Oui au projet de traité de la constitution Européenne

Posté par deuche , le 15/04/2005

Sa prestation affligeante n'a fait que désservir la cause qu'il prétend défendre. En lisant les debat sur divers forum, je suis sur que de nombreux internautes auraient beaucoup mieux défendu le OUI que lui.

Par ailleurs, un des principaux role d'un CHEF c'est de motiver ses troupes, lui se contente d'être triste en les voyant inquiets. Ce chef d'état ne sait meme pas ce que ressente ses citoyens.

Il faut un électrochoc qui peux dissocier le mecontentement general de la vrai question posée dans ce référendum. Car je suis pour ma part persuadé que cette constitution est bonne pour l'Europe et donc pour la France.

Que Mr Chirac nous montre qu'il pense lui aussi que cette constitution est vraiment importante pour la France, plus importante que les 2 annees de mandat qu'il lui reste.

rassemblons nous pour crier CHIRAC DEMISSION
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Posté par Alex86 , le 15/04/2005

Tout d'abord, l'Europe ne sera jamais les Etats-Unis pour de nombreuses raisons assez évidentes (des valeurs différentes, une histoire différente, des mentalités différentes...). Cependant, arrêtons un peu de cracher sur les USA car meme si eux aussi ont leurs problemes et on sait qu'ils sont importants, à bien des égarts les Américains ont des idées intéressantes (comme chez tous les peuples ya du bon et du mauvais), j'en sais qq chose j'y ai vécu.

En ce qui concerne la constitution, un NON serait synonyme de perte de crédibilité pour la France. "Grace" à l'exception française, le processus européen serait stoppé et l'on garderait ces vieux traités qui ont le défaut de ne donner aucun pouvoir politique à l'Europe. A l'argument "l'Europe devra tenir compte du NON français en faisant une nouvelle constitution", je répond que l'Europe n'est pas française mais européenne. On est 25, tous les pays ont leur mot à dire. L'Europe ne sera peut etre pas aussi sociale que les Français le voudraient mais les concessions sont inévitables, sinon on dit simplement NON à l'Europe. Il est temps d'arrêter cette hypocrisie qui consiste à dire "On vote NON à la constitution mais OUI à l'Europe." Aucune constitution européenne ne pourra se faire sans concession. Pensez à l'Angleterre qui trouve cette constitution trop sociale! Comment peut-on faire une constitution qui satisfasse tout le monde? Celle-là, même si elle n'est pas 100% made in France réussit plutot bien à marrier tous les pays, réflechissez-y. Si une meilleur constitution qui en plus satisfait tout le monde existe, qu'on la propose (N.B. la constitution peut toujours être améliorée après ratification même si c'est à l'unanimité).

J'aimerais qu'on m'explique ce que serait la France sans l'euro aujourd'hui et ce que sera la France sans une Europe forte demain... Elle se fera écraser ou absorber ou mettre à la touche (plus probable) par les puissances du monde.
Ensuite, je rappelle juste que cette constitution n'est pas plus libérale que l'Europe actuelle, elle reprend les traités antérieurs en les améliorant, c'est-à-dire en faisant enfin de l'Europe non pas une simple zone d'échange économique, mais une véritable force politique (avec enfin un visage diplomatique) capable de rivaliser avec les USA et les grandes puissances émergentes et de promouvoir plus efficacement ses valeurs dans le monde.

Pour revenir sur le plan économique, qui semble si déterminant dans le vote des Français, je rappelle que si l'on veut garder des acquis sociaux, ils nous faut une économie forte, même si c'est au prix de quelques concessions. Perso, je préfère une économie forte où l'on peut conserver des acquis sociaux importants, meme au prix de la privatisation de certains secteurs (la santé n'est pas concernée!), plutot qu'une économie en perte de vitesse (c'est un euphémisme) où l'on aura de moins en moins d'argent pour maintenir les acquis sociaux. La mondialisation est là, qu'on soit pour ou contre, on ne peut plus faire sans, au risque de s'apauvrir, d'abord économiquement, puis socialement etc. C'est important d'être idéaliste, mais l'on ne nourrit pas les hommes qu'avec de belles pensées, il faut savoir être réaliste et pragmatique à un certain niveau, dans l'intêret de tous.

Si l'on vote NON, on peut toujours courrir avant une nouvelle constitution et l'on perdra, peut etre pas tout de suite je vous l'accorde mais à moyen et long terme (pensons à nos enfants), aussi bien au niveau économique que social. Voilà pourquoi, meme si la démarche n'est pas facile, je vous encourage à croire en l'avenir de cette Europe et à voter OUI.
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Posté par pce38 , le 16/04/2005

Quelle est la stratégie des gens qui vont voter non, si leur vote l'emporte? Comment vont-ils faire passer leurs idées au niveau Européen, et avec quels interlocuteurs ?? (car politiquement, le non, c'est les extrêmes de gauche à droite, donc quel sera le projet de cette nouvelle équipe?).
Vont-ils créer un nouveau courant politique ?? et quel programme vont-il proposer à la place de cette constitution??

Il me semble que ce sont de vrais questions ( et pas des invectives ou des critiques) auxquelles j'aimerais bien que des partisans du non me répondent. S'ils ne sont pas capable de créer un courant dynamique de construction avec un nouveau programme, cela veut dire que leur vôte est simplement le plaisir de dire non, et donc sans avenir. Par contre, s'ils ont un programme, j'aimerais le connaître, afin de me prononcer.

Merci de vos réponses (nombreuses j'éspère).

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Posté par Jacques Heurtault , le 16/04/2005

Sur l'invitation d'une militante socialiste (je ne suis, je le répète, membre d'aucun parti politique), j'ai participé, hier soir, 15 Avril, à une réunion débat sur le désormais fameux TCE.
De la bouche même de Julien Dray, j'ai appris ce qui s'était passé :
1. Calendrier.
Quand le Conseil est appelé à se prononcer sur ce projet de directive, nous sommes à DEUX mois de l'élection présidentielle.
2. Tactique de Jospin : Le Président est favorable à cette directive. Ne provoquons pas une nouvelle crise politique au sein de la cohabitation car NOUS ALLONS GAGNER LA PRESIDENTIELLE. Nous reviendrons sur ce projet ultérieurement...
3. Ainsi, c'est donc, une fois de plus, le calcul politicard qui a été la cause du charivari auquel nous avons assisté!
Décidement, ce Jospin, les électeurs d'extrème gauche ont eu bien raison de le virer en le plaçant TROISIEME. Evidemment, cela a eu comme conséquence qu'ils ont eu une politique de DROITE (alors qu'ils voulaient une politique plus à GAUCHE). Mais, ça, c'est leur problème, pas le mien!
Le plus gênant, par contre, c'est qu'ils en remettent une DEUXIEME couche avec le TCE. Ils s'apprêtent à le rejeter parce qu'ils veulent une "AUTRE EUROPE" (entendez : "plus à gauche").
Eh bien! BIS REPETITA : ils auront une EUROPE plus à DROITE!!!
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Posté par clauzier , le 16/04/2005

Vu que 1) ce traité est utilisé dans les commentaires pour dire tout et son contraire
2)je ne suis pas assez perspicace et péremptoire pour dire oui ou non (question ridicule devant un tel enjeu)
3)quand je dis à mes amis qui votent "non", qu'est-ce qu'on fait après, ils me répondent en gros, "qu'ils se démerdent" (c'est qui ils ? ce qui signifie qu'ils n'assument pas leur vote et ne vont pas donner suite, laissant ainsi un boulevard au modèle anglo-saxon
4) les arguments "non" sont franco-français, sans aucune référence aux 24 autres pays concernés, qu'aucun projet concret n'est avancé,: résultat devant ce vide sidéral, je vais me référer à certains fondamentaux de solidarité et voter oui, socialiste, tendance Jaurès-Blum-Mendès-Jospin-Delors-Zapatero.
Autre chose : beaucoup semblent craindre les effets de l'élargissement à l'Est (sentiment qui n'existe qu'en France et qui mérite d'être étudié !)
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Posté par Flavien , le 16/04/2005

Plutôt noniste jusque là, (ce n'est pas pour faire dans la continuité des récents posts de changement de cap, et beaucoup de participants du forum vous diront que je suis noniste) je dois dire que je suis plus que jamais septique sur ce texte.

Si j'en crois ce que Mr Chirac a dit jeudi soir, il semblerai que ce texte organisationnel et structurel soit conçu pour donner un élan humaniste et libéral à l'europe, afin de promouvoir les valeurs européennes dans le monde.

Je crois également qu'un non, ne ferait pas perdre tant de crédibilité à la France, mais qu'effectivement, il ne serait pas non plus un progrès dans quelque domaine que ce soit, et, même s'il paraît envisageable de retravailler le texte, cette idée ne semble absolument pas concevable dans le milieu politique.

Mr le président a dit également que la plupart des inquiétudes des français quant aux privatisations, statuts des acquis sociaux, laïcité, ... relevaient de la compétence nationale et donc que le TCE n'aurait pas d'impact sur la politique intérieur dans ces secteurs.

J'en conclu que ce texte a donc uniquement pour but de définir des politiques globales de démocratie, d'économie, de défense et de droit du citoyen européen.

Je dirai que, dans l'absolu, ces idées sont plutôt satisfaisantes. Mais plusieurs détails me dérangent :

1 - pourquoi inscrire dans une constitution une politique économique et une politique de défense qui sont, par leur statut et leurs fonctions, appellées à évoluer avec le temps ? D'autant plus qu'elles seront très diffciles à modifier (unanimité).

2 - Mr Chirac a également précisé que la PAC était un privilège français remis en question par la plupart des pays europpéens. Avec le jeu de chaises tournantes prévu, que se passera-t-il le jour où il n'y aura pas de représentant français ? est-il si idiot de penser que la PAC va être remise en cause à ce moment là ? N'est-ce pas instaurer un système de chantage et d'alliances cachées ?

3 - Une politique économique globale, au sens où je l'entends, ne devrait pas entrer dans les détails et simplement fixer les règles d'accords entre pays, exportations, importations, etc ... Au lieu de cela, elle est truffé d'articles "vicieux". Par exemple, que doit-on comprendre sur la finalité de cet article ?
Article III-148 :
Les États membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est
obligatoire en vertu de la loi-cadre européenne adoptée en application de l'article III-147,
paragraphe 1, si leur situation économique générale et la situation du secteur intéressé le leur
permettent.
Article III-147, paragraphe 1 : La loi-cadre européenne établit les mesures pour réaliser la libéralisation d'un service déterminé. Elle est adoptée après consultation du Comité économique et social.
Un service de transport, tel que la SNCF, devenue bénéficiaire tout récemment devrait être privatisée, c'est ça ? Comment est constitué ce Comité ? par qui ? de qui ?

4 - La politique démocratique est servie à toutes les sauces pour justifier telle ou telle décision. Cependant, je ne m'explique pas cette volonté des Etats membres de ne pas unifier les votes au sujet de cette constitution. S'il veulent donner une image démocratique de cette constitution, qu'ils fassent le vote le même jour, partout, et sous la seule forme envisageable pour les citoyens européens : un référendum. Pourquoi définir un ordre chronologique de vote et n'établir un référendum populaire que dans certains pays ?

5 - une politique de défense qui appelle la militaristion progressive des Etats membres n'est, pour moi, absolument pas un pas vers la paix. Une politique qui irait dans le même sens que celle que l'on souhaite imposer à certains pays du monde, la démilitarisation progressive, serait bien plus gage de paix, de respect et d'humanisme. Mais ce n'est que mon point de vue.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, je suis pris entre 2 convictions :
- dire non et espérer un réel élan démocratique plus respectueux des citoyens. Espérer également une réelle prise de décisions économiques dans le domaine de l'environnement et du développement durable (parce que promouvoir, respecter, accepter, ... est à mon sens bien léger). Espérer une défense orientée vers la paix, puisqu'une armée n'a plus de raison d'être aujourd'hui.

- dire oui pour avancer, parce que l'europe ne peut effectivement pas rester sur un texte tel que le traité de nice, pour garantir notre statut de pays "souche" dans l'organisation de l'europe, pour reconnaitre un statut officiel de citoyen européen (qui est un grand pas pour les citoyens de pays de l'est), dans l'espoir que la politique économique soit réellement porteuse d'emplois et mette un frein aux délocalisations, pour que nous puissions encore jouir de nos acquis sociaux qui relèvent de la compétence nationale, et pour, malgré le fait que nous soyons d'accord avec ce texte, nous nous battions, au-delà des références politiques actuelles, pour changer la politique nationale et qu'elle soit, elle aussi, humaniste et libérale, plutôt qu'ultra-libérale et sectaire.

Merci à ceux qui m'ont lu et à ceux qui tenteront me donner des réponses sur les différents points que j'ai évoqué.
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Posté par berlan , le 16/04/2005

Merci à ceux qui ont construit l'Europe.
Aussi imparfaite soit-elle, elle a le mérite d'exister, de nous apporter l'espoir de paix et de prospérité.
J'ai une grande confiance dans sa capacité à assurer un avenir de qualité aux nouvelles générations; ne serait-ce déjà par le rapprochement des peuples qui est un facteur d'évolution positive des mentalités, et d'émancipation des cultures européennes aussi riches que diverses.
Alors Oui de tout coeur à ce TCE
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Posté par georgette , le 16/04/2005

Un article de la partie III évoque la possibilité de libéraliser les services.
il est établi que libéraliser un service n'oblige pas à le privatiser:

le libéralisme prône le libre jeu de la concurrence qui ne doit pas être gênée par l'interventionnisme d'Etat. C'est certain.
Mais rien n'interdit d'établir une règle du jeu applicable au secteur concerné, car l'économie de marché n'aime pas l'anarchie.
et vice versa;

Des entreprises françaises de mission de service public, EDF, France Tel, La Poste... sont libéralisées et l'Etat reste actionnaire majoritaire.

On n'empêchera jamais la dérive humaine de mener un service nationalisé (le crédit lyonnais) ou libéralisé ou privatisé à la cata.
Le collectivisme comme l'ultra libéralisme ont chacun montré leur faiblesse due à des négligences humaines durables.

Quelle que soit l'avenir de notre Europe, nous vivrons des méfaits et des bienfaits dûs essentiellement à la qualité des hommes et des femmes de bonne ou moins bonne volonté.

Il n'y a pas que la règle du jeu qui fait le jeu; il y a aussi les joueurs.

Pour moi c'est OUI sans hésitation parce que j'aime cette idée de vaste Europe qui damera le pion aux américains dant tous les domaines.
Y compris celui du social et de l'environnement.
Les Européens sauveront la Planète.
Pour cette idée généreuse et osée, ce doit être OUI.
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Posté par Xavier , le 16/04/2005

1. Ce n'est pas un argument pour le "oui" mais c'est déjà un constat je crois: une forte majorité de ceux qui s'étaient auto-violés en 2002 pour élire Chirac après ne pas avoir voté Jospin au 1er tour et qui avaient manifesté alors dans la rue telles des vierges effarouchées, vont demain voter "non". En même temps que Chevènement (l'homme qui tua Jospin) et Le Pen (celui qui l'enterra).

2. Ni Chevènement, ni Le Pen, ni Buffet, ni Besancenot, ni Emmanuelli, ni de Villiers n'ont jamais été des défenseurs de l'Europe ... et ceux d'entre-eux qui à gauche pronent une "autre" Europe n'ont jamais reçu des français la moindre reconnaissance d'une crédibilité quelconque.

3. Je laisse à Claude Imbert (pas de gauche lui !) le soin de nous poser une vraie question:

"Le peuple français, dans ses profondeurs, a-t-il jamais aimé, jamais voulu l’Europe, l’Europe vraie, avec ses grands et petits pays, ses riches et ses pauvres ? L’a-t-il désirée autrement qu’en remplaçante hypothétique d’une puissance française évanouie ?" (le Point - 14/4/2005)

4... et je laisse à de Villiers le soin de convaincre les derniers indécis:

"Je suis le porte-parole de tous ces cons qui vont voter non, c’est un honneur pour moi de les représenter" (Marseille - 31/3/2005)

5. Quant à tous les politiques français d'aujourd'hui si le "non" l'emporte, ils seront morts. Les partisans du "oui" car ils auront lamentablement échoué. Ceux du "non" car ils n'ont ni idéal commun ni moyen pour le défendre. C'est peu-être cela que veulent les français: tuer les politiques.
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Posté par Tintou , le 16/04/2005

J'ai fait un cauchemar:
Le Baron SEILLERE et Guillaume Sarkosy se rencontraient pour préparer une réunion du MEDEF. Evocant la montée des sondages favorables au NON le Président dit à son vice-président:
Et si on suggérait à nos Chefs d'entreprises, de menaçer les syndicats de délocalisation si leurs ouialles ne votent pas OUI au TCE qu'en penses-tu, crois-tu que cela ne marcherait pas?
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Posté par Mirabelle , le 16/04/2005

Le débat sur l'Europe offre un caractère tout à fait paradoxal. Voilà en effet plus de dix ans que la société française réclame qu'une Europe politique se substitue à la technocratie bruxelloise et comble son déficit démocratique. Voilà plus de dix ans que chacun en France réclame à cor et à cri que l'Europe reconnaisse la nécessité des services publics, qu'elle préserve l'exception culturelle, qu'elle garantisse des droits sociaux fondamentaux. Et voilà plus de dix ans encore que nous demandons à l'Europe de s'occuper de l'essentiel, c'est-à-dire de défendre un modèle de civilisation et de peser dans les affaires du monde pour laisser aux Etats le soin d'organiser chez eux la chasse, la pêche ou l'affinage des fromages.


Et c'est au moment où un texte nous propose de respecter la conception française des services publics, de sanctuariser l'exception culturelle défendue par la France, d'adopter une charte des droits fondamentaux, que nous critiquons son caractère ultralibéral. C'est au moment où la Constitution fixe une règle du jeu plus simple et plus lisible pour une Europe à 25, où elle assure la primauté des instances élues, Conseil européen et Parlement, dans la prise de décision, que nous semblons hésiter. C'est au moment où la Constitution prévoit des mécanismes pour donner aux Parlements nationaux la capacité de faire appliquer le principe de subsidiarité, c'est-à-dire de limiter l'intervention de l'Union européenne au strict nécessaire, que nous doutons.


Oui, alors que tous les observateurs s'accordent à voir dans la Constitution le texte le moins libéral et le plus politique qu'ait produit l'Europe depuis plusieurs années, la tentation du non gagne du terrain dans les esprits, et donc dans les sondages.


Il semble flotter, dans notre pays, comme une ivresse du rejet, comme une tentation de désaveu global du système. Le non est en passe de s'imposer comme une mode dont on ne se soucie guère de discerner les implications futures. Il est le point de ralliement de toutes les protestations que le fonctionnement de notre société génère, et chacun sait qu'elles sont nombreuses. Il plaît moins par ce qu'il fonde – à vrai dire pas grand-chose – que par ce qu'il signifie : un pied de nez aux élites, toutes tendances et toutes catégories confondues, d'autant plus jubilatoire qu'il est à présent débarrassé de toute dimension sulfureuse pour s'inscrire pleinement dans l'air du temps.


Les Français ont-ils conscience que, s'ils se laissaient entraîner sur ce chemin, ils ne récolteraient que les fruits amers d'un paradis artificiel en lieu et place de «l'autre monde» dont on les fait abusivement rêver ? Rien n'est moins sûr aujourd'hui. C'est pourquoi, dans l'océan d'incertitudes et de perplexité où se trouvent nos compatriotes, il faut revenir à l'essentiel : voter non contribuerait à renforcer l'Europe que nous dénonçons au lieu de nous aider à construire l'Europe que nous voulons. Le non ne provoquerait ni chaos créateur ni révolution politique, juste un réveil pénible. Car on s'apercevrait après le tumulte des premiers jours que les choses resteraient finalement dans l'état où on les avait laissées. Le libre-échange demeurerait une réalité, le grand marché aussi. La Commission ne cesserait pas d'exister. En revanche, exit la reconnaissance des services publics, la charte des droits fondamentaux, la sanctuarisation de l'exception culturelle. C'en serait fini, et pour longtemps, de notre entreprise pour fonder l'Europe sur des valeurs communes avec celles de notre République.


Si nous devions, demain, renégocier un nouveau traité en position de faiblesse ou d'isolement dans une Europe privée de charte commune, comment pourrions-nous déjouer les tentatives que ne manqueront pas de lancer les pays hostiles à la régulation des marchés et désireux d'identifier définitivement le projet européen à la constitution d'un grand marché dépourvu de toute ambition politique et sociale ? Comment pourrions-nous empêcher quelques pays d'aller plus loin et plus fort dans une direction qui n'est pas la nôtre et sur des conceptions que nous réprouvons ? Telles sont les interrogations auxquelles les partisans du non n'apportent aucun commencement de réponse. Ils sont évidemment bien en peine de le faire, car ils pressentent que le flou institutionnel ouvrira la porte en grand à un libéralisme décomplexé qui est, hélas, le dénominateur commun sur lequel se retrouveront un nombre important de pays, faute de règles crédibles et solides.


Il y a quelques jours, le président de la République a démontré avec éclat que l'Europe n'était pas un carcan bureaucratique mais qu'elle pouvait être le vecteur de la volonté politique des chefs d'État et de gouvernement. La réforme du pacte de stabilité et le réexamen complet de la directive Bolkestein prouvent que la construction européenne est un combat politique dans lequel les représentants élus des peuples gardent la première place, pour peu qu'ils aient la volonté de parler clair et de faire bouger les choses.


La Constitution n'est pas une chape de plomb qui empêche l'action et muselle la pensée. C'est une règle du jeu qui organise les relations entre les institutions, qui précise les rôles et les compétences de l'Union et des États, bref, qui dit qui fait quoi en Europe. En essayant, sur des bases réalistes, de mettre un peu de cohérence dans l'actuel désordre européen, elle ne peut que rassembler tous ceux qui croient que l'Europe doit être porteuse d'un projet politique et non se limiter à n'être qu'une machine administrative au service du libéralisme économique. N'ayons pas peur de le dire : il vaut mieux un oui constructif plutôt qu'un non illusoire, un oui lucide plutôt qu'un non immobile. Nous n'avons que trop tardé à en convaincre les Français.

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Posté par Perdican , le 16/04/2005

Le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a estimé samedi qu'il ne pourrait pas y avoir d'autre discussion "avant très longtemps" entre les 25 si le "non" à la Constitution européenne l'emporte le 29 mai en France, appelant "chaque Français" à mesurer sa "responsabilité".

"Il n'y aura pas d'autre Constitution, il n'y aura pas d'autre discussion possible avant très longtemps et on en restera aux traités actuels", a déclaré le chef de la diplomatie française à Luxembourg, en marge d'une réunion avec ses homologues des 25.


Jugeant les traités actuels "pas satisfaisants", M. Barnier a invité "chaque Français" à "mesurer sa propre responsabilité".

Après l'intervention du président Jacques Chirac jeudi soir, la proportion de Français qui ont l'intention de voter non au référendum sur la Constitution européenne le 29 mai a encore progressé à 56%, selon deux sondages réalisés vendredi.

"Le président de la République a placé le débat au niveau où il devait être placé. Le fonctionnement de l'Europe... et la place de la France dans cette Europe", a défendu samedi M. Barnier.

M. Chirac a "clairement expliqué que si la France rejettait cette Constitution, elle serait affaiblie, pour ses propres idées, pour ses propres intérêts", a-t-il poursuivi, se déclarant confiant que "dans ces prochaines semaines, jusqu'au 29 mai, nous puissions faire comprendre cet enjeu..."

(Je pense que c'est vrai, mais il est temps que les Politiques qui défendent le TCE fassent preuve de pédagogie et tiennent des propos à la porté de tous.
non par pour convaincre les pro OUI, mais pour amener les indécis à comprendre clairement les avantages de ce TCE.

Il est temps que le OUI se fasse valoir pour ce qu'il est et non en s'opposant aux arguments des tenants du Non.
Nous ne devons plus "jouer" à celà!
Car nous sommes impuissants, il faut le reconnaître à dénoncer les contre -vérités qui circulent trop nombreuses.
C'est comme les rumeurs, elles enflent, elles circulent, plus on les dément, plus elles s'amplifient.)

Je lisais que les manifestations étudiantes étaient dirigées par une coordination anarchiste !
Partisans du Non et du Oui, êtes-vous pour que l'anarchie s'installe dans notre pays ?

Ni Dieu, ni Maître: telle est leur devise: Les soutiendrez-vous ?


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Posté par ARBIZON , le 16/04/2005

Le projet de constitution européenne propose,ce qui est totalement novateur,un début d'organisation au niveau de l'union(ministre des affaires étrangéres,implication des parlements nationnaux...)Ce sont des bases sur lesquelles l'Europe pourrait s'appuyer pour avancer progressivement vers une forme de fédération européenne.Il me semble que c'est dans cette direction qu'il faut aller si l'on souhaite que l'Europe compte vraiment dans le monde d'aujourd'hui et surtout dans celui de demain.
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Posté par Helene , le 16/04/2005

Maintenant que le NON est quasiment sur de l'emporter le 29 mai, imaginons la suite. Comme on dit, la critique est aisee (a-t-on entendu une seule fois les communistes, souverainistes et autres partisans du NON pendant les 2 ans de la Convention?...Bizarrement non! Ils devaient buller dans leurs quartiers generaux), l'art est difficile!

Bref, Mesdames et Messieurs pourfendeurs de le Constitution, a vos plumes! S'il-vous plait, ecrivez-nous une nouvelle Constitution. Nous voulons des mots et des articles maintenant, quelque chose de concret en somme et pas de simples paroles. Cette Constitution est mauvaise, ameliorez-la! Mais, de grace, ne nous laissez pas sur notre faim le 29 mai au soir.

Nous voulons dans les 6 semaines qui viennent un texte complet qui puisse rassembler tous les Europeens (et pas seulement telle ou telle frange de l'echiquier politique francais).

MERCI d'avance, pour ce travail CONSTRUCTIF qui, je suis sur, sera de grande qualite!
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Posté par Pyré , le 16/04/2005

C'est vrai que le mot constitution et ses articles peu lisibles peuvent rebuter mais comment peut-on oublier les enseignements de l'histoire et les nombreux conflits qui ont ensanglanté ces mêmes pays qui font partie de cette Europe toujours en construction depuis 1957.Moi, je suis pour cette Europe de demain où vivront nos enfants et petits enfants quand il leur faudra se battre économiquement contre les Etat-Unis d'un côté et la Chine de l'autre toujours plus menaçante d'année en année.
Ne faisons pas croire que l'Europe est la seule responsable des difficultés actuelles que sont le chômage, l'insécurité où l'ultra libéralisme.Tout celà est dû à la conjoncture actuelle dans laquelle tous les pays développés inter-agissent.Alors, s'il vous plaît, élevons le débat et parlons d'avenir c'est à dire en quoi cette constitution pose les bases d'une Europe de demain plus forte, plus unie et plus crédible sur l'échiquier mondial.
Je voterai donc oui à moins qu'on me démontre qu'il est toujours mieux de vivre replié sur soi-même pour espérer lutter efficacement contre les maux d'aujourd'hui et probablement ceux de demain.
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Posté par frollo , le 16/04/2005

Comme de nombreuses personnes, j'ai moi-même oscillé pendant des mois entre le OUI et le NON dès l'annonce du projet de référendum par Chirac le 14 juillet dernier.
Je me suis maintenant fixé définitivement sur le OUI, et cela tout simplement parce que je suis depuis longtemps pro-européen et que tous les arguments des partisans du NON tiennent plus de la propagande et d'une lecture volontairement erronée du texte que d'une réflexion sérieuse.

Pourquoi voter le 29 mai pour sanctionner la politique désastreuse menée ces dernières années par Chirac et Raffarin ? Il ne faut pas tout mélanger ! Il est clair que le gouvernement français actuel est lamentable sur tous les plans, mais ça n'est pas une raison pour donner à nos problèmes nationaux une ampleur internationale ! De quel droit ferait-on cela ? Faut-il faire de la France le vilain petit canard de l'Europe (alors que nous n'avons déjà pas une place très crédible dans le monde...), simplement parce que ceux qui nous dirigent sont des taches et des escrocs finis ? Il faut plutôt, je pense, faire la part des choses et enfin permettre à cette Europe politique de voir le jour.

Nous sanctionnerons Chirac en 2007, chaque chose en son temps.
Vi, je sais, le traité constitutionnel n'est pas parfait, loin de là. Mais il a cependant permis un formidable exploit en France : voir le PS et l'UMP s'accorder au moins sur un sujet. Tradition française oblige : au lieu de reconnaître que si les 2 principaux partis opposés s'accordent sur le même texte, c'est peut-être qu'il n'est pas si mauvais que cela, certains Français et les extrémistes de droite et de gauche dénoncent une pseudo-coallition... ah oui ? il y a une coallition ? Parlez un peu de politique intérieure à un député PS et à un député UMP, et à mon avis vous n'obtiendrez pas le même idéal de société... ces deux partis sont radicalement opposés dans leur idéologie, il n'y a donc pas lieu de sortir cet "argument".

Je ne défend aucun parti, ni les libéraux, ni la gauche caviar, ni les tarés d'extrémistes avec des idées d'un autre âge (aussi bien à droite qu'à gauche). Je me pose comme modeste défenseur des valeurs humanistes et de l'avenir. Oui, bien sûr que la constitution pourrait être révisée... mais à quel prix ? La France, à l'origine de la CECA en 1957, à la base du traité constitutionnel sera vue comme une tarée par nos partenaires européens, et par les USA aussi (qui n'attendent qu'un faux pas pour décréter que toute notre crédibilité est perdue et donc prendre toutes leurs décisions de réorganisation du monde sans même nous consulter...). Et ce que les partisans du NON oublient trop souvent, c'est que notre politique intérieure, nos partenaires européens n'en ont rien à faire. C'est notre problème. je dis donc : exit Chirac et ses raffarinades, mais au moment opportun. Plus que 2 ans de patience.

Pierre, 19 ans, Paris
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Posté par geotherme , le 16/04/2005

Les Francais oublient l'histoire;le 29 Mai 2005 je ne peux pas croire que les Francais vont se regrouper derriere la ligne Maginot du NON pour retomber dans une nouvelle tragédie résultat de leurs egoismes partisans et complétement rétrograde. Pour moi la victoire du NON serait un jour de deuil pour la France et L'Europe tellement déchirées par les Guerres Civiles Franco-Allemande depuis 1870 et qui ont favorisées l'avenement de la Puissance Américaine.OUI pour L'Avenir de notre continent.
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Posté par Jean-Michel Tieffenbach , le 17/04/2005

Le NON regroupe des personnes qui sont pour des raisons diverses contre la constitution, ET DES PERSONNES QUI VEULENT EXPRIMER LEUR MECONTEMENT AU POUVOIR ACTUEL.
Le président chirac dissout l'assemblée nationale et les mécontents s'expriment pour un changement du pouvoir, les élections europénnes sont repoussées et les votes sur la constitution non viciés par des problèmes intérieurs.
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Posté par julien , le 17/04/2005

Je n'aime pas casser du politique, en particulier quand il s'agit de quelqu'un en particulier. Mais je souhaite répondre aux gens qui voient dans les pro-oui des arrivistes.
Aujourd'hui nous parlerons de Fabius.
Mr Fabius porte désormais des jeans et fait de la moto. C'est le message qu'il a voulu faire passer aux français sur le plateau de fogiel il y a de cela quelques temps. Mais Mr Fabius n'en est pas au point d'être contre la constitution pour relancer sa carriere politique (ce qui fonctionne pour le mieux) ça non!

La prochaine fois nous parlerons au choix de LePen, Arlette ou nos amis de la Ligue Communiste Révolutionnaire (c'est plus beau que LCR je trouve)
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Posté par juju , le 17/04/2005

Arrêtez de penser que si les autres pays d'europe ont voté OUI c'est que ce sont des peuples de barbares ou de moutons.

Arrêtez de penser que si Les Verts, le PS, l'UMP et l'UDF sont pour c'est que ce sont des arrivistes

Ou si pensez-le mais bon...
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