IL SERAIT TEMPS DE SIFFLER LA FIN DE LA RÉCRÉATION !

Posté par Alexguil , le 19/04/2005
Par Jean-Christophe Cambanélis.

A PROPOS DES SONDAGES

1) Il y a 50 % des Français qui disent vouloir allez voter – et donc, pour l’instant, 50% qui disent ne pas vouloir aller voter ;

2) Sur les 50 % qui disent vouloir aller voter, il y en a 73 % qui disent savoir quoi et

27 % qui ne savent pas. Au total, il y a donc 36,5 % des Français (73 % de 50 %) qui savent ce qu’ils vont voter et 63,5 % qui ne savent pas.

3) Sur ces 36,5 %, le « oui » fait 48 % (ou 17,5 %) et le « non » 52 % (soit 19 % du total)

4) Sur les 48 % du « oui » (ou 17,5 %), 81 % sont certains de leur choix et 19 % peuvent encore changer d’avis. Il y a donc 14,2 % de Français (81 % de 17,5 %) qui sont sûrs de voter « oui».

5) Sur les 52 % de « non » (ou 19 % au total), 68 % sont certains de leur choix et 32 peuvent encore changer d’avis. Il y a donc 12,9 % de Français (68 % de 19 %) qui sont sûrs de voter « non ».

Conclusion :

1) Si la baisse du « oui » est incontestable, elle n’est pas inéluctable.

2) L’écart est infime – et le rapport de force entre le « oui » et le « non » (si l’on s’en

tient à ceux dont le choix est ferme) serait même légèrement favorable au « oui »

3) Le « non » n’est pas cristallisé, par contre ses arguments se sont enkystés

4) Il y a un immense réservoir de Français (73%) à convaincre : soit qu’ils n’aient pas

décidé d’aller voter, soit qu’ils ne savent pas encore quoi, soit qu’ils ne soient pas sûrs de leur choix.

A PROPOS DU « OUI » ET DU « NON »

Il y a un « non » de droite voire d’extrême droite et un « non » de gauche voire d’extrême gauche. Il y a un « oui » de droite et un « oui » de gauche. Si les motivations sont partisanes, le bulletin n’a pas de couleur. La différence entre les deux camps ne se fera pas sur les anathèmes mais sur les thèmes. Par contre avec le «oui », on sait où on va. Avec le « non », on ne peut pas savoir ce qu’on aura. Le « oui » peut être jugé sur pièce. Le « non » est obligatoirement à l’emporte pièce.

A PROPOS DE LA DYNAMIQUE DU « NON »

Nul besoin de chercher dans l’autre camp, les raisons de repousser le « non ». Car la réalité du « non » n’est pas au PS. Laurent Fabius se dit européen, favorable au «non», mais ne fait pas officiellement campagne. Montebourg-Peillon-Hamon se prononcent pour un « non » hyper européen mais ne font pas campagne du tout. Alain Vidalies, porte-parole de Nouveau Monde fait de même. Quant à Henri Emmanuelli, il fait campagne avec ses comités et Jean-Luc Mélenchon le fait se son côté. Les troupes sont donc à l’extérieur du PS. Ce qui ne disqualifie personne mais donne une indication. Ils ont toujours voté « non » à l’Europe, ils partagent des thèses souverainistes-antilibérales ou des orientations internationalistes anti européennes : PCF, Jean-Pierre Chevènement, LCR, LO, et le mouvement Attac… Jean-Luc Mélenchon ou Henri Emmanuelli pensent donner le « la ». Mais c’est la gauche radicale qui impose le « sol ». Dès que le PS sera redevenu lisible, l’électorat socialiste sera placé devant une alternative simple, suivre les uns ou les autres.

A PROPOS DU PARTI SOCIALISTE

Il n’est pas anormal que ceux qui ont été battus au congrès de Dijon ou dans le référendum interne, jouent leur va-tout dans le référendum du pays. Le Parti socialiste s’est doté d’une orientation et d’une conviction. Ceux qui en étaient les adversaires, la contestent. Battus par deux fois, ils renversent l’échiquier. Bien !
Pouvait-il en être autrement. Notre ligne politique et idéologique se heurte à des résistances, mais sont-elles d’importance ? Au Bureau national, trois dirigeants font campagne pour le « non », un au nom d’autres associations, quatre sur 55 membres. Au Conseil national, trente camarades font campagne sur près de 400. Peu de parlementaires, pas de Président de Conseil régional, peu de conseillers régionaux, encore moins de conseillers généraux. Le Parti socialiste n’est ni désemparé, ni désarmé ; il ne s’est pas encore déployé.

A PROPOS D’UNE SCISSION DANS LE PARTI SOCIALISTE

Une implosion idéologique ? Oui, nous la voulions pour imposer le réformisme de gauche. Une explosion politique qui la voudrait ? Et qui aurait les moyens de l’imposer ?

Le PS n’est pas au bord de la scission. La contestation n’a pas les moyens de cette ambition. Et les dissensions du « non », quand les visite-on ? Pourquoi le PCF-LCR-LO-PS-Attac n’osent-ils faire des tréteaux communs ? Au PS, nous sommes un peu divisés « oui » mais nous, nous avons une grosse majorité et sans cette majorité, il n’y aura pas d’alternance à la droite. Chacun le sait, même si d’aucun font mine de ne pas le voir.

Mais croyez-nous au lendemain du scrutin, quel que soit le résultat, ils tendront la main.

A PROPOS DU TON DE LA CAMPAGNE

Evidemment à force de dire que le PS vote pour Chirac, à la fin cela fâche. Et on s’attire quelques retours rugueux. On ne convainc pas avec des arguments d’autorité, ni avec des anathèmes biaisés ; Le « oui » socialiste doit être déterminé, tranquille et sans arrière-pensée. Laissons les rodomontades d’un autre temps : « on règlera nos comptes après le 29 mai » aux minoritaires amères. Notre dynamique est dans la conviction. Le succès est dans la vérité. Présenter nos arguments avec détermination, pointer les mensonges avec discernement.

Voilà qui est amplement suffisant.

A PROPOS DE L’INTERVENTION DE JACQUES CHIRAC

Si Chirac ne parle pas, il a peur. S’il parle, il fait un plébiscite. Et s’il fait une émission, c’est un talk-show. Chirac est président de la République. Il doit s’exprimer, c’est le moins. Pour le reste, nous ne lui demandons rien, puisque nous n’en attendons rien ! La gauche n’a demandé ni à ce qu’il s’exprime, ni à dire comment. Depuis quand la gauche se fait « coach com » de Jacques Chirac ? Nous voudrions dire aux partisans de gauche, porteurs du « non » : Vous ne le saviez pas, mais Jacques Chirac ce n’est pas François Mitterrand ! Et puis au fait ! Qui devrait être ce brave Monsieur Seguin ? En voilà une ambition qui mérite un « nom » !

Envoi d'un argument à un ami

     

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