies ponctuelles n’empêchent nullement des désaccords profonds sur la politique actuelle vis à vis des services publics, des acquis sociaux, du chômage, de l’éducation et de la formation, de la protection de l’environnement, etc.
Analysons maintenant les partisans du « non ». On y trouve :
- la quasi-totalité de l’extrême gauche (LCR, LO)
- une majorité écrasante de la gauche collectiviste (PCF)
- une bonne partie de la gauche modérée (Verts, Socialiste)
- une petite partie de la droite traditionnelle (UMP, UDF)
- un fort pourcentage de l’extrême droite nationaliste (FN)
- la quasi-totalité des « souverainistes » (MPF)
- la quasi-totalité de l’extrême droite ultra-libérale (DL)
...Tous unis pour prôner un « non » massif, mais qui se trouveraient bien incapables de se retrouver en accord autour d’un consensus pour une re-négociation du Traité constitutionnel.
Bon, mettons de côté les anti-européens traditionnels (FN, MPF pour ceux qui est des anti-européens viscéraux, et LCR, LO, PCF pour ce qui est des européens « tiédasses »). Leur réticence à la construction européenne est somme toute cohérente. Mais ces partis, même regroupés autour du « non », sont loin de rassembler la totalité des « non »...
De quoi est donc fait le restant (conséquent) d’européens « pour le non » ?...
De toute évidence (voir liste plus haut), d’une bonne partie de la gauche modérée (Verts et PS) qui s’est regroupée sous la bannière contestataire d’un mouvement altermondialiste combatif et indiscutablement fédérateur : ATTAC.
Mais quelle est donc leur vision en cas de victoire du « non » ?... On entend deux éventualités possibles :
1. les gouvernements actuels, + ceux des nouveaux pays entrants, re-négocieront après l’échec du TCE, un autre Traité moins libéral et plus social.
2. un grand mouvement populaire écartera du pouvoir décisionnel les gouvernements actuels, et proclamera, par une assemblée élue par le peuple, une Constitution, moins libérale et plus sociale.
Ouais... pour ce qui est de la première possibilité, inutile de rêver : on imagine mal comment les gouvernements (actuellement majoritaires à droite) + ceux des pays entrants (assoiffés de libéralisme après avoir subi le joug du dirigisme étatique soviétique) pourraient s’accorder sur un Traité moins libéral.
Pour ce qui est de la deuxième possibilité, on remplace « gouvernements » par « peuples » et on retombe sur une même utopie...
Lors d’une récente émission télévisée (France Europe Express, de Christine Ockrent) le journaliste Serge July s’adresse à Jacques Nikonoff, président d’ATTAC ainsi : -« Dans l’Humanité d’aujourd’hui, vous exposez une liste de propositions pour un nouveau Traité... Voyez-vous un seul pays européen actuel qui accepterait de signer cette liste de propositions ?... ». Réponse instantanée de Jacques Nikonoff : - « Non !... ».
Difficile de mieux argumenter pour accréditer un « oui » massif pour le référendum du 29 mai...
Car un « tiens » vaut, raisonnablement, toujours mieux que deux « tu l’auras » !
Jacques Poustis, pour un « oui » de gauche

Les réactions de cet argument

Posté par Lehcimdraner , le 12/05/2005

Il faut arrêter non pas de se jeter à la figure les articles du traité car c'est bien ça l'objet du référendum, mais les soi-disants porteurs de ceci ou de celà ; s'ils étaient porteurs du oui ou du non, je le répète, il n'y aurait pas photos puisque la totalité ou presque des élus et des médias dit oui !
Si tant de gens penchent pour le NON il faut bien admettre que ces leaders ne conduisent plus rien, ce que tout le monde a compris depuis un moment dans cette construction européenne . IL faut donc reprendre les rênes de notre desdtin et dire NON !

Posté par Sam , le 12/05/2005

Jacques Delors aussi se contredit, et de fort belle manière.



1. "Ils vous mentent !" - "Il n'y a pas de plan B."
(http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2112/a267538.html)

2. "Le devoir de vérité impose de dire qu'il peut y avoir un plan B [mais] une solution rapide est impossible"
(http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-631760,36-648846@51-641597,0.html)


Sur la forme, c'est un poliotage en règle :)
Sur le fond, on est complètement d'accord que ca ne serait pas facile et que certains arguments (du oui comme du non) sont mensongers..

Pour finir, mieux vaut débattre sur les articles du texte nous même, les politiques n'en finissent pas de se décrédibiliser tous seuls à grand coups de médias.

Bien à vous.

Sam

Posté par Denis M. , le 12/05/2005

Il faut reconnaître que votre argument est un argument fort l'idéologie libérale est largement dominante actuellement en Europe, et il sera difficile de renégocier un nouveau traité en cas de victoire du Non. Malgré cela, je refuserai ce traité, pour la bonne raison qu'un traité constitutionnel n'a pas à fixer dans le marbre une politique, quelle qu'elle soit ("libérale" ou "sociale"). Même si les voix du non sont très disparates, je ne vois pas ce qui empêcherait de négocier un nouveau traité qui, précisément, se recentrarait sur les problèmes d'ordre institutionnel (ce qui est normalement le rôle d'un texte constitutionnel), et laisserait de côté les aspects plus conjoncturels. Après, au niveau européen, l'alternance politique pourrait jouer pleinement son rôle, selon les principes de la démocratie.

Posté par jerom , le 12/05/2005

excessivement interessant et le 82% de Chirac en 2002 vous l'analysez comment pour expliquez la politique economique et sociale de la france de 2002-2005.


Au passage, votre examen de l'UMP ouiniste est pertinente mais que faites vous des 80% qui ne sont pas UMP ?

Il parait que ce la s'appelle la democratie.

Le bipartisme c'est en face et on peu leur laisser.

On sais bien que sarkosy ne reve que de ca et de faire des clip de campagne a velo avec madame en interview pour des magazines tele.

mais ici c'est la France et pas en core la kermesse a neuneu ou on raccourci les debats avec des idées aussi legères.

Parlez nous aussi de l'extreme droite autrichienne qui va voter Oui aussi tant que vous y etes .


Si Chirac n'est pas capable de renegocier en vertu du mandat qui est le sien. Une solution, il demissionne.

Car faut il vous rappeler que le président est au servir du pays et pas l'inverse.

En fin le non francais n'est pas la fin de la procédure , alors le renegociations se feront avec les 24 autres pays voire les 26 si les politiciens de droite ne nous font pas la sauce présidentielle en guise de retardateur de negociation , ce qui serait encore un satisfecit pour le quinquennat de l'homme qui lui a dit non puis oui apres lui avoir dit non et finalement oui.

Posté par Bouzou , le 13/05/2005

Arrêtez de vous focaliser sur la politique française. Vous êtes hors sujet. Il n'y a que ça qui compte pour vous. Vous vous dîtes européen en voulant voter OUI et vous ne faites que vous intéresser aux influences des déclarations des uns et des autres dans le monde politique français avec en toile de fond 2007.
Si c'est votre conception d'un comportement européen alors que de tous les bords de votre si précieuse bulle politique française on vous rabâche depuis des semaines et des semaines que le débat n'a rien à voir avec ce qui se passe chez nous, alors votre comportement ne plaide pas pour la position que vous défendez.

Personnellement je voterai NON, mais cherchez tous mes arguments et commentaires. Vous n'y trouverez aucune référence à la politique française, mais bien un discours sur le fond de la question : le TCE.

Posté par Le Sans-culotte , le 19/05/2005

ET CA CONTINUE...


Celà fait plus d'un mois que je fréquente ce site...Hélas,européen, partisan du OUI au départ, je me suis bien vite aperçu à la lecture du texte qu'il n'était pas fait pour moi, pauvre citoyen de l'"Europe d'en bas"!

Mais, en dehors de celà, ce qui est le PLUS FRAPPANT, c'est l'inanité des arguments du OUI: rarement une analyse du texte, et toujours le même blabla stérile sur l'étude socio-politico-économique bidon de ceux qui votent NON !

C'EST TRES INQUIETANT POUR LA DEMOCRATIE, ces gens qui ne LISENT pas et se contentent de répéter éternellement les mêmes arguments creux que leur soufflenr les pseudo-socialistes-verdâtres et la bande à Chiracmenteur-Raffarinça craint-Sarkofacho-Seillièredes sous-Haidernazi-Berlusconifacho et Cie...

Quant à moi, je fais partie de ceux qui sont assez grands pour avoir compris que le TCE est pour nous tous un PIEGE A C...S, sans qu'aucun parti politique n'ait à me dicter ma pensée et mon vote qui sera définitivement NON!