Non au projet de traité de la constitution Européenne

Posté par lecomte91 , le 21/05/2005

vu sur : http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-04-23%2016:31:13&log=invites

La Constitution Européenne et la Guerre

La Constitution qu’on propose est remplie d’expressions de bonne volonté qui n’engagent à rien, accompagnées d’engagements concrets qui vont dans le sens opposé.
Exemple significatif : selon l’Article I-3, l’Union "a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples".
La paix est le but proclamé par tous les guerriers.

Après ce voeux pieux, en termes pratiques il n’y a aucune mesure prévue pour promouvoir la paix : par exemple, une politique internationale en faveur du désarmement mutuel progressif, notamment nucléaire, ou pour la création de nouvelles dispositions capables de fournir une résolution pacifique des conflits.

Par contre :

La politique étrangère est dès le début définie comme la "politique étrangère et de sécurité commune". Non pas comme "la politique étrangère et de paix internationale", par exemple. Cette préoccupation sécuritaire, déjà dominante, est renforcée par la première phrase de l’Article I-41 : "La politique de sécurité et de défense commune fait partie intégrante de la politique étrangère et de sécurité commune."

Et cette politique est sous l’influence de l’Otan, et donc des Etats-Unis. L’Article I-41 précise que la politique de l’Union "respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains Etats membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre."

Le paragraphe 3 de cet Article I-41, capital, exclut effectivement toute politique de désarmement : "Les Etats membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires". Une "Agence européenne de défense" mettra en oeuvre "toute mesure utile pour renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la défense".

Et quels seront les buts de cette amélioration des capacités militaires ? Il ne s’agit pas de la "défense" dans le sens classique du terme. Au lieu d’un engagement de courir à l’aide d’un voisin agressé, on trouve cette curieuse "Clause de solidarité", l’Article I-43, qui désigne l’ennemi potentiel comme le "terrorisme" :

"L’Union et ses Etats membres agissent conjointement dans un esprit de solidarité si un Etat membre est l’objet d’une attaque terroriste ou la victime d’une catastrophe naturelle ou d’origine humaine. L’Union mobilise tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les Etats membres, pour :

a) - prévenir la menace terroriste sur le territoire des Etats membres ;

- protéger les institutions démocratiques et la population civile d’une éventuelle attaque terroriste ;

- porter assistance à un Etat membre sur son territoire, à la demande de ses autorités politiques, dans le cas d’une attaque terroriste"... (Le point b) parle des catastrophes naturelles.)

Dans la Partie III de la Constitution, sur les politiques et le fonctionnement de l’Union, on revient sur la menace terroriste dans l’Article III-309, qui énumère les missions dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune qui "incluent les actions conjointes en matière de désarmement, les missions humanitaire et d’évacuation, les missions de conseil et d’assistance en matière militaire, les missions de prévention des conflits et de maintien de la paix, les missions de forces de combat pour la gestion des crises, y compris les missions de rétablissement de la paix et les opérations de stabilisation à la fin des conflits. Toutes ces missions peuvent contribuer à la lutte contre le terrorisme, compris par le soutien apporté à des pays tiers pour combattre le terrorisme sur leur terriitoire."

Bien qu’on y mentionne le désarmement, le contexte indique qu’il s’agit du désarmement des autres, et non pas un désarmement mutuel. Ce sont en effet toutes des missions "hors zone", dans les pays plus ou moins lointains considérés comme sources des conflits et du "terrorisme".

Quand on considère que l’Article I-41 lie l’Union, via l’Otan, à la politique de sécurité et de défense des Etats-Unis, il devient clair que cette Constitution souscrit à la paranoia internationale de Washington qui militarise "le terrorisme" comme prétexte pour l’intervention tous azimuths. Les auteurs de ce texte semblent vouloir faire de l’Union Européenne le "bon flic" à côté du "méchant flic" américain dans la croisade militaire pour une mondialisation néolibérale.

Cette mondialisation néolibérale est impliquée dans l’Article III-292, qui promet une action visant à "promouvoir dans le reste du monde" ses valeurs, entre autres, e) "d’encourager l’intégration de tous les pays dans l’économie mondiale, y compris par la suppression progressive des obstacles au commerce international". En pratique, cela veut dire priver les pays pauvres des mesures de protection de jeunes industries et des services publics sans lesquels aucun développement indépendant n’est possible.

Notons qu’il n’y a aucune procédure pour une déclaration de guerre. Ainsi cette Europe suit la pratique des Etats-Unis dont l’exécutive ne demande plus au Sénat, comme il est stipulé dans leur Constitution, de déclarer la guerre, mais se permet de faire la guerre un peu partout sous prétexte de "valeurs" ou de "lutte contre le terrorisme".

Au Congrès américain, on peut toujours, si l’on veut, mener un vrai débat sur la politique étrangère à tout moment. Selon cette Constitution (Article III-304), le Parlement européen "procède deux fois par an à un débat sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la politique étrangère et de sécurité commune, y compris la politique de sécurité et de défense commune". Cela est particulièrement dérisoire quand on sait qu’il n’y a jamais de vrai débat au Parlement européen, mais plutôt des interventions en série préparées à l’avance et soigneusement minutées (normalement deux ou trois minutes) selon l’importance de chaque groupe politique, et tenues dans la langue nationale de l’orateur à l’intention du public de son pays.

Il est tout à fait logique que cette Constitution, tout en démolissant les protections sociales en faveur de la "concurrence libre et non faussée" et un "marché hautement compétitive" (Article I-3 et alia), tente d’encadrer l’Europe dans le carcan d’une politique d’augmentation d’armement et d’intervention militaire, pour promouvoir l’extension au monde entier de "ses valeurs et ses intérêts", à l’instar des Etats-Unis.

La grande différence avec les Etats-Unis est que les politiques sociales rétrogrades et les politiques agressives militaires ne sont pas inscrites dans la Constitution des Etats-Unis comme elle le seraient dans celle-ci. Par ailleurs, contrairement aux procédures plus ou moins claires pour amender d’autres constitutions, dans ce cas, la procédure d’amendement est particulièrement tordue (Article IV-443) : le Conseil convoque une Convention qui peut adopter par consensus une recommendation à une Conférence des repésentants des gouvernements des Etats membres qui peut "arrêter d’un commun accord les modifications à apporter au présent traité". Puis il faudrait que les modifications soient "ratifiées par tous les Etats membres".

Bref, on ne peut amender cette Constitution que par l’unanimité de tous les Etats membres, - autant dire, impossible.

Diana Johnstone, journaliste américaine, spécialiste des Balkans.
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Posté par Un citoyen parmi d'autres , le 13/03/2005

" Les Etats membres s'efforcent de prodéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne en application de l'article III 147, paragraphe 1, si leur situation économique générale et la situation du secteur intéressé le leur permettent. La Commission adresse aux Etats membres intéressés des recommandations à cet effet."

Soit ils sont pleinement conscients de leur cynisme et de leur volonté de destruction de tout type de tissu social, soit ils vivent dans un autre monde. Cette dernière supposition est sans doute la pire : elle signifie que nous élisons la plupart du temps des gens qui ne sont pas conscients des problèmes que connaissent les "masses citoyennes".

Par conséquent, dire NON au TCE (traité constitutionnel européen) serait un moyen non-violent de leur faire entendre nos véritables aspirations. Méfions-nous car l'Histoire n'est pas écrite : on sourit en entendant certains parler de "révolution", mais cela pourrait arriver. Le peuple est lent à réagir, mais une fois réveillé, qui sait de quoi il est capable ?
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Posté par Kirrias , le 13/03/2005

Que ce soit clair, je ne suis pas contre une constitution pour l'Europe, je suis à 100 % pour. Seulement, si le oui l'emporte, ce sera cette Consitution, et pas une autre, et moi, je suis pour une autre constitution, moins libérale, plus sociale. Bien sur, si je vote Non, il n'y aura pas du tout de constitution, et si je vote Oui, il y aura une constitution que je refuse. Le choix n'est pas celui auquel je m'attendais, et se trouve bien perfide. Et encore une fois, qui l'aura dans le c.. ?
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Posté par La France d'en BAS , le 13/03/2005

On ne veut pas nous informer.
Quand recevra-t-on le projet de constitution? La campagne demarrera la semaine qui précèdera le réferendum au train ou c'est parti.
Dès que je l'aurai, je rechercherai deux choses :
a ) loi "Doblin".
b ) l'intégration de la Turquie.
L'évocation de l'une des deux suffira à me faire voter NON.
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Posté par curieux69 , le 13/03/2005

non carla democratie disparait au profit de decission de fonctionnaires europeens deconnecte des realites du terrain
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Posté par Nodytsu , le 13/03/2005

La Constitution européenne est une assurance-vie contre le progrès économique


Nous ne pouvons, personnellement, accepter une Constitution qui consacre la primauté du marché unique, intégré, libre et ouvert. Les conséquences en seraient un démantèlement complet des services publics (d'où découlent des interrogations sur la qualité des services privatisés), de graves conséquences sur les salariés ainsi que leur condition de travail. Avec l’élargissement de l’Europe nous ne pouvons pas appliquer une telle politique avec les nouveaux pays, plus pauvres. Après l’échec du libéralisme et les catastrophes humanitaires qu’il a apportées en Argentine, en Asie, en Afrique, en Russie, nous ne pouvons pas accepter le profit avant l’homme en Europe. L’Europe doit être gouvernée par le peuple, non par la bourse et les multinationales. Un exemple significatif d’une Union Économique comme telle est l’ALENA (Alliance économique de libre échange Nord-Américain). Depuis la mise en place de l’ALENA en 1994 les travailleurs mexicains ont « subi une perte de revenus de 20% » et le « salaire minimal a perdu la moitié de son pouvoir d’achat » (Étude de l’Economic Policy Institute de Washington rapportée par Noam Chomsky ). Nous ne voulons pas un bastion neo-libéral en Europe.

Rappelons-nous de ce grand auteur :
"« Permettre au mécanisme du marché d’être l’unique directeur du sort des êtres humains et de leur environnement naturel … aurait pour résultat la démolition de la société »
Karl Polanyi "


Plus d'arguments sur
http://perso.wanadoo.fr/constitution-europeenne/
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Posté par Grand Jacques , le 13/03/2005

"Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l'inféodation de la France, on consent à l'idée de son abaissement.
En ce qui nous concerne, nous devons dire NON. [...]
Nous disons "non" à une France vassale dans un empire de marchands, "non" à une France qui démissionne aujourd'hui pour s'effacer demain." Jacques Chirac, 1978
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Posté par robin1924 , le 13/03/2005

La souveraineté nationale va en prendre un coup avec l'application des prescriptions des articles III 264-265-269-270-271-273-274-276-300 et 419. Ceux-ci touchent à l'exercice voire à la définition de notre constitution nationale. En effet, la Constitution française prévoit que la souveraineté nationale appartient au peuple qui mandate ses représentants ; LE PARLEMENT. Or au lieu de modifier le traité, le Gouvernement a demandé au Parlement de modifier la Constitution française dont le principe fondateur de notre droit politique est imprescriptible et a une valeur de droit international.En conséquence, les Représentants du peuple ne peuvent pas modifier la Constitution française sans l'avis du Peuple.
Passer outre à ces prescriptions relève du coup d'Etat institutionnel..
Une bonne raison pour dire NON!
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Posté par , le 12/03/2005

12 mars 23:15
sur ce site:
134 oui (22%)
476 non(78%)
Continuons à convaincre
ceux, nombreux, qui n'ont pas encore lu le texte et surtout ceux qui pensent s'abstenir.
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Posté par L'Impératrice , le 13/03/2005

Dans son plaidoyer en faveur du OUI, le secrétaire national de l'UMP chargé de l'Europe précise que le Traité est "le couronnement de ce qu'on peut appeler la vision française de l'Europe contre la vision anglo-saxonne, purement libre-échangiste, intergouvernementale et souverainiste". Il rajoute: "cette Constitution a été voulue par la France, et elle a été très largement inspirée par elle."
Et cette Constitution voulue par la France n'est ni souverainiste, ni intergouvernementale mais libre-échangiste, c'est-à-dire exactement tout le contraire de ce que veulent les Français qui font campagne pour le NON. Ces derniers veulent que la France demeure une Nation souveraine au sein d'une Europe intergouvenementale, soucieuse de promouvoir l'emploi, la croissance et la prospérité. Si tel est votre cas, votez NON au referendum.
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Posté par Luc Comeau-Montasse , le 12/03/2005

Un article sensé donner de la consistance au TCE et des garanties aux adhérents est la disposition prévoyant que les adhésions de nouveaux membres dans l'Union européenne ( du moins pour les adhésions qui suivront celles de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Croatie) feront obligatoirement l'objet d'un référendum.

Pourtant rien n'empêche qu'après ratification, les circonstances ayant changées au terme de plusieurs années, et sous la pression éventuellement des institutions de l'Union européenne, cette disposition soit abrogée par le Parlement convoqué en Congrès,
et ce, en application du troisième alinéa de l'article 89 de la Constitution.

Encore une protection illusoire de plus dans ce traité.
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Posté par zr , le 12/03/2005

pas de reference à la déclaration des droits de l'homme.
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Posté par RR1 , le 12/03/2005

Suite au post :
« Christian SAINT-ETIENNE le dit très clairement »
de ‘Luc Comeau-Montasse le : 07/03/2005’,

Sauf erreur,
Peut-on après avoir lu cet article, et particulièrement les points 2, approuver le projet de constitution en pensant à nos enfants et petits enfants, même si la conclusion personnelle de l’auteur n’est pas partagée?

Pour moi c’est NON et définitivement.

La nature de l'Europe en question
Le Figaro - 08 février 2005 - Par Christian SAINT-ETIENNE
Rappelons que la pensée libérale fonde les révolutions politiques française et américaine du XVIIIe siècle et prévoit l'instauration d'un Etat de droit politique, économique et social qui protège les citoyens contre toutes les formes d'oppression et de discrimination.
Le marchéisme est le préjugé selon lequel le marché dérégulé est le mieux à même de provoquer à long terme le progrès économique et social, même s'il conduit à court terme à écraser la multitude des citoyens isolés, par les «forces du marché».

La directive Bolkestein pose trois questions intéressantes :

1. – Est-elle le fruit d'une dérive marchéiste récente de l'Union européenne ?

2. – Le choix de la concurrence entre les normes juridiques, sociales et fiscales des pays membres de l'Union européenne, ou, au contraire, de l'harmonisation de ces mêmes normes, est-il un choix de moyens ou de fins ?

3. – Quel est le lien entre la directive Bolkestein et le projet de traité constitutionnel européen ?

– 1. La directive Bolkestein est proposée en application du traité de l'Acte unique adopté en décembre 1985 à Luxembourg, alors que François Mitterrand était président de la République française et Jacques Delors président de la Commission européenne. Ce traité, totalement intégré dans l'actuel projet de traité constitutionnel, prévoit l'instauration d'un marché intérieur, bientôt appelé «marché unique», qui est un espace de commerce sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée. A ce titre, les règles d'harmonisation des législations nationales ont été considérablement simplifiées en adoptant le principe de la reconnaissance mutuelle des normes et réglementations nationales, à la suite du fameux arrêt Cassis de Dijon de 1978 selon lequel un produit qui peut être vendu par un pays européen peut l'être dans tous.

– 2. Le choix entre concurrence ou harmonisation des normes est un des choix les plus politiques et les plus cruciaux que l'on puisse opérer dans une démocratie libérale moderne. La concurrence totalement débridée entre les normes conduit au triomphe des normes les plus minimales, proches de l'absence de toutes normes. Elle est la négation pure et simple de ce que les démocraties libérales modernes ont voulu construire depuis deux siècles. Refuser la concurrence entre les normes pose la question de la nature de l'harmonisation à mettre en place : face à un ensemble de normes allant du plus protecteur au moins protecteur, faut-il chercher le moins-disant, le mieux disant ou le juste milieu ? Ce débat demandé par la France et l'Allemagne, à propos de l'harmonisation fiscale, a été explicitement rejeté par la Commission européenne à l'instigation du Royaume-Uni, au profit du choix de la concurrence fiscale qui fait dorénavant rage en Europe, avec des effets qui vont se faire sentir violemment dans les toutes prochaines années. Dans l'Europe à 25, une majorité d'Etats revendique aujourd'hui le droit à la concurrence fiscale et sociale contre toute forme d'harmonisation, même raisonnable.

– 3. La directive Bolkestein est-elle le fruit mauvais d'un passé vicié que l'actuel projet de traité constitutionnel va rendre impossible ? En réalité, le projet de traité constitutionnel, qui ne fait que rationaliser intelligemment le corpus juridique européen existant, consolide la base juridique qui fonde la directive Bolkestein !

Que faudrait-il faire ?
Se demander avant qu'il ne soit trop tard : quelle Europe voulons-nous, pour servir quelles fins ?

Personnellement, je suis favorable à des Etats-Unis d'Europe, fondés sur des valeurs et des intérêts stratégiques partagés, organisés selon les principes de la démocratie libérale moderne, avec des normes juridiques, sociales et fiscales qui favorisent la recherche de l'excellence individuelle et collective. S'il faut rejeter les normes excessives, l'absence de normes serait tout aussi inacceptable.

http://www.deboutlarepublique.com/

*
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Posté par Salix , le 12/03/2005

Suite du message Salix3

Toujours dans la
PARTIE I
TITRE I
DÉFINITION ET OBJECTIFS DE L'UNION

Article I-3 :

alinéa 4 :

"Dans ses relations avec le reste du monde, l'Union affirme et promeut ses valeurs et ses intérêts.
Elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la planète, à la solidarité et au
respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l'élimination de la pauvreté et à la
protection des droits de l'homme, en particulier ceux de l'enfant, ainsi qu'au strict respect et au
développement du droit international, notamment au respect des principes de la charte des Nations
unies."


Au milieu de l'article, "l'union // contribue // au commerce libre et équitable".

Accoler ces 2 termes (libre et équitable) me laisse encore perplexe. Peut-on imaginer que des produits du commerce équitable (qui accordent une meilleure rentabilité aux producteurs des pays pauvres par l'application d'un prix de vente majoré) aient une chance dans un marché totalement libre où le prix bas est le seul argument qui vaille ? Mais peut-être ne s'agit-il pas de cet "équitable" là, ce n'est peut-être qu'une formule (attention, mauvais esprit ...).

Quant au "strict respect et au développement du droit international", inclut-il le droit régi par l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui n'a, jusqu'à présent, pas brillé par ses préocuppations sociales (je sais, c'est encore un procès d'intention. Mauvais esprit ...) ?

Rien à faire, j'ai encore le non au référendum en tête.

A bientôt ...
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Posté par Luc Comeau-Montasse , le 12/03/2005

Une révision de la constitution a été expédié au pas de charge, à l’assemblée.

Or il est clair que d’après l'article I-6 du projet de Constitution européenne, relatif au droit de l'Union

« la Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées (*) à celles-ci, priment le droit des Etats membres »,

On voit ici qu’il ne s’agit rien d’autre que d’une suppression pure et simple de notre constitution puisque adopter ce projet revient à subordonner systématiquement celle ci à la norme européenne.

Le citoyen sait-il qu’en votant OUI c’est cet acte d’abrogation qu’il valide ?

* Il y a très peu de domaines hors des compétences de l’Europe et ceux ci peuvent toujours être « saisis » de façon indirecte par le volet de la libre concurrence.


(Sénat)
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Posté par Yaya , le 12/03/2005

Article I-41, point 7 : "Les engagements et la coopération dans ce domaine [la défense] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en oeuvre"...

Certains nous disent que la Constitution va nous permettre d'être plus forts face aux Etats-Unis... A vous d'en juger ! Il est vrai que l'OTAN fait preuve d'une grande indépendance à leur égard...

En tous cas, c'est la première fois que la soumission (certes indirecte) à cette superpuissance est inscrite dans une constitution... Avoir une politique de défense indépendante serait donc inconstitutionnel...
Quand va-t-on en Irak ?
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Posté par Luc Comeau-Montasse , le 12/03/2005

"Les auteurs de cette motion préconisent le rejet de ce projet de révision de la Constitution pour deux raisons fondamentales de forme et de fond.

Sur le plan formel, ils estiment que les parlementaires n'ont pas à dessaisir le peuple de sa souveraineté en validant par avance la ratification d'un traité qui doit être approuvé ou rejeté par voie de référendum dans les mois à venir.

L'article 89 de la Constitution qui organise la révision de la Constitution, offre le choix entre référendum et Congrès du Parlement pour voter la loi de révision.

Les auteurs estiment qu'il était tout à fait envisageable de coupler révision de la Constitution et ratification du traité dans le cadre d'un seul et même référendum.

En tout état de cause, la procédure retenue ne peut être acceptée, car elle spolie le peuple français du droit fondamental d'accepter ou de refuser des limitations de souveraineté.

Sur le fond, les auteurs estiment donc que le projet de révision valide le traité constitutionnel européen qui inscrit dans le marbre des préceptes libéraux qui marquent dans de nombreux domaines des reculs de société incontestables.

Les règles du marché, les principes de concurrence, les critères de rentabilité financière, tendent inévitablement à se substituer aux principes fondateurs de liberté, d'égalité, de fraternité.

La mise en cause des droits sociaux, la casse annoncée, et malheureusement déjà bien engagée au nom d'une certaine construction européenne, des services publics, attestent des dangers que représente le traité constitutionnel européen.

Les auteurs estiment enfin qu'avant de franchir une étape vers le tout libéral, un bilan des dégâts occasionnés par l'application dogmatique de Maastricht, de ses critères, devrait être effectué.

La réponse à la question, le traité constitutionnel favorisera-t-il l'épanouissement des peuples d'Europe sera alors claire : ce sera non."

On ne peut qu'approuver cette motion déposée au Sénat (et rejetée alors que les motifs sont tout à fait légitimes)
auquel on demandait de changer la constitution avant même le référendum.

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Posté par Luc Comeau-Montasse , le 12/03/2005

Ce qui est remarquable avec ce traité
c'est que les seules lois qui deviendraient anticonstitutionnelles du fait de sa ratification seraient
- certaines lois de protection sociale
- la défense d'un minimum de service public
- les lois qui défendent la laicité

est-ce ce que nous souhaitons
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Posté par BigQuick , le 12/03/2005

Avec la Constitution on accepte le principe de demander leur avis aux groupuscules religieux majoritaires, de plus, la loi de 1905 peut etre perçut comme anticonstitutionnelle...
Ce n'est pas l'economie qui doit regir le monde et encore moins le monde, il faut que cela cesse : NON a l'économie libérale que va imposer ce traité.
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Posté par Un Européen optimiste , le 12/03/2005

L'Europe est un espace sur lequel existe une civilisation ; sans vouloir s'enfermer, il serait bon d'unifier cette Europe. Cependant, il faut voter NON au Traité Constitutionnel Européen, qui est ouvertement pro-ultralibéral (article III-148 qui gagnerait à être connu). Le seul moyen de faire une Europe forte, c'est de faire une Europe républicaine à la française, même si cela peut paraître chauvin. L'idéal républicain né de la révolution française de 1789 est le seul qui permettra à la liberté d'exister: liberté "collective" relative à la vie en société et liberté individuelle propre à chacun. Aujourd'hui, il faut se battre pour que les principes fondamentaux de la France qui sont "liberté, égalité et frayernité" soient l'objectif non seulement de notre pays qui est loin de toujours les mettre en application, avouons-le, mais aussi de l'Europe.

C'est pour cela qu'il faut voter NON et même revenir en arrière, pour détruire la société libérale que nous ont imposée certains au sortir d'une guerre qui a saigné l'Europe à blanc. Il nous faut tous ensemble rebâtir une Europe qui aurait pour simple objectif le bien-être matériel et moral de ces citoyennes et citoyens. Parvenir à un tel objectif ne peut en aucun cas se faire par une société libérale qui considère les femmes et les hommes comme de vulgaires "citrons", qui une fois pressés sont relégués au rang de....de quoi d'ailleurs ??? Il nous faut faire demi-tour, et voter NON.

Face au mur, seul un partisan du OUI ne peut comprendre que la solution est de faire demi-tour.

Au cas où j'aurais omis de le dire, VOTONS NON, pas par la pensée, mais en mettant le bulletin (où c'est écrit NON dessus !!!) dans la boîte (que l'on appelle une urne, mais ça, ce n'est pas le plus important !)

La génération qui nous a précédés n'a pas voulu de l'Europe nazie, la nôtre ne peut accepter l'Europe ultralibérale. Disons-le clairement : il ne faut pas être contre le peuple américain mais contre l'idéologie à laquelle il est soumis et qu'il véhicule cependant. Pour gagner, il faut remporter des batailes, la première sera celle pour la victoire du Non au traité, tout simplement.
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