A défaut de comprendre toute seule...
Posté par clauzier , le 23/04/2005
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Le texte étant tellement compliqué que je ne peux que me référer, pour choisir de voter, à ce que disent les syndicats européens, les partis socialistes européens, sans compter des hommes de toute confiance à mes yeux, pour ne citer que Jacques Delors. Je vote oui en regardant l'Europe dans son ensemble et non simplement la France. Le vote "non" est bizarre, il réduit l'Europe à un simple marché, ce que ceux qui vont voter ainsi justement dénoncent.
Les réactions de cet argument
Posté par F. Marot , le 23/04/2005
C'est très beau Clauzier la confiance.C'est encore plus beau quand elle est donnée à quelqu'un qui a une belle tête d'honnête homme : Jacques Delors.
Mais n'avez-vous pas au fond de vous une début de léger soupçon de scepticisme ?
C'est bien le même Delors qu'en 92 ?
C'est bien le même qui nous a "vendu" le traité de Maastricht ?
C'est bien le même qui nous l'a vendu contre une promesse de 5 millions d'emplois ?
C'est bien le même qui nous l'a vendu contre une promesse d'avenir radieux en niveau de vie ?
Vous lui faites toujours toute confiance ?
C'est très beau vraiment !
Posté par Nova , le 24/04/2005
Vous avez mal lu le post de Clauzier. C'est un post réfléchi!Avez-vous remarqué qu'elle a écrit :
Que le vote Non favorise de ce que les pro - non dénoncent.
Si vous appelez cela de la confiance!
J'ai déjà lu nombre de posts de Clauzier et croyez moi, elle sait ce qu'elle dit et ne se hasarde pas à laisser les autres penser à sa place ! Ce dont je la félicite.
Posté par cliquet , le 24/04/2005
Vous dites"Le texte étant tellement compliqué que je ne peux que me référer, pour choisir de voter, à ce que disent les syndicats européens"
Voici un element de reponse:
Entretien avec un dirigeant d’un des principaux syndicats allemands
"Je considère qu’un "non" français serait fantastique"
14 avril 2005
Horst Schmitthenner, est le dirigeant du syndicat d’IG Metall, un des plus grands syndicats allemands. Il participera ce soir au Zénith à Paris - avec de nombreux responsables politiques, syndicaux et associatifs, dont Élie Hoarau, secrétaire général du PCR - à un grand meeting en faveur du “non” au référendum du 29 mai. Dans un entretien avec “l’Humanité” paru mardi dernier, il évoque le coup de fouet qu’un rejet du projet de Traité constitutionnel européen pourrait donner à la coopération syndicale.
(page 5)
o Les dirigeants allemands ont rejeté la procédure référendaire pour l’adoption du texte du Traité constitutionnel européen. Le déplorez-vous ?
- Horst Schmitthenner : Je le regrette beaucoup parce qu’il existe dans cette Constitution des choses totalement inacceptables. Je pense notamment à ces dispositions qui conduisent à une militarisation de l’Union européenne. Et surtout à "la concurrence libre et non faussée" qui y est inscrite, c’est-à-dire l’économie de marché sans entrave, la totale liberté de manœuvre pour le capital. Ainsi la lutte que nous avons conduite chez Opel - contre les charrettes de licenciements - NDLR - ou la résistance que nous organisons contre la mise en cause des acquis sociaux deviendraient bien plus difficiles encore si le texte était adopté. La ratification par la voie parlementaire empêche un vrai débat public où les gens puissent prendre conscience de l’importance de ce qui est en jeu. Les démontages sociaux, la concurrence exacerbée entre les lieux de production avec ce chantage aux délocalisations pour obtenir des baisses de rémunérations ou l’allongement du temps de travail, ce sont des choses que subit la population depuis plusieurs années. Cela génère beaucoup de souffrances. Mais, le débat n’ayant pas lieu, les gens souvent ne font pas le lien avec la construction européenne néo-libérale ou le texte de la Constitution et les dangers qu’elle induit d’une accélération de ces phénomènes. Même si les choses sont en train d’évoluer et qu’un mouvement critique commence à s’affirmer dans les syndicats.
o Quel est l’écho des débats du référendum français outre-Rhin ?
- Horst Schmitthenner : Il parvient de plus en plus nettement jusqu’ici, en particulier depuis l’irruption des sondages - favorables au “non”. Cela joue un rôle indiscutable dans l’émergence de discussions plus critiques au sein des syndicats. Jusqu’alors, aux yeux de nombreux cadres syndicaux, le chapitre 2 du texte sur les droits fondamentaux permettait, à lui seul, de justifier une approbation. Car il n’apparaissait pas clairement que ces droits sociaux n’ont pas de caractère véritablement contraignant de telle sorte qu’il n’est pas du tout garanti que les salariés européens puissent disposer, comme indiqué, d’un droit de grève sans restriction ou de l’autonomie tarifaire, etc. Cette méconnaissance a reculé à la faveur des discussions dans votre pays. C’est pourquoi je considère qu’un “non” français serait fantastique. Car il contribuerait à accélérer encore ces prises de conscience. Et il permettrait du coup à tous les Européens, et à nous en particulier en Allemagne, d’exiger avec vous la renégociation d’un tout autre texte.
o Et où se situeraient alors les syndicats allemands ?
- Horst Schmitthenner : Je suis persuadé que si un “non” devait finalement l’emporter en France, cela ne signifierait pas l’irruption du chaos en Europe et l’impossibilité pour les syndicats de s’entendre sur un socle de revendications communes. Tout au contraire, cela provoquerait une inflexion des rapports de forces en faveur des salariés et plus généralement de la majorité des populations. Les débats sur l’Europe sociale pourraient être formidablement relancés par un rejet du texte, et je pense qu’alors des coopérations bien plus fructueuses seraient possibles entre syndicats européens. Ils pourraient ainsi mener une nouvelle réflexion sur une Constitution qui place bien l’Homme au centre des préoccupations et non le capital.
o Tout un débat a eu lieu en France autour de la directive Bolkestein et du dumping social. En introduisant un système de jobs à 1 euro de l’heure, le pays le plus développé d’Europe ne participe-t-il pas lui-même à ce dumping social ?
- Horst Schmitthenner : Bien évidemment, vous avez raison, c’est une participation à ce dumping social. Cette décision qui consiste à construire un secteur à bas salaire et d’introduire un système de jobs à 1 euro (1) de l’heure n’est pas seulement redoutable pour les chômeurs, contraints d’accepter ces conditions, il l’est pour l’ensemble des salariés. Car ces bas salaires ou ces jobs à 1 euro sont attribués de plus en plus souvent pour des tâches qui correspondent à des emplois réguliers. Et l’ensemble du système salarial est ainsi tiré vers le bas. La Constitution est rédigée de telle manière qu’elle "normalise" en quelque sorte cette course au moins-disant salarial.
o Votre gouvernement joue aussi la carte du dumping fiscal puisqu’il vient de décider de ramener l’impôt sur les sociétés à 19 %, un niveau record parmi les pays les plus développés. Quelles en sont les conséquences prévisibles et selon vous, cette démarche se situe-t-elle aussi dans la logique du texte constitutionnel européen ?
- Horst Schmitthenner : Il est tout à fait clair effectivement que l’État s’appauvrit en renonçant à ces rentrées fiscales. Et ensuite, il argue que ses caisses sont vides pour ne plus donner de subvention afin d’équilibrer les déficits de l’assurance-chômage, ce qui le conduit à programmer de nouvelles réductions des prestations. De la même façon, le soutien aux caisses d’assurances-vieillesse n’est plus possible, etc., etc. Il est clair, et cette fois pour l’ensemble du mouvement syndical allemand, que ces baisses d’impôts ouvrent la porte à de nouveaux démontages sociaux. Avec la Constitution, cette concurrence fiscale acquerrait une légitimité européenne et la porte serait définitivement ouverte à un nivellement des taux d’imposition du capital vers le bas. Si on voulait réellement d’une Europe sociale, il faudrait que la Constitution puisse au contraire décréter l’interdiction de ce dumping fiscal en érigeant, par exemple, un seuil minimum d’imposition valable pour tous les pays.
Entretien réalisé par Bruno Odent
(1) "Le système des jobs à 1 euro", introduit en même temps que la récente réforme du marché du travail, oblige tout chômeur de longue durée à accepter un "emploi" dit d’utilité publique s’il veut continuer à toucher l’aide sociale (environ 350 euros). Moyennant quoi, s’y ajoute la rémunération d’1 euro à l’heure.
Horst Schmitthenner.
Pour votre information, IG Metall est l'un des principaux syndicats allemands avec plus de 8 millions de cotisants
Posté par clauzier , le 24/04/2005
Dont acte. merci de ce long exposé intéressant. Mais il est quand même cocasse de voir l'extrême gauche française siéger dans un meeting à côté d'un syndicat allemand après qu'elle ait dénoncé pendant des années sa position réformiste et collaborationniste avec le pouvoir. Tout arrive !!Quant à des luttes syndicales communes, je les espère depuis des années et reste sceptique pour l'avenir, "non" ou pas "non". Si seulement ça pouvait avoir pour résultat d'au moins doubler le nombre maigrelet de nos syndiqués !
Question : c'est quoi la "militarisation" de l'Union européenne ?
Précisions : les dirigeants allemands n'ont pas choisi : le référendum n'est pas prévu dans la Constitution, tout simplement. après la Seconde guerre mondiale, elle fut jugée comme contraire à la démocratie, assimilée à plébiscite.
le job à 1 euro est un projet allemand qui n'a rien à voir avec l'Europe, pour la réinsertion des chomeurs de longue durée
pour suivre l'actualité allemande régulièrement, je n'ai pas remarqué de pressions ni de manufestations syndicales particulières pour infléchir le vote du Parlement dans le sens du non.
Posté par serge , le 24/04/2005
Jacques DELORS un homme de confiance ???Souvenez vous que c'est sous sa présidence que la commission n'a pas pris les mesures nécessaires, en interdisant toutes information sur le sujet, pour limiter le développement de la maladie de la vache folle afin de ne pas mettre en cause le marché.
Que c'est à la même époque que se sont signés les accords de Blaire House qui ont imposé la limitation des production de protéines végétales en europe afin de favoriser les importations de soja américain. C'est ainsi que nos paysans ont reçu des subventions pour geler leurs terres alors que les importations de protéines végétales représentent 70% des besoins européens. je ne peux considérer ces décisions que comme des trahisons des intérêts européens.
Posté par Johan , le 27/04/2005
S'il remue la queue verticalement, c'est Oui, Horizontalement c'est NONVous n'avez pas de chance, il opte pour cette dernière formule alors ce sera NON
Posté par niccolas , le 08/05/2005
Moi je comprends tout à fait Clauzier, et Nova.Si on n'arrive pas à se faire une opinion, on regarde les autres.
Ecartez ceux qui cherchent uniquement à servir leur carrière (Chirac, Fabius, Rafarin). Ecartez même Giscard qui peut vouloir laisser sa trace dans l'histoire.
Que reste-t-il ? Delors, Veil, Notat, Voynet, Maire, des noms de toute l'Europe comme Lech Waleza, les leaders de tous les partis socialistes, de tous les syndicats d'Europe... qui disent tous oui.
Qui nous rappellent que tout ce que le NON dénonce, quand il existe effectivement, il sera tempéré par ce traité : le manque de démocratie, la primauté de l'économie...
Ca fait quand même un peu réfléchir, non ?
Le bon sens, il est de ce côté et de celui de Clauzier.
Et comme j'ai eu le temps d'essayer de me faire mon idée, après avoir douté et changé cent fois d'avis, je suis finalement de ce coté là aussi, non par passion mais au moins par raison.
Vous verrez pourquoi à cette adresse :
http://site.voila.fr/notreavenir/index.html



