L’Europe n’a jamais été libérale : toutes ses politiques sont interventionnistes !
Posté par ouinneur , le 12/05/2005
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Un simple examen des politiques conduites par l’"Europe économique" montre que non seulement elle n’a rien imposé au niveau des États (ces compétences sont au demeurant fort limitées) mais qu’en plus sa propre politique est tout sauf libérale !
La Politique Agricole Commune : Premier budget de l’union avec 49,68 milliards d’Euros (environ 42,62 % des dépenses) en 2005, premier bénéficiaire, la France. Elle se situe aux antipodes du libéralisme. Jugez vous-même : 1 - Elle garanti l’indépendance alimentaire de l’Europe par le maintien et le développement de l’agriculture européenne ; Impossible, sans cette indépendance alimentaire, de maintenir, par exemple, le principe de précaution (n’en déplaise à José Bové) ; 2- Elle garantit les revenus des agriculteurs par des mécanismes d’intervention sur les marchés agricoles pour maintenir les prix à un n niveau beaucoup plus élevé que ceux du marché mondial (le fameux FEOGA - Fonds Européen de Garantie Agricole - et les organisations de marchés) 3- Elle préserve l’activité agricole dans des zones difficiles (par exemple agriculture de montagne et valorisation sur place de la production), soutien la restructuration des cultures dans les zones en difficultés et favorise une agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement, du paysage et de la biodiversité ; 4 - Elle défend farouchement les intérêts agricoles de l’Union Européenne à l’OMC et a su résister aux coups de butoir de l’ultra libéralisme américain et des pays du groupe de Cairn.
Les fonds structurels Second poste du budget de l’union avec 42,42 Milliards d’euros (soit 36,40% des dépenses). Jugez vous-même : Des aides conséquentes, y compris pour les activités Économiques, pour soutenir la reconversion des régions, des quartiers ou des campagnes en crise . Sans ces fonds structurels, la réhabilitation du quartier Bastille à Fontaine serait impossible. Ils rendent possible le développement des infrastructures afin que tous aient un accès Égal aux services publics (eau, télécommunication, routes, Electricité, transports par, entre autres, le truchement de la Banque Européenne d’Investissement).
Notez que ces 2 politiques, loin d’être libérales, représentent à elles seules 79,02% des dépenses de l ’Union Européenne en 2005. L’UE consacrera près 80% de son budget à des politiques interventionnistes ! Tout le contraire du laisser faire cher au libéralisme...
Même chose sur le plan de l’harmonisation des normes européennes : Les directives sur les déchets, la protection des espèces, la protection des consommateurs, la sécurité alimentaire, la diversification des sources d’Énergie : rien que des entraves au marché. Le principe de précaution est illégal, nous disent les USA à l’OMC. Et pourtant, l’Europe continue de l’appliquer sans aucune entrave ni aucune restriction à l’intérieur de ces frontières.
Nous n’abordons même pas le sujet de l’exception culturelle si chère à la France que nous n’aurions jamais pu maintenir seuls, et qui, à l’exemple d’Eurimage pour le cinéma, complète parfaitement nos dispositifs nationaux...
Pour mémoire, en 2005, l’Union européenne prévoit de consacrer :
49,68 milliards d’euros aux dépenses agricoles (soit 42,62% des dépenses)
42,42 milliards d’euros aux actions structurelles (soit 36,40% des dépenses)
9,05 milliards d’euros aux politiques internes (soit 7,77% des dépenses)
5,22 milliards d’euros à l’action extérieure (soit 4,48% des dépenses)
6,35 milliards d’euros aux dépenses administratives des institutions (soit 5,45% des dépenses) - 0,45 milliard d’euros aux réserves : garanties, aides d’urgence... (soit 0,38% des dépenses)
2,08 milliards d’euros à la stratégie de pré adhésion (soit 1,79% des dépenses)
1,3 milliard d’euros de compensations pour les nouveaux Etats membres (soit 1,12% des dépenses)
On pourrait multiplier les exemples,. Tous montreraient que si l’Europe n’a pas - n’en déplaise aux communistes et à l’extrême gauche - aboli le marche, son objectif a toujours été, depuis 50 ans d’en corriger les excès et de l’organiser au sein de l’espace européen pour mieux lutter contre les menaces extérieures. Quand le libéralisme triomphe en France c’est parce qu’on élit des libéraux - c’est aussi simple que cela.
Par ailleurs, la concurrence libre et non faussée, comprise comme la liberté de consommer et d’investir où, quand et dans ce que l’on veut selon les règles fixées par les politiques, n’est pas forcément une mauvaise chose. En France, nous avons, O sacrilège, une médecine libérale conventionnée (Vade Retro, Médecin libéraliste !). Et lorsque la droite touche à ce système qui a fait ses preuves (alors que d’autres systèmes de santé en Europe où les médecins étaient en quelque sorte fonctionnarisés ont échoué - c’est le cas en Angleterre), les français sont légitimement inquiets.
Si l’Europe "économique" des traités successifs (de Rome jusqu’à Nice) ne fut jamais d’essence libérale, pourquoi donc l’Europe politique, elle le serait ? Cela signifierait qu’il existerait une incohérence juridique entre les titres I et II et le fameux titre III qui reprends la somme des traités européens... Nous aurions donc une Europe politique libérale, voudrait-on nous faire croire, qui serait dans l’obligation constitutionnelle de mettre en oeuvre des politiques interventionnistes ?



