Ouvrons les yeux !

Posté par lecomte91 , le 22/03/2005
Il faut souligner que ce projet ne se limite pas à l'objet habituel d'une constitution, c'est à dire un texte rappelant des valeurs communes, organisant les pouvoirs publics et permettant, au nom de la simple démocratie, des alternances avec des politiques économiques et sociales différentes voulues par les citoyens à un moment donné. En effet, outre la définition des droits et de l’organisation des institutions destinées à en garantir la mise en œuvre, le traité entend définir précisément, et pour toujours, la politique économique et sociale. Il grave dans le marbre un modèle économique ultra libéral.
Sa 3ème partie, composée de 321 articles (art III-115 à III-436) et intitulée "les politiques de l'Union", impose un cadre très strict dans lequel devra s'insérer toute politique nationale, notamment dans le domaine économique et social.
Ce n'est pas un hasard si le mot "concurrence" est cité 72 fois, le mot "marché" est cité 78 fois. Le terme "progrès social" n'apparaît que 3 fois. Quant à l'allusion à une "économie sociale" (art I-3-3), il est bien précisé qu'elle devra être "hautement compétitive".
Le dogme du projet de constitution est "la concurrence libre et non faussée" et un "marché intérieur sans contrainte", répété tout au long du texte, ainsi aux articles I-3, III-130, III-177, III-178.
L'article III-167 interdit le soutien de l'Etat à un secteur économique ou à une production.
L'article III-177 inscrit toute action économique "dans le respect des principes directeurs suivants : prix stables, finances publiques et conditions monétaires saines et balances des paiements stables". Ainsi apparaissent bien les véritables priorités de l'Union européenne, l'emploi faisant par conséquent figure de variable d'ajustement.
L'Art III-188 réaffirme la totale indépendance de la Banque Centrale Européenne qui pratique avant tout une politique monétariste ("stabilité des prix"), au détriment de nos entreprises et de l'emploi.

Ainsi est établi un cadre institutionnel qui limite les effets de toute alternance politique et ferme la porte par avance aux revendications légitimes des travailleurs.

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