fonction publique : témoignage personnel et réflexions..

Posté par Françoise , le 13-07-2005
Je n'ai pas lu tous les arguments sur le sujet du chômage, toutefois je vois que la fonction publique s'en prend dans la tête, à tort ou à raison ?
les deux probablement..

Je suis fonctionnaire, "transfuge" du secteur privé, donc je crois connaître plutôt bien les deux aspects de la question.

Pourquoi ai-je quitté le secteur privé ?

parce que j'avais le sentiment d'y être exploitée.. par ailleurs, je ne pensais pouvoir évoluer davantage (commencer comme mécanicienne en confection à 18ans, donc à l'usine, pour 15 ans plus tard, être assistante de direction commerciale, il ne fallait pas rêver, mon niveau d'études (un simple diplôme professionnel) ne me le permettait pas, on me l'avait bien fait comprendre. On s'appuyait sur ce fameux niveau d'études pour justifier de ne pas augmenter mon salaire plus que "nécessaire".

j'ai donc "sauté le pas" et passé un concours pour la fonction publique et voir autre chose, du pays ou plutôt des pays (çà sert à çà les affaires étrangères).

Que retenir de cette fonction publique dont je fais maintenant partie ?

il y a des "bras cassés", c'est vrai, et je suis la première à le regretter.

Néanmoins, on côtoie aussi des agents dont la qualité tant humaine que professionnelle ferait griller d'envie certains patrons du privé.

Il ne faudrait donc pas amalgamer les bras cassés avec ceux qui bossent dans et il y en a : faire 8H00 - 20H00 dans une journée n'est pas un "privilège" réservé au secteur privé : les heures sup. ne sont pas payé, désolé ! tout au plus depuis les 35h et les fameuses RTT peut on récupérer un peu de temps de repos.

Savez vous aussi que la fonction publique est soumise aux restrictions budgétaires, venez voir de l'intérieur et vous verrez que çà existe !

Rendre des emplois budgétaires, c'est une réalité, travailler avec toujours moins d'effectifs, çà existe aussi, on compense avec des emplois précaires (vacations, recrutement local pour les postes à l'étranger) qui font disparaître l'emploi public mais crée une instabilité et une perte de compétences (car la compétence dans la fonction publique, çà existe aussi ! le privé n'en a pas seul l'apanage).

N'y a t il donc aucun "bras cassé" dans le privé ? soyons sérieux... peut être sont ils plus vite éliminés et les retrouve t on sur les bancs... de l'ANPE, mais après tout c'est peut être çà aussi... le management du secteur privé..

La fonction publique gère ses bras cassés en s'appuyant sur les "bons" agents, ceux qui bossent et auraient largement leur place dans le privé.

La moyenne d'âge des agents de la fonction publique grandit, les agents vieillissent... les recrutements pour renouveler les fonctionnaires ont commencé... ce sur quoi la fonction publique peut espérer compter c'est former différemment ses nouvelles recrues pour que celles-ci comprennent que la fonction publique n'est pas une "rente" mais bien un travail à temps plein, pas une façon de se mettre à l'abri ses préjudices du privé.. Ce sera difficile de faire comprendre çà à certains nouveaux fonctionnaires car ceux-ci se sont retrouvés fonctionnaires "malgré eux", la situation de l'emploi dans le privé les a amenés dans le public... que feront -ils ensuite : verront ils cela comme une opportunité à saisir ou comme un moyen de "rester à l'abri", la question est posée, je n'ai pas la réponse... je constate seulement...

que nos amis du privé ne jettent pas à la pierre à leurs amis du public, nous sommes français avant tout, humains avant tout, soucieux de préserver nos intêrets personnels, professionnels et familiaux avant tout (ai je tort ?) et tant qu'il en sera ainsi, la gueguerre privé / public restera.. sauf à envisager la suppression maximale des privilèges de la fonction publique, le privé en sera t il totalement gagnant ? je n'en suis pas si sûre... j'en veux pour preuve l'exemple britannique (eh oui !) où après avoir sabré la fonction publique (du temps de la Dame de fer), M. Blair remet à flots un certain nombre de secteurs publics en marche, car l'ensemble des britanniques n'y trouvaient pas leur compte...

alors privé / public : même combat ou guéguerre ?

Les réactions de cet argument

Posté par BatSwann , le 20-07-2005

Françoise, je tiens à vous exprimer toute ma reconnaissance, vous avez su ecrire avec brio ce que j'avais du mal à exprimer, alors, merci.
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Posté par guillaume , le 25-07-2005

le problème est, Françoise, que vos bras cassés, dans mon entreprises, ils se font virer aussi sec, alors que dans votre administration, ils sont indéboulonnables, donc payés toute leur vie à ne pas faire grand chose...

Alors comprenez que les gens qui travaillent dans le privé, où on leur explique qu'il faut etre productif et où on leur met une pression régulière, ne trouvent pas très normal que l'administration paye des gens à ne rien faire...
Si quelqu'un sait qu'il peut perdre son travail parce qu'il ne le fait pas, vraisemblablement, il s'y mettra.
Mais tant que les "bras cassés" peuvent ne pas faire leur travail et etre assurés de la pérénité de leur emploi, il y aura toujours des gens pour tirer à boulet rouge sur les administrations.
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Posté par Françoise , le 26-07-2005

Guillaume

si en effet, un moyen peut être trouvé
de nous débarrasser des bras cassés, pour ma part, je n'y verrai que des avantages..

Doit on pour cela jeter l'opprobre sur la totalité du secteur public ?

Le secteur privé est il donc à ce point dénué de "scrupules" quand il s'agit de donner la chasse sinon aux sorcières du moins aux bras cassés.

Faut il donc penser que les bras cassés ne se retrouvent vraiment que dans le public ?

Le fait est qu'ils sont plus rares dans le privé - tout dépend de quel type de poste ils occupent, de leur ancienneté et beaucoup de leur degré d'astuce dans l'art de "brasser de l'air" en ayant l'air de travailler pendant que le/la voisin(e) lui/elle se tape le travail : il n'y a pas besoin de travailler dans le seul secteur public pour trouver ce genre de spécialiste...

Quant à les débusquer, il faudrait compter sur l'intransigeance systématique de la hiérarchie qui de façon surprenante manifeste plus souvent qu'on ne le croit un faible pour ledit bras cassé : et çà non plus, çà ne se voit pas que dans le public.

On n'échappera jamais au facteur humain : et curieusement les bras cassés réussissent bien plus et plus souvent qu'on ne le voudrait à retenir les grâces de leur hiérarchie.

n'êtes vous pas d'accord ?
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Posté par guillaume , le 28-07-2005

sur le fait que l'on trouve bien évidemment des bras cassés dans le secteur privé...
Mais, pour avoir bossé pour la SNCF, et pour des boites privées, j'ai pu constaté que si il y a des bras cassés partout, ils ont tendance à prospérer dans le secteur public...
Dans les diverses entreprises par lesquelles je suis passé, j'ai toujours rencontré des bras cassé, mais ils étaient toujours obligé de fournir un minimum de travail, et de bien le faire s'ils ne voulaient pas se trouver trop exposé...
A la SNCF, par contre, les bras cassés se posaient devant leur bureau, allumaient l'ordinateur et jouaient au démineur...
et si le chef de service n'était pas content, il s'arrangeait pour faire muter l'indésirable dans un autre service, et ainsi de suite...

En Suède, les fonctionnaires n'ont pas de contrat à vie, juste des contrats de 3 ans, renouvelables sans restriction...
Chaque service a un objectif budjetaire à tenir, et s'il fait des économies, le fonctionnaire est récompensé, s'il dépasse son budjet, il est sanctionné, voir son contrat n'est pas renouvellé.
tout le contraire de la France où chaque service fait son maximum pour dépenser (voir exploser) son budjet, histoire d'etre sur d'avoir le meme budjet l'année qui suit... en fait, chez nous, plus on dépense, plus on est récompensé, c'est tout le paradoxe de la fonction publique française, ne pas savoir faire des économies...
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