Débat paradoxal
Posté par Mirabelle , le 16/04/2005
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Le débat sur l'Europe offre un caractère tout à fait paradoxal. Voilà en effet plus de dix ans que la société française réclame qu'une Europe politique se substitue à la technocratie bruxelloise et comble son déficit démocratique. Voilà plus de dix ans que chacun en France réclame à cor et à cri que l'Europe reconnaisse la nécessité des services publics, qu'elle préserve l'exception culturelle, qu'elle garantisse des droits sociaux fondamentaux. Et voilà plus de dix ans encore que nous demandons à l'Europe de s'occuper de l'essentiel, c'est-à-dire de défendre un modèle de civilisation et de peser dans les affaires du monde pour laisser aux Etats le soin d'organiser chez eux la chasse, la pêche ou l'affinage des fromages.
Et c'est au moment où un texte nous propose de respecter la conception française des services publics, de sanctuariser l'exception culturelle défendue par la France, d'adopter une charte des droits fondamentaux, que nous critiquons son caractère ultralibéral. C'est au moment où la Constitution fixe une règle du jeu plus simple et plus lisible pour une Europe à 25, où elle assure la primauté des instances élues, Conseil européen et Parlement, dans la prise de décision, que nous semblons hésiter. C'est au moment où la Constitution prévoit des mécanismes pour donner aux Parlements nationaux la capacité de faire appliquer le principe de subsidiarité, c'est-à-dire de limiter l'intervention de l'Union européenne au strict nécessaire, que nous doutons.
Oui, alors que tous les observateurs s'accordent à voir dans la Constitution le texte le moins libéral et le plus politique qu'ait produit l'Europe depuis plusieurs années, la tentation du non gagne du terrain dans les esprits, et donc dans les sondages.
Il semble flotter, dans notre pays, comme une ivresse du rejet, comme une tentation de désaveu global du système. Le non est en passe de s'imposer comme une mode dont on ne se soucie guère de discerner les implications futures. Il est le point de ralliement de toutes les protestations que le fonctionnement de notre société génère, et chacun sait qu'elles sont nombreuses. Il plaît moins par ce qu'il fonde – à vrai dire pas grand-chose – que par ce qu'il signifie : un pied de nez aux élites, toutes tendances et toutes catégories confondues, d'autant plus jubilatoire qu'il est à présent débarrassé de toute dimension sulfureuse pour s'inscrire pleinement dans l'air du temps.
Les Français ont-ils conscience que, s'ils se laissaient entraîner sur ce chemin, ils ne récolteraient que les fruits amers d'un paradis artificiel en lieu et place de «l'autre monde» dont on les fait abusivement rêver ? Rien n'est moins sûr aujourd'hui. C'est pourquoi, dans l'océan d'incertitudes et de perplexité où se trouvent nos compatriotes, il faut revenir à l'essentiel : voter non contribuerait à renforcer l'Europe que nous dénonçons au lieu de nous aider à construire l'Europe que nous voulons. Le non ne provoquerait ni chaos créateur ni révolution politique, juste un réveil pénible. Car on s'apercevrait après le tumulte des premiers jours que les choses resteraient finalement dans l'état où on les avait laissées. Le libre-échange demeurerait une réalité, le grand marché aussi. La Commission ne cesserait pas d'exister. En revanche, exit la reconnaissance des services publics, la charte des droits fondamentaux, la sanctuarisation de l'exception culturelle. C'en serait fini, et pour longtemps, de notre entreprise pour fonder l'Europe sur des valeurs communes avec celles de notre République.
Si nous devions, demain, renégocier un nouveau traité en position de faiblesse ou d'isolement dans une Europe privée de charte commune, comment pourrions-nous déjouer les tentatives que ne manqueront pas de lancer les pays hostiles à la régulation des marchés et désireux d'identifier définitivement le projet européen à la constitution d'un grand marché dépourvu de toute ambition politique et sociale ? Comment pourrions-nous empêcher quelques pays d'aller plus loin et plus fort dans une direction qui n'est pas la nôtre et sur des conceptions que nous réprouvons ? Telles sont les interrogations auxquelles les partisans du non n'apportent aucun commencement de réponse. Ils sont évidemment bien en peine de le faire, car ils pressentent que le flou institutionnel ouvrira la porte en grand à un libéralisme décomplexé qui est, hélas, le dénominateur commun sur lequel se retrouveront un nombre important de pays, faute de règles crédibles et solides.
Il y a quelques jours, le président de la République a démontré avec éclat que l'Europe n'était pas un carcan bureaucratique mais qu'elle pouvait être le vecteur de la volonté politique des chefs d'État et de gouvernement. La réforme du pacte de stabilité et le réexamen complet de la directive Bolkestein prouvent que la construction européenne est un combat politique dans lequel les représentants élus des peuples gardent la première place, pour peu qu'ils aient la volonté de parler clair et de faire bouger les choses.
La Constitution n'est pas une chape de plomb qui empêche l'action et muselle la pensée. C'est une règle du jeu qui organise les relations entre les institutions, qui précise les rôles et les compétences de l'Union et des États, bref, qui dit qui fait quoi en Europe. En essayant, sur des bases réalistes, de mettre un peu de cohérence dans l'actuel désordre européen, elle ne peut que rassembler tous ceux qui croient que l'Europe doit être porteuse d'un projet politique et non se limiter à n'être qu'une machine administrative au service du libéralisme économique. N'ayons pas peur de le dire : il vaut mieux un oui constructif plutôt qu'un non illusoire, un oui lucide plutôt qu'un non immobile. Nous n'avons que trop tardé à en convaincre les Français.
Les réactions de cet argument
Posté par cliquet , le 17/04/2005
Voyagez-vous beaucoup en Europe? Avant de parler comme vous le faites d'une Europe monolithique, unie, a caractere humain, posez vous la simple question:Quelle langue sera la langue europeenne?
Le bon sens elementaire indique que ce ne peut etre que l'anglais, pratique dans le reste du monde et deja pratiqué dans toutes les activites liees aux voyage.
Ce problème est posé depuis plus de 50 ans et personne n'a jamais voulu repondre clairement.
Tant que cette question ne sera pas resolue, il n'y aura pas d'Europe, quelles que soient les incantations, les voeux pieux, les professions de foi, etc.
Il y a certes une zone euro, un espace europeen (par ailleurs mal défini) mais toujours une mosaïque de nations dont le premier signe distinctif est la langue.
Je vous garantis que vouloir imposer aujourd'hui une langue commune et necessairement étrangère aux 24 (bientot 34) pays dont les habitants ne la parle pas fera voler en éclat instantanément tout ce bel édifice qui n'est que virtuel.
Par ailleurs, continuer comme cela en traduisant tout en 25 (bientot 35) langues différentes ne peut qu'amener le blocage.
Faites donc un simple test avec les Flamands,(ou tout autres) vous verrez vite de quoi je veux parler.
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Posté par jerom , le 17/04/2005
"il vaut mieux un oui constructif plutôt qu'un non illusoire, un oui lucide plutôt qu'un non immobile. Nous n'avons que trop tardé à en convaincre les Français." dites vous.
Mais ou avez vous entendu parler d'un non immobile? Avez vous entendu des partisans du Non , vous dire on en reste là?
On vous dit que l'on ne veut pas ce texte, qui par sa forme deja n'est pas une consitution, on veut en voir un autre.
"le président de la République a démontré avec éclat que l'Europe n'était pas un carcan bureaucratique mais qu'elle pouvait être le vecteur de la volonté politique des chefs d'État et de gouvernement."
CQFD: la volonté des citoyens , on a tout a fait vu d'ailleurs sa place avec la turquie !!!
C'est bien comme cela qu'il faut aussi voir l'europe. L'ecran de fumée d'une democratie citoyenne pour un pouvoir des chefs d'etats avec l'avis a l'amendement pres deu parlement européen.
quant a la farce des parlements naitionaux qui devraient reacgir en 6 semaines en MOTIVANT leur refus, faites moi rire. Il faut relire chere Mirabelle: la commission peut toujours accepter, modifier ou rejeter. Il lui suffit de motiver a nouveau (en prenant, elle , tout son temps).Reliser l'article 7 du protocole de subsidiarité. (qui d'allieurs ne fait pas partie des 448 articles et risque de ne pas faire partie du texte a recevoir)
"en cas de non.... exit la reconnaissance des services publics, la charte des droits fondamentaux, la sanctuarisation de l'exception culturelle".
Doit on vous rappeler que la charte exsite depuis 2000 et qu'avec les explications brillantes de Chirac on a surtout compris que c'etait l'auberge espagnol facon buffet campagnard (je prend ce qui me plait).
L'exception culturelle (decroché le dernier jour de la convention) veritable tarte a la creme , coincée entrre concurrence non faussée et diversité culturelle ou inéquité pour les autres secteurs (la concurrence c'est pour les autres travailleurs: d'ou les comites de soutien show biss certainement)?
La reconnaissance des services publics: vous prenez le texte a l'envers.
Les SIEG qui sont les services publics marchands entre dans la logique concurrentielle avec le maintien d'un servie universel a minima.
Encore heureux, on ne laisse de cote les services public non marchands (Administration, defense, education, police)....
Vous oubliez la logique d'ecriture de ce texte. On ne vous parle pas de citoyen, on vous parle du consommateur.
"Le non ne provoquerait ni chaos créateur ni révolution politique, juste un réveil pénible. Car on s'apercevrait après le tumulte des premiers jours que les choses resteraient finalement dans l'état où on les avait laissées. Le libre-échange demeurerait une réalité, le grand marché aussi. La Commission ne cesserait pas d'exister."
Merci de reconniatre que cene serait pas le Chaos.
Cela change de Sarkosy qui vient de nous sortir le seisme en guise d'epouvantail. Cela s'améliore apres la bombe atomique de DSK.
Quant aux lendemains d'un Non francais. il restera a voir les autres resultats .
Et il est evident que tout le monde aura a se remettre sur un projet a modifier :les particans du Oui et lespartisans du Non qui veulent une cosntruction européenne mais pas celles des trompe l'oeil.
Quant a la commission , celle de Barrosso de toute facon est la , avec ses memes modalités de focntionnement jusqu'en juin 2009.
Donc de toutes facon la directive Bolkestein passera ou ne passera ps , avec les regles ACTUELLES. Inutile d'attirer les partisans du NON avec les regles du traité constitutionnel pour faire barrage a cette directive. Elle aura largement eu le temps d'etre traitée avant juin 2009.
Posté par Aldébaran , le 17/04/2005
Vos arguments sont absurdes.Les Français ne veulent pas de l'Europe à n'importe quel prix, et pourtant ils ne sont pas nationalistes...
Pourquoi dirions-nous OUI à une Europe bien moins sociale que la France ? Cette Constitution n'est pas une fatalité, nous pouvons en refaire une autre : et si vous rétorquez que nos voisins ne le voudront pas, et bien tant pis pour eux...
Je dois vous rappeler que les compromis ne sont jamais de bonnes solutions à long terme, et que la France et ses citoyens en ont marre de ces compromis : lorque l'on a guillotiné Louis XVI le 21 janvier 1793, il n'y a pas eu de compromis...
La France dira NON, elle ne se soumettra pas, et cela vous n'y pouvez strictement rien : votre règne s'achève...il faut l'accepter.
Au fait, arrêtez de critiquer les traités antérieurs, c'est vous et vos amis qui les ont acceptés...
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Posté par Lehcimdraner , le 17/04/2005
Le paradoxe est dans le fait que, il y a deux mois, tous les observateurs autorisés donnaient le "oui" à 60%.Aujourd'hui, après lecture du texte et débats sérieux, y compris sur ce site, le oui est à 44%. Pourquoi ?
Quant à la démonstration éclatante du président, soit vous n'avez pas vu l'émission, soit les observateurs sont des charlots, car elle a été jugée par l'ensemble des médias, peu soupçonnables d'être partisans du "non", peu convaincante !
Ayez confiance : les français ne vous attendent pas et, apparemment, n'ont plus besoin de personne pour décider de ce qu'ils ont à faire !
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Posté par phil , le 17/04/2005
C'est un copier coller d'un article de (je crois) debré en tous cas je l'ai déja lu.Mais il y a des contre vérités dedans.
Le traier ne respecte pas notre conception des services publics car ils deviennent soumis a la concurrence grace au traité, donc privés.
Il ne sanctuarise pas l'exception culturelle, loin de la, ou alors il va falloir me le démontrer.
La charte des droits fondamentaux n'apporte pas grands chose aux acquis sociaux et ne crée aucune compétence supplémentaire pour l'union, donc elle ne sert pas a grand chose.
Et si nous critiquons son caractère ultralibéral c'est bien parce que les délocalisations en sont grandement facilitées, et meme chirac etait en difficulté a la télé sur ce sujet.
Elle ne donne pas la primauté aux instances élues, puisque la commission non élue a plus de pouvoir que le parlement élu...
Elle peut etre vecteur de la volonté politique des états mais my god avec quelleslimitations economiques!!
Bref comprenez notre mefiance...
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Posté par NON , le 17/04/2005
Pour convaincre ayez des arguments convaincants."le oui mettrait fin à la bureaucratie" mais ou voyez vous cela?
"la constitution est une règle du jeu" sans dire que le TCE fige aussi le jeu.
"les partisans du non sont des irréalistes"
en 1788 ceux qui pensaient que la monarchie pouvait être dépassée étaient des irréalistes
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Posté par dupieux , le 17/04/2005
une chose me gène énormément dans cette constitution: en 2014, il n'y aura que 17 commissaires pour 25 pays???Comment seront definis les 8 pays non représentés?? Nous risquons donc de ne plus etre représenté dans les instances décisionnelles?Bel avenir risqué en perspective. Nos représentants ayant signé ce projet peuvent-ils encore dormir?Posté par Wart Dark , le 17/04/2005
Bon Mirabelle arretait de dire des conneries.Je vais juste réagir sur quelques points de votre foutaise géante, ceux sur lesquelles personne ne réagira :
"sanctuariser l'exception culturelle défendue par la France"
A quel article avait vous vu cela ? D'ailleurs avait vous lu le TCE ?
Et apprenez que l'exception culturelle française est une foutaise parole d'écrivain. Tout les peuples ont une histoire, une littérature, des mouvements artistiques qui leur sont propres. Bref cessez de favoriser l'éthnocentrisme notre culture comme toutes les autres ne s'est pas développé en autarcie mais par des échanges. Je pourrais écrire des centaines de pages pour le prouver mais cela est hors propos par rapport au débat européen.
"limiter l'intervention de l'Union européenne au strict nécessaire"
Vous avez décidemment rien compris au TCE : il renforce les pouvoirs de l'Union et c'est tant mieux à moins que vous ne soyez souverainiste (dans ce cas votez quand même oui car le TCE prévoit la sortie de l'Union)
"la Constitution le texte le moins libéral"
Au delà du beau paradoxe (une constitution se doit d'être neutre) vous avez faux. Ce texte est aussi libéral que les autres et c'est tant mieux. Qui veut le marxisme dans cette assemblée ?
" le réexamen complet de la directive Bolkestein prouvent que la construction européenne est un combat politique dans lequel les représentants élus des peuples gardent la première place"
Bah il prouve surtout que Chirac a eu les pétoches donc il a demandé à ses copains de virer la directive pour laisser une chance au oui, si le non n'avait pas autant progressé à cause de l'amalgame Bolkestein il n'aurait jamais parler de ce projet aux français, qui rappelons les sont totalement désinformés sur les législations européennes (la preuve vous). Pas étonnant après qu'ils votent non...
"onder l'Europe sur des valeurs communes avec celles de notre République. "
Juste comme ça pour l'info l'Europe c'est un continent pas un pays. Donc la grande étendue délimité par des frontières imaginaires on peut fonder ce qu'on veut dessus : des démocraties indirectes (pays membres de l'UE, Suisse, Turquie, Ukraine), des pseudo-démocraties (Biélorussie, Serbie), des dictatures populaires (URSS, IIIème Reich) des monarchies (Monaco), des théocraties (le Vatican, la France sous Louis XIV), et même des démocraties directes ! (Athènes au VIème siécle avant JC)
Bon voilà pour aujourd'hui
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