Hollande vs Chevènement

Posté par Alexguil , le 20/04/2005
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=290866

Hollande agite «l'épouvantail» Chevènement

Hier soir, à Belfort, le leader du PS a tenté de pointer les incohérences du souverainiste favorable au non.

atch retour. Hier soir, François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste, était à Belfort sur les terres de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC et partisan du non à la Constitution. Le match aller avait eu lieu la veille à Paris, sur la scène du Théâtre du Rond-Point à l'occasion d'un débat organisé par le Monde. Paris-Belfort, ou comment François Hollande, qui assure que «le PS n'est pas en crise», tente d'affaiblir le non de gauche en agitant «l'épouvantail» Chevènement, ex-adversaire de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002 et donc coresponsable de la défaite du 21 avril. Car, même si le patron du PS se défend de manier «l'anathème» contre les tenants du non, le souverainiste Chevènement, qui a quitté le PS en 1992 au moment de Maastricht, occupe une place de choix au panthéon socialiste des diviseurs de la gauche.

Ironie. Hier soir à Belfort, juste avant de rejoindre la salle des fêtes où l'attendaient 500 personnes, François Hollande ne s'est pas privé de rappeler que celui qui avait dit non à la monnaie unique l'accepte par «pragmatisme» quinze ans plus tard. «La logique voudrait que ceux qui ont dit non prônent aujourd'hui la sortie de l'euro. Mais personne ne le dit, car tout le monde sait qu'il a été un progrès.» Et le patron du PS d'ironiser : «Dans dix ans, quand un nouveau traité sera proposé, les partisans du non nous diront : "Bon, le traité constitutionnel, on le garde", mais ils diront encore non au prochain texte.» Angle d'attaque préféré de François Hollande : renvoyer Chevènement à son rôle de «comique troupier» que «l'exercice du pouvoir n'intéresse plus». Selon Pierre Moscovici, la question se pose de savoir si l'ex-député de Belfort, défenseur objectif du traité de Nice «parce qu'il veut que l'Europe soit faible», appartient «à la vieille gauche ou à la nouvelle droite».

«Ouiouistes». La veille, «frappé par la convergence entre l'UMP et le PS sur une Constitution préparée par Giscard», l'ex-ministre de Jospin s'en était pris «aux ouiouistes» socialistes. Au moment de l'adoption du traité d'Amsterdam en 1997, Hollande rappelle que Chevènement fut «le seul à gueuler au sein du gouvernement». «Pour la première fois, Jean-Pierre Chevènement était contre mais est quand même resté au gouvernement», a souri François Hollande en reprochant au leader du MRC de se référer davantage à Charles de Gaulle qu'à François Mitterrand.

A la vision de Chevènement d'une «France qui abdique», François Hollande oppose son «internationalisme» : «Les souverainistes peuvent dire ce qu'ils veulent des Estoniens ou des Polonais» pour les transformer en boucs émissaires des difficultés des Français, «pas moi», s'emporte le député de Corrèze. Et de renvoyer à la figure de Chevènement cette lapalissade : «L'Europe, elle n'est pas française, elle est européenne.»

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