l'Europe, navire sans destination
Posté par tounette 35 , le 21/03/2005
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Je propose d'esposer mon point de vue en utilisant l'apologue (qui a beaucoup servi déjà, depuis Platon)d'un navire et de son équipage :
L'Europe politique est un navire sans pilote autorisé identifiable, sans gouvernail, et surtout dont on ne sait pas vers où il est censé faire route.
Le projet de Constitution n'indique pas son but (ce n'est sans doute pas son rôle). Il se contente :
1). de dire que tout le monde doit être gentil avec tout le monde (ce sont les "valeurs communes").
2). d'indiquer un partage compliqué de la responsabilité du navire entre les délégués de l'équipage, le syndicat des armateurs (tous avec droit de veto), et le chien du cuisiner du bord (qui est l'essentiel, puisqu'il garde la cuisine, aboie et mord).
3). et de rappeler les procédures en usage pour la répartition des rations et du pinard à l'équipage (c'est le fameux titre III). Evidemment, ces procédures font gueuler.
Mais, à la fin, tout cela pour aller où ? Quel est le cap à suivre, c'est-à-dire le but (politique) de l'entreprise ? Il est indiscernable. Les rares propos sur ce point sont particulièrement vaseux.
Encore heureux qu'il ait fait beau jusqu'à présent. Nous flottons encore.
Avant que les éléments extérieurs ne mettent à l'épreuve l'embarcation où on nous a enfermés, mieux vaut travailler à la faire s'échouer calmement (elle ne demande d'ailleurs que cela, et dérive) , et à la quitter.
Si voter NON au projet de constitution peut y aider, votons NON.
Si certains, en cas de succès du NON, veulent mettre en chantier un autre projet, ce sera vraiment de l'acharnement thérapeutique.



