Retour sur de fausses interprétations du Traité constitutionnel : le droit à l’IVG - Interview d'Annick Lepetit
Posté par ouinneur , le 12/05/2005
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Q : certains « tenants du non » dénoncent le Traité Constitutionnel à propos du droit à l’avortement, celui ci est il déjà en tant que tel mentionné dans le texte ?
R : Non pas du tout, le traité ne mentionne pas non plus d’ailleurs l’interdiction à l’avortement.
Q : Alors d’où vient cette crainte ?
R : Si c’est une crainte, je peux comprendre, si c’est une caricature plus délibérée, attention à la démagogie, on ne sert pas ainsi la cause des femmes !
Je pense qu’il s’agit d’un terrible malentendu concernant l’interprétation de l’article II-62 ; celui-ci mentionne en effet 2 points :
1°) Toute personne a droit à la vie.
2°) Nul ne peut-être condamné à la position à la peine de mort, ni exécuté.
Cette disposition est en fait une reprise de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme (que personne à gauche ne conteste je crois) et n’a jamais entraîné la restriction du droit à l’avortement, ce n’est pas le sujet !
C’est pour une toute autre raison qu’il a été écrit : c’est pour que jamais plus l’Europe ne connaisse en son sein l’extermination d’un peuple, pour que chaque être humain ait droit de vivre. Grâce à cette disposition en aucun cas les tribunaux nationaux ne pourront prononcer une condamnation à mort et tout nouveau pays entrant devra s’y conformer, voilà un beau sujet de satisfaction ! pourquoi dissimuler ce progrès et ne pas avoir choisi de mettre en avant cette grande avancée humaniste qu’est l’interdiction de la peine de mort !
Q : Mais cette expression « le droit à la vie » peut elle signifier l’interdiction de l’IVG n’est elle pas ambiguë ?
R : Non, et je m’étonne que de fins connaisseurs du droit et du combat parlementaire puissent avoir cette interprétation.
Le « droit à la vie » concerne des personnes, en France, l’embryon n’est pas une personne.
Nous nous sommes tellement battu depuis 30 ans sur cette question fondamentale notamment contre les commandos anti-IVG, encore dernièrement contre un député UMP, que j’ai du mal à comprendre que des hommes et des femmes de gauche, féministes, puissent être dans la confusion d’autant plus que l’Europe n’a pas compétence pour légiférer dans ce domaine .
Comment penser que les femmes militantes des associations qui ont été concernées par les travaux de la convention auxquels ont participé des élues de gauche puissent ensemble ainsi soutenir un texte qui pourrait être contraire aux principes défendus sur tous les terrains ! Nous avons été suffisamment vigilant(e)s pour écarter sans ambiguïté cette interprétation.



