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la Constitution fait une grande place aux thèses françaises
Posté par vincent , le 17/04/2005
Lors du référendum du 29 mai sur la Constitution européenne, les Français devront répondre à la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? », a rappelé Hubert Haenel, président de la Délégation du Sénat français pour l'Union européenne lors du débat de la Délégation, le 5 avril, sur la ratification de la Constitution en France. C'est à cette question, « et à elle seule qu'il faut répondre. Et il n'y aura qu'un seul tour », avertit le sénateur Haenel, en martelant: « Car c'est de l'Europe qu'il s'agit, et de la place de la France en Europe ». Et il relève un paradoxe: ce traité fait progresser l'Europe et « en même temps fait droit aux demandes françaises dans une proportion inespérée », et pourtant les sondages montrent « nos concitoyens sur la réserve (…) alors que dans leur immense majorité ils sont attachés à la construction européenne ». Pourquoi les Français ont-ils « du mal à se projeter dans les enjeux européens ? ». Selon M. Haenel, c'est parce que « nous n'avons pas su adapter notre vie politique à l'Europe ». « L'Europe, ce n'est pas seulement notre avenir, c'est déjà notre présent », dit-il, mais « jamais la portée de nos engagements européens n'a été vraiment expliquée », comme le prouve le fait que, « si l'on se met à l'écoute des électeurs, on voit que les passages de la Constitution qui les inquiètent sont souvent la reprise de dispositions en vigueur depuis bien longtemps ». Sur le fond, M. Haenel note que la Constitution fait « une grande place aux thèses françaises, bien plus, par exemple, que les traités d'Amsterdam ou de Nice ». Et de rappeler: nos gouvernement successifs « n'ont cessé de militer pour une Europe politique et sociale: avec la Constitution, nous en jetons enfin les bases » ; ils ont « plaidé pour une gouvernance économique propre à la zone euro, pour une meilleure garantie des services publics, pour la reconnaissance de la notion de cohésion territoriale, pour le maintien de l'exception culturelle: tout cela figure en bonne et due forme dans le traité constitutionnel ». M.Haenel, qui s'avoue « perplexe » face à la position de ceux qui se réclament d'un « non » qui serait « pro-européen », déclare: « Etre pour le « non » quand on est souverainiste est une attitude cohérente. (…) Être pour le « non » tout en se réclamant de la construction européenne me paraît être une fuite hors de la réalité ».
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