Pour lutter contre le chômage, il faut juste du bon sens

Posté par Patrice , le 20-07-2005

INTERVIEW TELEVISEE DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, A L'OCCASION DE LA FETE NATIONALE
Interrogé par Patrick POIVRE D'ARVOR et Arlette CHABOT -


Palais de l'Elysée - Paris le 14 juillet 2005

ARLETTE CHABOT - Monsieur le Président, bonjour.

LE PRESIDENT - Bonjour.

ARLETTE CHABOT - Merci de nous accueillir avec Patrick POIVRE D'ARVOR pour un entretien traditionnel, mais avec aujourd'hui une atmosphère un peu particulière, parce qu'à 13 heures, vous avez respecté, comme on l'a fait dans les vingt-cinq pays de l'Union européenne, deux minutes de silence à la mémoire des victimes des attentats de Londres. Alors, New York, Madrid, Londres, chacun se demande aujourd'hui, au fond, quelle capitale, peut-être, sera visée demain. Est-ce que cela peut être Paris, même si la France n'a pas participé à la guerre en Irak ?

LE PRESIDENT - Je voudrais tout d'abord redire notre solidarité avec le peuple britannique. Solidarité que j'ai immédiatement exprimée, nous étions en Écosse quand les événements se sont produits, à Sa Majesté la Reine, au Premier ministre, aux autorités et au peuple britannique qui a été, je voudrais le souligner, une fois de plus, admirable, de calme, d'efficacité, de sang-froid et, tout à l'heure, pendant cette minute de silence, ces deux minutes de silence, j'avais un sentiment profond de respect et d'amitié pour le peuple britannique. Avant d'évoquer...

QUESTION - ... La menace éventuelle sur la France ?

LE PRESIDENT - ... Avant d'évoquer votre question, nous sommes le 14 juillet, c'est la fête nationale, et nous venons d'assister au défilé. Alors, vous me permettrez de rendre hommage d'abord aux soldats brésiliens qui ont défilé et aux aviateurs brésiliens qui ont été parfaits. Nous étions heureux de les voir sur les Champs-Élysées, en présence du Président du Brésil, et puis, rendre hommage à l'ensemble des soldats qui ont défilé et, au-delà d'eux, à toute l'armée française qui, une fois de plus, a donné une belle image de la France ce matin. Et donc, je lui exprime mon estime, ma reconnaissance et ma confiance.

PATRICK POIVRE D'ARVOR - Alors justement, les soldats peuvent servir à parer la menace terroriste. Est-ce que la France est autant visée que les pays qui ont participé à la guerre d'Irak ?

LE PRESIDENT - Personne. Personne ne peut répondre à cette question, car ces terroristes ont une mentalité, une psychologie qui est différente de la nôtre. Ce qui est sûr, c'est qu'aucun pays dans le monde n'est à l'abri d'attentat de cette nature. La France, pas plus qu'un autre. Et que, par conséquent, tout l'effort doit être fait pour lutter contre ce terrorisme, et se prémunir contre ce terrorisme. En ce qui concerne la France, vous savez qu'elle est parmi les pays, je dirai, considérée comme les plus efficaces dans le domaine des moyens mis en oeuvre pour la recherche, pour l'information, le renseignement sur le terrorisme. Nous renforçons sans cesse ces moyens, d'ailleurs, en cohérence complète avec tous nos partenaires, et notamment nos principaux partenaires. J'ai été sensible à l'hommage qui nous a été rendu par les Américains à ce sujet. Nous avons pris, de nouveau, des dispositions. Tout ce qui peut être imaginé, tout ce qui est à notre portée est mis en oeuvre en France pour détecter le terrorisme, lutter contre le terrorisme et, en cohérence avec nos principaux partenaires pour le faire sur le plan international.

QUESTION - Ce qui inquiète encore plus, c'est l'idée que ce sont des kamikazes, notamment des gens qui ont la citoyenneté britannique, des gens qui donnent leur vie. Cela ne s'est jamais vu en Europe. Est-ce qu'il faut quand même adapter le dispositif à ce genre d'acte ?

LE PRESIDENT - Avec le terrorisme, il faut toujours adapter, en permanence, car on ne sait pas ce qu'ils vont inventer de nouveau. Il faut attendre, pour ce qui concerne ce que vous évoquez, les résultats des enquêtes britanniques qui sont extrêmement efficaces -je n'en doute pas-, il faut en permanence s'adapter et c'est ce que font nos services, je le répète, en liaison étroite avec tous les autres.

QUESTION - Monsieur le Président, il y a tout juste un an, pratiquement à cette minute même, vous nous annonciez un référendum sur la Constitution européenne. Le 29 mai, les Français vous ont sèchement répondu. Est-ce qu'avec le recul, vous ne regrettez pas de ne pas être passé par la procédure parlementaire, comme une dizaine de pays qui ont tous répondu "oui" d'une part, et est-ce qu'ensuite, vous vous attribuez une responsabilité personnelle à cette défaite ?

LE PRESIDENT - Je crois qu'il faut voir d'abord, et bien réfléchir, à ce que les Français ont dit le 29 mai, ce qui a d'ailleurs été confirmé par les Hollandais. Les Français ont exprimé le 29 mai des attentes, des inquiétudes face à un monde qui change très vite, qui bouleverse les comportements, face à une Europe qui est, à la fois lointaine, mais également tatillonne, parfois intrusive dans la vie de nos compatriotes ou des Européens, face à une mondialisation dont ils ne se sentent pas vraiment protégés par l'Europe. Ils ont eu le sentiment d'avoir fait beaucoup d'efforts depuis vingt ans. Ils ne sont pas convaincus d'avoir été payés en retour pour eux, mais surtout pour leurs enfants. Je crois que cette inquiétude est surtout une inquiétude à l'égard des enfants.

QUESTION - Et c'est à cette Europe là qu'ils ont dit "non" ? Ce n'est pas à vous, personnellement, ou à votre gouvernement ?

LE PRESIDENT - Je crois, qu'au-delà des problèmes de personne, il faut s'interroger sur le message. Et ce message, ce n'est pas le message d'une France morose, une France qui aurait baissé les bras, d'une France qui doute. C'est une interrogation des Français sur leurs qualités, leurs défauts, sur leurs modèles, sur leurs inquiétudes et c'est un message fort à cet égard, mais qui dit interrogation, dit positif. C'est à partir d'interrogations que l'on peut trouver l'impulsion qui s'impose.

QUESTION - Mais vous-même, vous vous êtes senti humilié par ce "non" davantage, par exemple, que la dissolution ratée ?

LE PRESIDENT - Je ne me suis pas senti humilié. Mais vous m'avez demandé si je regrettais d'avoir fait un référendum, je vous dis, tout de suite, "non". Tout le monde sentait bien qu'il y avait un problème européen. L'Europe est un grand dessein. La voie qui avait été tracée par la Constitution que, moi, je considérais comme une bonne voie, provoquait des interrogations. C'était évident. Et donc, il était essentiel, essentiel pour la démocratie que les Françaises et les Français soient interrogés directement. Je pense que l'on ne pouvait pas faire cela simplement entre nous. Il y a des pays qui l'ont fait, naturellement.

QUESTION - ... Une dizaine, à peu près, à ce jour. Ils ont tous dit "oui", d'ailleurs.

LE PRESIDENT - Notamment, parce que leurs institutions ne leur permettaient pas d'accéder au référendum. Ce qui est le cas, notamment, de nos amis allemands. Mais je considérais que dans un pays comme la France qui a besoin de renforcer sa démocratie, il n'était pas concevable de trancher un problème de cette nature sans interroger les Françaises et les Français. C'était un pas, c'était un risque mais c'était un pas dans la bonne direction pour ce qui concerne la démocratie et je souhaite que cette pratique du référendum soit dorénavant plus fréquemment utilisée. Je l'ai toujours pensé.

QUESTION - Bien qu'on ne réponde jamais à la question posée ?

LE PRESIDENT - Je sais, je sais, c'est difficile. Il y a toujours un côté plébiscite d'une façon ou d'une autre dans un référendum. C'est dommage. Mais il faut petit à petit donner l'habitude aux Françaises et aux Français de répondre eux-mêmes sur les grandes questions quand il y a un problème important. Cela évitera de faire des erreurs. Peut-être cela a-t-il été le cas avec le 29 mai.

QUESTION - Certains font le rapprochement avec le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005. On dit, au fond, c'est parce que les politiques, la classe politique et vous n'ont pas su répondre à l'attente, à la demande, aux inquiétudes exprimées le 21 avril, que les Français ont dit à nouveau : "on doute" le 29 mai ?

LE PRESIDENT - On peut faire, naturellement, ce genre de réflexion. Je crois surtout que les Français ont exprimé l'inquiétude et les attentes que j'évoquais tout à l'heure, et que cela doit nous conduire à en tirer les conséquences non pas d'une façon négative, mais de façon positive, c'est-à -dire utiliser cette force pour aller plus vite et plus loin dans la bonne direction. C'est quoi, aller plus vite et plus loin dans la bonne direction ? C'est d'abord croire en nos atouts et ils sont importants. Quand le monde entier s'interroge sur ce que sera, pour nos petits-enfants, l'énergie, ce n'est pas en Asie, ce n'est en Amérique, ce n'est pas ailleurs qu'en France qu'il se situe avec ITER. On a des atouts considérables. Il faut également avoir conscience de nos retards et ils sont importants aussi, et donc les combler. Il faut que l'on prenne à bras le corps cette affaire du chômage qui est une plaie, qui n'est pas inévitable et contre laquelle nous n'avons jusqu'ici, nous y reviendrons j'imagine, pas su réagir comme il convenait. Et enfin, il faut préparer l'avenir, nous projeter dans l'avenir. Et là aussi, cela veut dire renouer avec une vieille tradition qui a fait notre force, qui est celle de la recherche, de l'innovation, de l'industrialisation dans notre pays, naturellement dans les domaines hautement sophistiqués, un peu comme le fait le Japon actuellement.

QUESTION - Justement, vous arrive-t-il d'envier un peu Tony BLAIR dont le taux de croissance est deux fois supérieur au nôtre, le taux de chômage deux fois inférieur, qui gagne ses élections, qui, en plus, empoche les Jeux Olympiques en 2012 ?

LE PRESIDENT - J'ai beaucoup d'estime à la fois pour le peuple britannique, pour bien des raisons. Je le répète, il vient de nous donner, encore une fois, une raison de leur témoigner de l'estime et j'ai beaucoup d'estime également pour Tony BLAIR. Je le connais bien et depuis longtemps. Mais je ne crois pas que le modèle britannique soit un modèle que nous devions envier ou copier. Certes, le chômage y est moins important que le nôtre, sensiblement, mais si vous prenez les grands éléments d'une vie de société, qu'il s'agisse de la politique de santé, de celle de la lutte contre la pauvreté, vous vous apercevez que nous sommes tout de même beaucoup mieux placés que les Britanniques. Quand vous regardez les investissements sur l'avenir, par rapport à la richesse nationale, la France consacre 5,6% de cette richesse à l'éducation. Les Anglais y consacrent 4 ou 4,2%. Quand on voit la recherche, la recherche scientifique et technique, ce qui est la clé de demain, nous y reviendrons probablement, les Anglais y consacrent 1,8% de leur richesse nationale, nous, 2,2%, et nous avons comme objectifs 3% très rapidement. Dans tous les domaines qui concernent la société, nous sommes mieux placés, beaucoup mieux placés que les Anglais. Alors, certes ce n'est pas vrai pour le chômage. Mais cela me conduit simplement à vous dire que, non, je ne l'envie pas....

QUESTION - Sur les Jeux olympiques, vous lui en voulez, vous trouvez qu'il a gagné à la loyale ?

LE PRESIDENT - Vous savez, l'olympisme c'est le sport et le sport s'est fondé sur une réalité "que le meilleur gagne".

QUESTION - Vous n'avez pas eu un coup de blues vous-même en rentrant de Singapour lorsque vous avez appris que la France n'avait pas les JO ?

LE PRESIDENT - J'ai eu naturellement un grand regret parce que la France s'était mobilisée, qu'elle avait présenté un beau projet, un projet, je crois, parfait et j'aurais été heureux que nous ayons ces Jeux olympiques en 2012. Donc je le regrette. J'en tire simplement comme conclusion que nous devons probablement rechercher ce qui nous a manqué et combler ce manque. Je pense notamment à notre présence aujourd'hui très insuffisante au niveau des grandes fédérations internationales sportives. Ceci étant, notre projet avait également pour objectif de donner une forte relance à notre politique sportive et de ce point de vue nous allons maintenir cette ambition, c'est-à -dire qu'une part des grands projets prévus -je pense, par exemple, pour ce qui concerne la région parisienne, au vélodrome ou à la piscine-, seront réalisés et je vais avoir très prochainement une réunion avec le Premier ministre et le ministre des Sports d'une part, avec le maire de Paris et le président de la région Ile de France d'autre part, pour voir comment on peut, à partir de ce projet, conserver les éléments positifs pour nous permettre une relance forte de la politique sportive en France. J'ajoute que nous devons nous consacrer à une préparation intensive bien meilleure que par le passé, pour que nos sportifs soient brillants...

QUESTION - Y compris à Londres, en 2012 ?

LE PRESIDENT - ... A Pékin d'abord et à Londres ensuite. N'oublions pas que nous avons également, c'est un domaine particulier, la coupe du monde du Rugby, en 2007.

QUESTION - Monsieur le Président, vous disiez le modèle social britannique n'est pas parfait. Mais le nôtre, on s'interroge beaucoup. C'est vrai que l'on va reparler du chômage. Combien de présidents ont dit : c'est notre priorité, on va s'attaquer au chômage. Or, les Français se disent que ça fait à peu près dix-neuf ans qu'ils vivent entre 8 à 10% de chômeurs. On se dit qu'aujourd'hui, il y a un million d'enfants, en France, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le ministre des Finances dit : on vit au-dessus de nos moyens, on a une dette qui explose. Qu'est-ce qu'il faut garder du modèle social, ou il n'est pas obsolète ?

LE PRESIDENT - Non. Permettez-moi de vous dire une chose pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté. Vous évoquiez notre modèle social et les Anglais. Vous dites qu'il y a un nombre important d'enfants en dessous du seuil de pauvreté. Vous faites allusion j'imagine aux statistiques officielles et internationales qui ont été publiées. Je me permets de vous faire remarquer que si en France, c'est vrai, il y a 7% d'enfants qui sont en dessous des normes fixant le seuil de pauvreté, en Angleterre c'est 17%. Je dis simplement cela pour dire, il ne faut par croire que nous sommes...

QUESTION - ... Le modèle social français, n'est-il pas un peu périmé et inefficace ?

LE PRESIDENT - Le modèle social français n'est ni inefficace, ni périmé. Il a une grande ambition qui s'exprime d'une façon simple. C'est une harmonisation permanente vers le haut. Cela, il faut le garder. C'est en quelque sorte notre génie national. C'est une nécessité. Alors, à partir de là nous voyons bien qu'il y a une faiblesse forte, dramatique, en matière d'emploi. Alors on peut s'interroger. La vérité c'est que la France s'est installée depuis vingt ans dans un système qui accepte le chômage. Nous avons créé toutes sortes de moyens légitimes, au regard de la politique sociale pour rendre le chômage, après tout, supportable. Aujourd'hui on voit bien que ce système ne marche pas. Et que par conséquent il faut faire autre chose.

QUESTION - Vraiment changer, quoi, vraiment changer ?...

LE PRESIDENT - ... Il faut vraiment changer...

QUESTION - ... Parce que Dominique de VILLEPIN s'est donné cent jours pour gagner. Et plus généralement est-ce que l'on peut en vingt mois, les vingt mois qui nous séparent de la Présidentielle, gagner cette bataille ?

LE PRESIDENT - Alors, je crois que vingt mois c'est une image naturellement...

QUESTION - ...Cent jours...

LE PRESIDENT - ... Je veux dire cent jours. Je crois qu'il faut surtout avoir une claire vision de ce que l'on veut faire. Si nous sommes décidés à mobiliser tous nos moyens pour lutter contre le chômage, et c'est le cas du Premier ministre et de son gouvernement, alors il faut s'engager dans trois ou quatre directions avec détermination. La première direction c'est qu'il faut chercher les emplois là où ils sont. Où sont les emplois possibles aujourd'hui ? Dans deux grands secteurs. Les petites et très petites entreprises. Deux millions et demi de très petites entreprises environ, dont plus d'un million et demi qui n'ont pas du tout de salariés, et qui pourraient créer des emplois. Et qui ne le font pas parce que les contraintes, les dangers, les difficultés...

QUESTION - ... Les charges...

LE PRESIDENT - ... Les procédures, les charges, ne leur permettent pas de le faire. Donc, c'est dans ce secteur qu'il faut d'abord créer les conditions permettant l'emploi. Et elles existent naturellement. Le deuxième secteur est celui des services. Les services à la personne. Nous connaissons tous des personnes âgées, handicapées, malades, des mères de famille qui travaillent et qui ont besoin que l'on s'occupe de leurs enfants. Bref, il y a un immense champ qui, en France, est beaucoup moins exploré que dans les autres pays, de services à la personne dont les experts disent qu'ils peuvent créer environ 500 000 emplois en trois ans. Il faut le faire et c'est l'ambition du gouvernement quand il crée le chèque universel emploi service. Cela c'est chercher les emplois là où ils sont. Deuxièmement, il faut faciliter l'embauche. Nous avons un nombre de jeunes tout à fait considérable au chômage, entre 20 et 25%. Nous avons un nombre considérable de seniors qui n'ont pas d'emploi. Nous avons beaucoup de gens qui sont dans des systèmes de minima sociaux comme le RMI et qui pourraient être réintégrés dans l'emploi. Il faut donc mettre oeuvre les moyens nécessaires, c'est-à -dire en particulier les contrats adaptés aux différents types de situation. C'est le plan de cohésion sociale pour lequel le gouvernement consacre en cinq ans treize milliards d'euros. C'est considérable. Et ce plan de cohésion sociale qui commence, portera forcément ses fruits. Troisièmement, il faut mobiliser tous les moyens. Nous avons encore trop de procédures et d'incohérences dans nos systèmes. Trop souvent les administrations nationales travaillent un peu chacune pour soi, ne sont pas suffisamment dynamisées. Il en va de même des administrations des communes, surtout des départements ou des régions. Et puis, il y a le problème typiquement français de l'ANPE et de l'UNEDIC, qui sont deux voies en réalité séparées.

QUESTION - Et est-ce qu'il y a trop de Français qui refusent des emplois, qui font la comparaison avec le RMI par exemple, qui disent que finalement...

LE PRESIDENT - ... Non. Il n'y a pas trop de français qui refusent les emplois, mais il y a trop de Français qui ne sont pas incités ou encouragés par des procédures adaptées à prendre des emplois qui existent ou qui peuvent se créer. Sur l'ANPE et l'UNEDIC cela ne marche pas, n'est-ce pas ? On a un système qui est tout à fait incohérent. Alors il y a actuellement des négociations entre l'État et les organisations syndicales de travailleurs professionnels et salariés qui doivent aboutir. Sinon il faudra que l'État prenne des mesures de nature législative. Il faut qu'il y ait un guichet. Un guichet unique où chacun puisse aller et avoir les informations et les moyens adaptés à son cas. Guichet unique et accompagnement personnalisé. C'est une nécessité absolue.

QUESTION - On a l'impression que l'on a perdu un peu trois ans, là , Monsieur le Président, quand on vous écoute. Est-ce que l'on relance aujourd'hui un nouveau plan ? On se dit pourquoi on ne l'a pas fait plus tôt ?

LE PRESIDENT - Avant d'évoquer ce point, auquel je peux d'ailleurs répondre directement aussi, mais je voudrais évoquer...

QUESTION - ... Oui, terminez...

LE PRESIDENT - ...Tout simplement parce qu'il y a des moments pour faire les choses, des moments psychologiquement possibles. Je vous l'ai dit pendant très longtemps, nous nous sommes contentés en matière d'emploi, non pas d'inciter au travail mais d'accompagner le chômage. Alors, on est arrivé à des sommets, lorsqu'on a fait les 35 heures, qui nous ont coûté extrêmement cher, moi je ne suis pas contre la diminution du temps de travail dans son principe. C'est dans la nature, je crois, historique de l'homme. Mais fait de cette façon-là , cela a été très, très, très préjudiciable.

QUESTION - Mais l'année dernière, il y avait la croissance. Aujourd'hui, elle semble ralentir...

LE PRESIDENT - Donc, il y a un moment psychologique pour faire une réforme pour qu'elle soit admise, sinon les habitudes l'emportent. Je crois que le moment maintenant est venu et que la passion qui emporte le gouvernement et le Premier ministre actuels, sont des éléments déclenchants pour obtenir des résultats positifs. Mais, et c'est le point sur lequel je voudrais également dire un mot, on y reviendra peut-être, ce n'est pas seulement en gérant le quotidien et en l'améliorant sensiblement, ce qui est un impératif et une possibilité, mais il faut également penser à l'avenir. Cela fait penser aux emplois de demain. Et dans ce domaine, il faut impérativement que la France renoue avec une grande tradition, je l'évoquais tout à l'heure, dans le domaine de la recherche, de l'innovation, et de l'industrialisation. Dans les technologies de demain, c'est une nécessité absolue. La France est un grand pays. Nous sommes actuellement le quatrième exportateur du monde, et le deuxième pour les produits agricoles. Nous avons des moyens considérables, mais il faut prévoir ce que sera demain. Quand nous nous donnons du mal, avec nos amis européens, alors nous faisons Ariane, nous faisons des Airbus, nous faisons ITER, nous faisons Galiléo, nous faisons des choses qui sont la projection dans l'avenir, et qui créent les emplois, et des emplois qui ne se délocalisent pas. Dès demain, il faut donner une forte et nouvelle impulsion à cela. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé un certain nombre de mesures et d'initiatives dans ce domaine.

QUESTION - Alors toujours dans le domaine économique, le 14 juillet dernier, vous nous annonciez la poursuite de la baisse de l'impôt sur le revenu, et le mois dernier votre Premier ministre vous a démenti. Donc apparemment, vous ne tiendrez pas votre promesse de baisser de 30% l'impôt sur le revenu, promesse de 2002. Est-ce que c'est parce que les comptes de la France sont déjà dans le rouge ou peuvent aller dans le rouge sur les normes de Bruxelles ?

LE PRESIDENT - La baisse des impôts en général, de l'impôt sur le revenu en particulier, qui ont atteint des niveaux excessifs, notamment par comparaison avec nos grands pays concurrents, est une nécessité. Naturellement, elle ne peut se concevoir que dans un certain équilibre budgétaire. Nous ne pouvons pas nous lancer dans ce qui a été la politique à partir de 1981, politique de dépenses sans compter, et de déficit qui se creusait, au point de conduire quasiment à la faillite de la France. Donc, il faut s'adapter. Je souhaite toujours la baisse de l'impôt sur le revenu, la poursuite de la baisse de l'impôt sur le revenu pour atteindre...

QUESTION - ... Ce sera l'année prochaine ?

LE PRESIDENT - ... Mais naturellement, ça s'adapte aux moyens dont nous disposons. La croissance étant un peu plus faible que celle qui avait été prévue, notamment en raison des difficultés avec le dollar, avec le pétrole, et d'autres...eh bien, nous sommes obligés de nous adapter. Et l'objectif reste le même.

QUESTION - Et l'ISF, vous allez vous adapter ?

LE PRESIDENT - L'ISF, moi je suis, je le dis tout de suite, tout à fait opposé à la suppression de l'ISF. Parce que je trouve qu'il est normal que la fortune fasse partie des éléments de solidarité.

QUESTION - On peut l'adapter un petit peu ? En fonction de la situation ?

LE PRESIDENT - Je ne sais pas si on peut adapter. Ce que je crois, en tous les cas, c'est qu'il y a un problème, et qui doit être étudié. Il y a incontestablement des délocalisations de capitaux ou d'entreprises qui nous coûtent chers actuellement, incontestablement. Et également des risques de prises de contrôles d'entreprises françaises par des capitaux étrangers. Alors, il faut examiner en détail ces problèmes de façon transparente, de façon concertée, et voir s'il y a lieu ou non d'en tirer des conséquences.

QUESTION - Si la croissance est un peu molle ce qu'on disait, puis handicapée effectivement par le dollar, le pétrole, il y a un moyen de la redoper un petit peu en France ?

LE PRESIDENT - La croissance ?

QUESTION - Ce sera une initiative ou il faut attendre que le retour... ?

LE PRESIDENT - La croissance, je me permets de vous faire remarquer que depuis trois ans, la France est nettement au-dessus de la croissance moyenne de la zone euro, c'est-à -dire des pays de l'Europe qui sont dans la zone euro. Nous avons en gros 0,5 points de croissance de plus que les autres. Ce qui prouve que l'on n'est pas si mauvais. Je tiens à le souligner. Ceci étant, la croissance est fonction d'un certain nombre de considération de nature économique internationale et interne, mais aussi européenne. D'où la nécessité -et nous parlerons je pense, tout à l'heure, de l'Europe-, de relancer l'Europe sur le thème de la croissance, et en particulier, conformément d'ailleurs à ce qu'a évoqué le Premier ministre Luxembourgeois -qui est le Président vous le savez pendant deux ans de l'euro groupe, c'est-à -dire des pays qui ont l'euro en commun- sur une politique européenne plus dynamique en matière de croissance. Cela suppose naturellement une meilleure concertation sans mettre en cause son indépendance, bien entendu, avec la Banque centrale européenne. Il y a là , sans aucun doute, une faiblesse de notre système européen.

QUESTION - ... La Banque centrale ?

LE PRESIDENT - La Banque centrale européenne.

QUESTION - Ils pourraient peut-être changer un petit peu de comportement de temps en temps, c'est cela ? Sans, bien sûr, porter atteinte à leur indépendance.

LE PRESIDENT - Il est certain qu'il doit y avoir au sein de l'euro groupe une préoccupation majeure qui est de renforcer la croissance et que cela ne peut pas se faire sans une relation convenable entre l'euro groupe et la Banque centrale européenne.

QUESTION - Toujours le 14 juillet dernier, vous avez dit que le Président de l'UMP ne pouvait pas être ministre. Qu'est-ce qui vous a fait revenir sur cette règle ?

LE PRESIDENT - Le Président de l'UMP a été nommé ministre, et ceci je m'en réjouis parce que c'était dans le cadre d'une synthèse de toutes les personnalités de la majorité au sens large du terme pour s'engager sur la voie que j'évoquais tout à l'heure, notamment la lutte contre le chômage et la projection dans l'avenir de notre économie. A ce titre, il a donné ses fonctions, pour assumer la présidence effective, à son premier Vice-président, M. GAUDIN. Je trouve cela tout à fait normal.

QUESTION - Vous aviez dit aussi à ce moment-là "je décide, il exécute". On a parfois l'impression que c'est "je décide, il m'exécute" Vous n'avez pas l'impression que de temps en temps, il dépasse la ligne jaune ?

LE PRESIDENT - C'est la règle maintenant dans nos institutions. Le Président de la République prend un certain nombre de décisions en concertation, bien sûr, avec le gouvernement et le gouvernement les exécute.

QUESTION - Oui, mais quand Nicolas SARKOZY, puisqu'il faut peut-être prononcé son nom, lance beaucoup de débat, a-t-il raison de lancer des débats ?

LE PRESIDENT - Il faut toujours lancer des débats.

QUESTION - Mais vous l'approuvez de temps en temps ?

LE PRESIDENT - Nous sommes, je l'ai dit, dans un moment où les Français s'interrogent. On parlait tout à l'heure du référendum, c'est une des raisons aussi qui font que je ne regrette pas le référendum quelles qu'en étaient les conséquences. J'ai été très impressionné par la qualité du débat sur l'Europe à l'occasion de ce référendum. Pour dire la vérité, je n'aurais jamais imaginé - et c'est monté en puissance tout au long des semaines qui ont précédées le 29 mai - que les Français puissent s'investir et s'exprimer de façon aussi forte, dans un sens ou dans l'autre, peu importe, discuter, dialoguer et dire ce qu'ils pensaient de façon aussi forte.

QUESTION - Et le débat sur la récidive, par exemple, ou sur les erreurs de la justice, c'est un bon débat ?

LE PRESIDENT - Là , le débat sur la récidive est un bon débat. Cela ne fait aucun doute. Vous aurez d'ailleurs observé d'une part que des dispositions législatives sont prises à ce sujet et qui vont être en place avant la fin de l'année. Et deuxièmement, vous aurez observé que dans les grâces traditionnelles du 14 juillet, j'ai exclu, pour la première fois, tous les récidivistes.

QUESTION - Quand même, Dominique de VILLEPIN, Nicolas SARKOZY, dans le même gouvernement depuis le début - parce qu'on a toujours un peu mauvais esprit - on se dit "mais cela va durer combien de temps" ? Et qu'elles sont les qualités de l'un et de l'autre ? Est-ce qu'ils sont complémentaires ?

LE PRESIDENT - Je n'ai jamais eu pour vocation de donner des notes aux hommes politiques, aux ministres, et aux Premiers ministres en particulier. J'ai toute confiance dans le Premier ministre pour conduire à bien l'ambition et la mission qui est la sienne, c'est-à -dire de régler concrètement des problèmes qui se posent aujourd'hui, parfois de façon angoissante, aux Français.

QUESTION - Et lequel des deux vous parait le plus apte à vous succéder en 2007 ?

LE PRESIDENT - Je crois que ce sujet est tout à fait prématuré.

QUESTION - Cela veut dire qu'éventuellement vous pourriez vous représenter vous-même en 2007 ?

LE PRESIDENT - Vous le saurez le moment venu.

QUESTION - C'est quand le moment venu ?

LE PRESIDENT - C'est le moment opportun.

QUESTION - Vous teniez quand même à ce que l'action du gouvernement ne soit pas polluée par une campagne électorale ? Vous l'avez dit l'année dernière.

LE PRESIDENT - Je souhaite, naturellement, non seulement que l'action du gouvernement au moment où elle est essentielle et où elle puise dans le débat des Français l'énergie nécessaire pour avancer, ne soit pas polluée naturellement par des débats internes, politiques ou inutiles. Je le souhaite vivement. Je souhaite que tous les hommes politiques et les femmes politiques de la majorité s'associent dans cet effort et fassent preuve par conséquent de solidarité. Chacun peut apporter naturellement sa personnalité mais ensuite il faut être unis, totalement unis, dans l'action.

QUESTION - Vous êtes à l'Élysée depuis 10 ans maintenant, est-ce que vous craignez le "10 ans, cela suffit" qu'ont pu connaître le général de GAULLE ou François MITTERRAND, par exemple ?

LE PRESIDENT - Cela, c'est aux Français de le dire. Ce n'est pas à moi. En tous les cas, ce que je peux vous dire c'est que j'estime avoir assumé mes fonctions comme je croyais devoir les assumer, tant sur le plan intérieur que sur le plan international, pour adapter la France aux évolutions du monde moderne d'une part, et défendre les valeurs et les intérêts français à l'extérieur. Je continue à le faire. Mais en revanche, j'ai puisé fortement dans le message des Français du 29 mai, une énergie, une ambition nouvelle que je fais partager naturellement au gouvernement et qui est celle qu'a exprimée clairement le Premier ministre, pour avancer. Parce que je crois que le moment est venu de le faire, qu'il est psychologiquement possible de le faire dans un certain nombre de domaines essentiels pour l'avenir, pour les Français et leurs enfants. C'est celui du chômage, naturellement, celui de l'industrie, de la recherche, de l'innovation et de leurs réalisations.

QUESTION - Comment peut-on avancer ? Visiblement on est en défense actuellement sur à peu près tous les sujets, y compris sur la PAC ou sur le budget européen. Comment peut-on avancer ? Est-ce qu'il faut faire revoter les Français, par exemple ?

LE PRESIDENT - Je vous ai dit tout de suite que je ne me sens absolument pas en défense. Peut-être ne suis-je pas assez sensible aux commentaires de la presse ou des médias. Mais quand je suis à l'extérieur de la France, je ne me sens absolument pas en défense. Je me sens sûr de moi tout simplement parce que je défends des valeurs sures et qui sont les nôtres.

QUESTION - Ce n'est pas difficile d'être Président d'un pays, d'un grand pays fondateur de l'Europe qui a voté "non" au référendum ? Vous nous aviez dit "On sera le mouton noir de l'Europe".

LE PRESIDENT - Bien sûr, que cela pose un problème. Mais si les Français l'ont voulu ainsi, il faut, dans cette situation, trouver, non pas des raisons de se battre la coulpe mais des raisons de réagir. Qu'est-ce qu'il nous faut en Europe aujourd'hui ? Il nous faut d'abord résoudre les problèmes immédiats. Les problèmes immédiats il y en a deux, entre autres, enfin les plus importants : c'est le budget européen. Il va bien falloir que l'on trouve une solution. Je vous ai dit tout de suite que je ne suis pas disposé à faire la moindre concession sur la politique agricole commune. Nous y reviendrons si vous le souhaitez, parce que je considère que c'est une politique d'avenir et qui est conforme aux intérêts de la France, pas seulement des intérêts des paysans français, mais des intérêts de la France et du monde.

QUESTION - Vous, si vous ne faites pas de concessions et si Tony BLAIR n'en fait pas ... ?

LE PRESIDENT - Eh bien, il faudra que l'on trouve des solutions. Cela, c'est un premier problème. Le deuxième c'est qu'il faut faire attention, qu'à l'occasion de l'incertitude créée, on ne voit pas ressortir des tentatives qui nous inquiéteraient. Je pense à la Directive service ou à la Directive temps de travail. Il ne faudrait pas qu'elles ressortent en raison du flou actuel. J'y serai naturellement très attentif. Ça, c'est le premier point, c'est l'immédiat. Deuxièmement, il faut sortir de la crise institutionnelle. Alors ça, ce n'est pas à nous, naturellement, d'imposer une solution, mais nous pouvons faire des propositions. J'avais proposé, dés le dernier Conseil, vous vous en souviendrez, que nous nous réunissions, tous ensemble, pour examiner les raisons pour lesquelles les Européens, pas seulement les Français, avaient exprimé des craintes, des désaccords sur l'Europe et je me réjouis qu'après que nous en ayons parlé d'ailleurs, le Premier ministre britannique qui assure actuellement la présidence de l'Europe, ait décidé de faire cette réunion à vingt-cinq chefs d'État et de gouvernement pour analyser ensemble les conclusions qu'il faut en tirer, notamment sur le plan institutionnel. Et cela aura lieu à l'automne.

QUESTION - Est-ce qu'on peut imaginer, par exemple, de faire cette réunion sur une partie du Traité constitutionnel ?

LE PRESIDENT - On peut tout imaginer. Il y a une chose simplement qu'on ne peut pas imaginer, c'est qu'il y ait une renégociation. Car personne, naturellement, ne l'a jamais envisagé. Je suis très sévère à l'égard de ceux qui ont expliqué aux Français, pendant la campagne, qu'il pouvait y avoir une renégociation, un plan "B". Parce que, ou c'était de l'incompétence, ou c'était de la mauvaise foi. Mais dans les deux cas, ce n'était pas vrai. Donc, nous avons cela, cette réflexion approfondie qui va être engagée, développée à l'automne. Et puis, il faut surtout continuer à faire avancer l'Europe et notamment l'Europe des projets, ils sont très importants. La France, sur le plan de l'avenir, a pris les devants avec l'Agence d'innovation industrielle. Avec son accord, l'accord franco-allemand et les quatre premiers projets qui ont été décidés dans des domaines de très haute technologie, concernant la santé ou l'informatique. Nous sommes ouverts naturellement à le faire sur le plan européen. C'est un point tout à fait capital et qui doit faire l'objet d'avancées rapides et d'autant plus rapides que nous avons le problème institutionnel que j'évoquais. Il y a la lutte contre le terrorisme. Plus généralement, la lutte pour la sécurité des biens et des personnes, la lutte contre l'immigration clandestine ou excessive, la justice. Dans tous ces domaines, nous devons faire avancer les projets que nous avons déjà , les accélérer ou en imaginer d'autres. Nous avons le problème de la défense. La défense cela marche bien. La France était à l'origine à Saint-Malo de l'Europe de la défense. Cela va bien, cela marche bien. Nous nous mettons en état de nous doter des moyens autonomes d'intervenir chaque fois que c'est nécessaire dans le monde pour défendre nos valeurs, pour défendre nos intérêts. Et il y a également notre Agence européenne de l'armement dont les conséquences technologiques et industrielles sont très importantes. Il faut poursuivre naturellement au rythme accéléré cette Europe de la défense. Vous avez pu voir que les Américains avec Google ont lancé une grande initiative très importante puisqu'il s'agit d'un projet de bibliothèque numérique qui va diffuser la totalité de la culture américaine...

QUESTION - Et qui inquiètent les Français, la Bibliothèque nationale de France...

LE PRESIDENT - ... Pas seulement, à juste titre. Et donc, j'ai proposé que nous lancions immédiatement une bibliothèque numérique. Nous avons nous-mêmes commencé, nous sommes là aussi en flèche, si j'ose dire, en exemple, et nous avons obtenu l'accord de principe de tous nos partenaires pour faire une grande bibliothèque numérique européenne qui permettra de diffuser dans le monde entier la culture européenne. Cela c'est également très important sur le plan de la diversité culturelle. Donc si vous voulez, il y a beaucoup de projets. Je dis un dernier mot, si vous me le permettez Madame CHABOT. Sur tout ceci, nous devons être attentifs. Parce qu'il faut tirer les conséquences aussi des choses, et le faire en meilleure liaison avec l'opinion publique.

QUESTION - Un grand débat : par exemple en France sur l'Europe.

LE PRESIDENT - Le grand débat il a eu lieu, et il a été exemplaire. Mais à tout le moins, faut-il associer -ce qu'on n'a pas fait suffisamment jusqu'ici-, le Parlement. Si on veut avoir un débat, il faut commencer par le début, c'est-à -dire davantage associer le Parlement...

QUESTION - Cela on le dit régulièrement et on ne leur donne pas les moyens...

LE PRESIDENT - ... Eh bien, maintenant on va le faire.

QUESTION - Et les politiques vont arrêter de dire "c'est la faute de Bruxelles, que ce n'est pas nous". Vous savez, nous, on n'y est pour rien, puisqu'on se défoule généralement quand il y a une décision un peu difficile ? C'est la responsabilité de tout le monde cela ?

LE PRESIDENT - C'est la responsabilité de tout le monde. Nous avons tous eu nos torts. Et c'est vrai que, pas seulement en France, un peu partout en Europe, les politiques ont eu trop tendance à dire c'est la faute à Bruxelles quand c'était mauvais, et quand c'était bon, on l'a arraché à Bruxelles.

QUESTION - Vous ne ferez plus jamais cela.

LE PRESIDENT - Il ne faut pas le faire.

QUESTION - Sur tous ces sujets, est-ce que l'autorité du Président se trouve affaiblie quand approche la fin de l'échéance du mandat présidentiel ?

LE PRESIDENT - Je ne peux pas répondre de façon objective à cette question. Je peux simplement vous donner un exemple. Quand je suis à l'étranger, je n'en ai pas du tout le sentiment.

QUESTION - Et en France ?

LE PRESIDENT - En France, c'est aux Français de le dire. Mais, nous venons de faire le G8 en Ecosse. Il y avait deux sujets essentiels, le sujet du climat et le sujet de l'aide à l'Afrique. Sur le climat, il y avait deux positions tout à fait divergentes, celle de nos amis américains et la nôtre qui m'avait conduit deux jours avant l'échéance, à dire très clairement que nous n'accepterions pas si cinq conditions n'étaient pas remplies. Eh bien, elles ont été remplies. Je considère que c'est un pas très important en avant, fait dans la bonne direction. Cela va nous redonner -le fait que les Américains aient accepté de nous rejoindre sur ces points- une capacité d'impulsion qui était bien nécessaire sur un sujet aussi important. Pour l'Afrique, c'était à la demande de la présidence britannique, mais c'est la France qui a fait toutes les propositions et c'est la France qui a obtenu, notamment pour les mécanismes de financement innovant, l'essentiel de ce qui a été obtenu pour l'Afrique. Donc, je vous dis que je n'ai pas du tout le sentiment que l'on puisse prendre aujourd'hui une décision contre la France. Et j'ai, en revanche, le sentiment que, quand la France s'exprime, elle est généralement suivie.

QUESTION - Et on a l'impression, Monsieur le Président, aujourd'hui, que vous avez vu, vous avez entendu ce thème de la France qui perd. Vous avez dit vous-même la France doute. Alors on dit aujourd'hui, vous positivez, vous refusez ce thème de la France qui perd, notamment on l'a dit face à une Grande-Bretagne qui a l'air dynamique, heureuse, alors qu'ici on est morose et on doute de tout.

LE PRESIDENT - Je crois que c'est une question de tempérament. Je crois surtout que les Français ont des raisons, que j'évoquais tout à l'heure, d'avoir des inquiétudes. Et je dirais même que ce sont plutôt des inquiétudes pour leurs enfants, plus que pour eux-mêmes. Il faut donc en tenir compte, mais je le répète, c'est un élément d'impulsion important. Et pour ma part, j'ai confiance et je leur fais tout à fait confiance.

QUESTION - La France ne perd pas, elle doute mais elle ne perd pas?

LE PRESIDENT - Écoutez, la France est aujourd'hui le quatrième exportateur mondial. Nous avons dans presque tous les grands domaines industriels et commerciaux des champions mondiaux. Nous sommes directement associés, ou même à l'origine, de grands chantiers que j'évoquais tout à l'heure, comme Ariane ou Airbus, etc. Nous sommes la deuxième puissance agricole du monde et le premier exportateur de produits agricoles transformés au monde. Un monde qui a de plus en plus besoin d'agriculture, parce que la démographie augmente et que l'on ne pourra plus nourrir les gens. C'est donc notamment la politique agricole commune qui a permis ce résultat, et c'est donc l'un des éléments du monde de demain. C'est l'un des éléments du progrès humain, d'où la nécessité de la maintenir. C'est bien une des raisons pour lesquelles je la soutiens, ce n'est pas uniquement pour défendre les intérêts des paysans français. Cela compte pour moi, vous le savez, mais ça n'est pas seulement pour ça : c'est parce que c'est l'intérêt du monde. Et la sécurité alimentaire ? Tout le monde est inquiet, plus ou moins, de la sécurité alimentaire. Où est-elle le mieux assurée ? Elle est le mieux assurée en Europe, parce que les règles sont très strictes, que nous donnons l'exemple et que nous tirons le monde vers la qualité et la sécurité alimentaire par notre politique. D'ailleurs, ça n'est pas le hasard si notre natalité est la meilleure d'Europe, avec celle de l'Irlande. Bien meilleure naturellement que celle de nos amis britanniques. Cela n'est pas non plus un hasard si, en matière de durée de la vie, la France est au premier rang : c'est là où l'on vit le plus longtemps.

QUESTION - Et là , vous ne pensez pas à la cuisine française ou à la cuisine britannique ?...

LE PRESIDENT - Remarquez qu'on doit rendre à la cuisine française l'hommage qui lui est dû, et peut-être a-t-elle -certainement même- sa part dans la longévité des Français.

QUESTION - Avez-vous dit que la cuisine britannique est la moins bonne du monde ? L'avez-vous dit ?

LE PRESIDENT - Non, je n'ai pas dit cela. Bon, alors, nous avons donc des éléments qui sont extrêmement forts, des éléments de dynamisme. Mais nous avons deux faiblesses, et c'est pour cela qu'il faut se concentrer sur ces points. C'est, d'une part, le chômage, et cela suppose un changement de mentalité, d'accepter une évolution qui permette de donner une priorité au travail par rapport à l'aide pure et simple, au chômage. Et deuxièmement, si nous n'y prenons pas garde, nous n'investirons pas assez sur le plan des technologies.

QUESTION- L'innovation et la recherche.

LE PRESIDENT - On parle beaucoup des délocalisations, à juste titre, c'est inquiétant : il faut réagir et on ne peut réagir qu'unis sur le plan européen. Mais regardons les pays qui évoluent, je prends l'exemple du Japon qui, depuis quelques années, fait des efforts considérables en matière d'innovation industrielle et de recherche, parce que l'innovation industrielle, c'est le résultat de la recherche, d'une façon ou d'une autre. Le Japon commence à relocaliser, parce que ses avantages en matière d'investissements et de technicité compensent -et largement- ses handicaps en termes de salaires et de coûts de revient. Il y a donc là une grande politique qui doit impérativement être mise en oeuvre. Je vais la mettre en oeuvre, et je veux vous dire comment, après que vous ayez posé votre question.

QUESTION - Non, non, allez-y, car nous devons terminer.

LE PRESIDENT - Je terminerai là -dessus parce que c'est peut-être ce qu'il y a de plus important : nous avons en France une recherche qui est traditionnellement très bonne, mais qui doit être maintenant encouragée. Et la recherche, ce n'est pas l'innovation industrielle. Elle obéit à une autre logique : la recherche, c'est en réalité la maîtrise de la connaissance et non pas de l'innovation industrielle. L'industrie, c'est l'innovation, et tout notre problème c'est d'avoir une cohérence entre ces deux efforts qui ne doivent pas être soumis l'un à l'autre, mais qui doivent être rendus cohérents : la recherche et l'industrie. Alors, comment ? J'ai décidé d'un grand plan, que je commence à mettre en oeuvre, et qui va d'abord créer, avec la loi sur la recherche, un Haut comité scientifique qui, comme dans tous les grands pays, sera placé auprès du Président de la République et devra définir les grands axes de la recherche. Deuxièmement, une Agence nationale de la recherche, qui sera dotée de moyens -elle vient d'être créée et des moyens lui ont été donnés- pour la mise en oeuvre de ces grands projets d'avenir. Ces projets émaneront soit des entreprises -tous les Airbus de demain par exemple- soit des chercheurs eux-mêmes. L'un ou l'autre, car souvent les chercheurs ont des trouvailles, des intuitions qui doivent être utilisées. C'est ensuite l'Agence de l'innovation industrielle, qui va être dotée de deux milliards et va probablement être présidée par M. BEFFA, qui en a eu lui-même la conception. Cette agence va encourager les entreprises, en liaison avec les chercheurs, à mettre en oeuvre des grands projets, en étant incité financièrement par l'Etat ou par l'Europe. Et enfin, il y a des pôles de compétitivité que le gouvernement a annoncés, il y a deux ou trois jours, qui consistent à prendre des régions et des sujets donnés, à les rendre cohérents, à mettre ensemble les chercheurs, les entreprises -grandes, petites ou moyennes-, les laboratoires, et à chercher l'excellence dans une discipline ou une industrie donnée. Il y aura des moyens. Nous allons, avec la loi sur la recherche, prévoir six milliards d'euros pour cela. On a créé 3 000 emplois de chercheurs nouveaux cette année, 3 000 l'année prochaine. Il y a donc les moyens nécessaires. Dans ce contexte, je souhaite que l'on soit très, très attentif à la politique énergétique, que l'on ait une vraie réflexion sur notre politique énergétique. On a fait des résultats brillants, brillants au plan mondial. Le choix d'ITER en est un. La troisième génération de réacteurs lancée sur le plan de l'énergie nucléaire en est un autre avec les débouchés considérables que l'on peut prévoir dans l'avenir pour l'industrie française. Mais il y a une cohérence d'ensemble de notre politique énergétique avec tous les moyens à mettre en oeuvre, de Gaz de France, d'EDF, d'Areva, plus un effort particulier sur les énergies renouvelables, notamment le solaire et les biocarburants. Nous devons faire un grand effort. Si nous faisons cet effort, et c'est ce que j'ai défini, et c'est l'une des feuilles de route que j'ai donnée au gouvernement et que je me suis donné à moi-même, alors nous créerons les moyens pour demain de l'emploi et de l'emploi non délocalisable et même probablement de la relocalisation.

QUESTION - Monsieur le Président, on arrive au terme de cet entretien. Une toute dernière question. Est-ce que le principe, la tradition même de cette interview a encore un intérêt ce dont doutait M. SARKOZY avant-hier ?

LE PRESIDENT - Écoutez, c'est à vous de le définir. Pour moi, sans aucun doute, "oui", parce que cela m'a permis de vous dire clairement un certain nombre d'ambitions et je voudrais terminer sur une seule ambition : aujourd'hui, il faut rassembler toutes nos énergies. Ce qui est en cause aujourd'hui, ce qui est sorti du débat du 29 mai, c'est qu'il nous faut l'ambition et le rassemblement. C'est par l'ambition et le rassemblement que nous sortirons des difficultés. Et cela suppose que les politiques donnent l'exemple et qu'ils soient réunis, unis et rassemblés dans le seul objectif de servir les Français.

QUESTION - Donc, on se retrouvera l'année prochaine, au 14 juillet, dans les mêmes circonstances, peut-être pour votre dernier 14 juillet. Nous le verrons bien.

ARLETTE CHABOT - Merci, Monsieur le Président.

PATRICK POIVRE D'ARVOR - Je vous remercie beaucoup.
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Posté par Patrice , le 24-07-2005

Quelle merveille les pathétiques efforts de la fonction publique (Françoise et Batswann entre autres) pour nous faire croire que nous sommes tous humains et donc amis…

Stupide naïveté : nous savons tous que d’innombrables fonctionnaires nous pourrissent la vie à l’année pleine, nous payons assez cher et assez souvent pour le savoir !

D’ailleurs être humain, c’est très bien, mais c’est insuffisant : Hitler, Staline, Pol Pot et quelques autres joyeux drilles de cet acabit étaient humains, semble-t-il… Cela en fait-il des copains fréquentables ?

Non, désolé, tout le monde il est pas beau et tout le monde il est pas gentil… C’est dommage car tout serait plus simple, mais c’est ainsi !

Il y a les profiteurs et ceux dont on profite, les voleurs et les volés, les esclaves et les maîtres, les geôliers et les prisonniers … Tous humains sans doute, mais nettement divisés en deux catégories : les emmerdeurs et les emmerdés !

La fonction publique, avec la complicité des politiques, dispose de tous les pouvoirs… C’est déjà un problème, mais le drame c’est qu’elle en profite pour creuser le déficit de 60 milliards d’Euros par an tout en augmentant les impôts et les taxes sans aucune retenue…

Ces crétins décérébrés s’imaginent avoir le droit de nous mettre des dettes sur le dos pour les 20 ou 30 ans à venir (en supposant que nous devenions enfin raisonnables, ce qui n’est visiblement pas leur cas)

Il existe, bien-sûr quelques fonctionnaires honnêtes, sincères et travailleurs (j’ai déjà vu des policiers poser 20 PV à l’heure sur les pare-brise des contrevenants, ce qui est un exploit)

Cela ne change en rien le fait que nous n’avons besoin que de 2.500.000 fonctionnaires alors que l'on nous en inflige 5.000.000, à vie, retraite comprise…

C’est trop cher et nous ne voulons ni ne pouvons plus payer, est-ce assez clair ? De plus nous refusons que le confort de tous ces bras cassés soit financé par nos enfants nés ou à naître !

Un chef de famille ou d’entreprise qui gérerait ses finances comme le fait la France serait interdit bancaire depuis longtemps, déclaré en dépôt de bilan et sans aucun doute en prison pour faillite frauduleuse… Notre brillante fonction publique se charge de faire respecter ces règles élémentaires par les autres… Avec la plus extrême sévérité : faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !

Désolé, Françoise, vous êtes probablement une fonctionnaire acceptable, mais vous m’écrivez sur un ton qui me déplait et vous profitez d’un système inacceptable, totalement failli et qui n’a plus aucune chance de survie. Les avantages acquis n’existent que dans l’imaginaire des imbéciles : vous pouvez accumuler toutes les richesses que vous voulez, lorsque vous êtes mort, au mieux, vous avez un suaire de chez Dior…

De la même façon les promesses de politiques irresponsables et qui ne savent pas compter sont évidemment caduques : ne comptez pas sur l’emploi à vie, et pas davantage sur la retraite dorée sur tranche ! Ce sera une révolution : l’État n’honorera pas ses engagements… Comment ferait-il pour les honorer ?

Être dans le mur c’est exactement ça : quand rien ne continue, quand tout s’arrête, quand on compte les morts et les blessés…

Merci à nos Politiques, de droite comme de gauche, de nous avoir mis là… Merci à tous ceux qui ont cru pouvoir profiter du système, merci encore à tous ceux qui se croient autorisés à nous emmerder au nom de lois que nous n’avons jamais lues, faute de temps (il faudrait 12 heures par jour pour lire le Journal Officiel, c’est amusant, non ?)

Les positions précaires, depuis 30 ans, c’est dans le privé…

Le chômage, dans le privé…

Les horaires pénibles, dans le privé…

La retraite minable et très tard, dans le privé…

La Cour du Roi Chirac ne se gêne pas pour faire glisser ses plats fins avec du château Margaux, du château Yquem ou du Dom Pérignon… Aux frais de nos enfants puisque nos fantastiques impôts et taxes ne leur suffisent pas !

C’est la honte totale, mais nous allons changer la règle : la précarité pour la fonction publique, dur, dur !

Vous avez juste oublié que le peuple est souverain et que l’article II de la Constitution de 1792 prévoit qu’il est légitime de résister à l’oppression.

Le Non à l’Europe n’est pas innocent : la France en a soupé de ses oppresseurs, elle va le montrer en 3D très vite… À force de tirer sur la ficelle, il y a toujours un moment où elle casse, regardez donc les comptes de la nation sur le site officiel de l’Insee : http://www.insee.fr/fr/home/home_page.asp vous comprendrez, si vous savez lire les chiffres, que nous sommes “game over” !
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Posté par Patrice , le 26-07-2005

Ah ! Laurent, vous êtes un intellectuel…

Bien-sûr TF1 est une chaîne nulle, vous avez trouvé ça tout seul ?

Pour ma part je ne regarde guère qu’ARTE ou FR3, c’est vrai… Mais je digère mal les 110 Euros de redevance x 30.000.000 de foyers = 3.300.000.000 d’Euros, soit 21.615.000.000 de francs (jolie somme, non ?) D’autant plus que la pub est omniprésente sur les chaînes publiques !

Cela veut-il dire, comme je le soupçonne, que le public coûte beaucoup cher que le privé ? Que le public se met à 3 pour faire le travail dont un seul s’acquitterait facilement dans le privé ? En se foutant royalement de financer le confort d’un travail “pas foulant” sur le dos du contribuable ?

Je ne peux pas le croire, rassurez-moi, Laurent, dites-moi que ce n’est pas vrai, et prouvez-le, s’il vous plaît !

Vous aviez raison de parler de télévision, vous voyez !

Il ne me semble pas être démagogue (je ne cherche pas d’électeurs) ni populiste… Pour ce qui concerne mon inculture je vous laisse la responsabilité d’une appréciation dont le ridicule n’éclabousse que vous…

Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est un plaisir de fin gourmet… Vous le saviez ?

Pour ce qui est du QI, ne vous déplaise, je tourne autour de 160… Vous voulez faire la course ? Ou bien êtes-vous, selon la définition de Pierre Desproge : “un joueur de football dont le quotient intellectuel n’atteint qu’assez exceptionnellement le niveau de la température anale.”

Allez, trêve de plaisanterie, vous n’avez pas toujours tort : il existe des fonctionnaires utiles, dévoués, travailleurs et même courageux ! Médecins et infirmières, sapeurs pompiers…

Les policiers… J’ai un petit doute : toujours plus nombreux ils se consacrent à racketter les automobiliste en attendant le jour où ils pourront tirer dans la foule, quand elle se fâchera !

Entre 1940 et 1944, ils étaient formidables aussi : ils aidaient nos amis allemands à capturer les juifs pour les expédier vers la mort vite fait bien fait ! Vous voyez bien que les fonctionnaires sont des gens charmants et innofensifs : ils font là où on leur dit de faire, c’est même pour cela qu’ils sont payés… Et ils tiennent à leur salaire, croyez-moi !

Les enseignants font un métier difficile et fatigant (avec un nombre d’heures très faible : entre 17 et 20 heures de cours par semaine dans le secondaire)… Qu’ils ne prétendent surtout pas éduquer nos enfants (c’est la seule responsabilité des parents !) mais tout au plus les instruire : EDUCATION NATIONALE : Non, INSTRUCTION PUBLIQUE : Oui !

Vos parents sont certainement charmants, et je leur souhaite de profiter de leur retraite…

Les fonctionnaires ne sont pas des Parias et je suis formellement opposé aux discriminations… Mais je suis obligé de constater que nous ne pouvons pas continuer à traîner 1.065 milliards d’Euros de dettes, plus 950 milliards d’Euros de retraites (de fonctionnaires) non provisionnées en creusant le déficit de 60 milliards d’Euro par an…

Alors, comment fait-on ? On continue tranquillement sans se poser de questions, en laissant des dettes monstrueuses à nos enfants ?

L’ennui, avec les dettes, c’est qu’il faut les rembourser un jour… On commence quand, Laurent ?
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Posté par Françoise , le 28-07-2005

je vous renvoie pour la réponse à cet article du journal le Point :

"Chômage
Boulot : ceux qui disent non

Film - Il y a même des chômeurs heureux. Difficile à croire. Et pourtant, une petite frange de la population n'a plus de complexes à pointer à l'ANPE et à toucher le RMI.

Stéphanie Marteau

Le réveil ne sonne plus chez Fabrice. Fini, les bousculades dans le RER et le regard vide devant la télé en rentrant du boulot. Fabrice, 30 ans, a choisi d'être chômeur volontaire. Sans complexe. Il ressent comme une libération ce que la majorité des sans-emploi vivent comme un drame.


Avec son documentaire donnant la parole à des chômeurs heureux qui préfèrent se débrouiller avec le RMI, Pierre Carles lance un pavé dans la mare. « Ces gens existent, explique le réalisateur, mais ils sont invisibles dans les grands médias. » Le sociologue Michel Pialoux résume leur position : « Quand l'Etat providence donne des subsides, plutôt que de prendre un travail d'esclave, on met les voiles. »

C'est en 1996, en Allemagne, que paraît le « Manifeste des chômeurs heureux », suivi d'un livre, « Moins de bâton, plus de carotte ». Dès qu'ils découvrent le Manifeste, Fabrice et Alain s'empressent de monter un site internet en France. Sur la page d'accueil, on peut lire : « Etre un chômeur heureux, c'est faire preuve de lucidité et d'un certain courage. » Parisiens, la trentaine, ils tiennent un discours sur le chômage décomplexé, même s'ils n'osent pas renoncer définitivement à toute activité salariée : « Nous ne sommes ni des rebelles ni des ermites. On ne veut pas se couper de la société de consommation, mais justement en profiter au maximum », affirment-ils. Ils alternent les périodes de travail et de chômage afin de bénéficier des Assédic le plus longtemps possible.

Comme le dit un émule de Bourdieu, Stéphane Beaud, « remonter le compteur des Assédic à bloc, c'est une façon de vivre sa jeunesse ». Fabrice et Alain retournent la flexibilité à leur avantage : « On ne veut pas prendre le bloc de quarante ans de travail d'un coup. » Après le bac, ils se sont lancés dans l'informatique, un secteur dans lequel ils sont relativement bien payés mais où, comme ailleurs, l'activité est précaire. Avec 1 000 euros par mois, ces passionnés de bateau ont passé quelques mois sur les mers et océans qui bordent l'Europe et prévoient d'autres voyages. « Les trous dans le CV, ça se comble : un patron est toujours intéressé par une expérience humaine inédite ! »

Au Medef, on s'insurge : « Ces gens bénéficient de la solidarité publique, qui n'a pas pour but de les rendre heureux mais de les réintégrer », s'étrangle Jean-François Baron, qui suit le « pôle social ». Même réaction chez le ministre de l'Economie et des Finances, Francis Mer, pour qui « nous devons impérativement faire de notre pays une terre favorable à ceux qui ne comptent pas leur peine » (Le Figaro, 15 septembre).

Sylvie, une douce mère de famille de 36 ans, ne voit pas les choses de la même façon. Pour elle, le chômage est un « cocon » qui la protège des violences du monde du travail. « J'ai un budget de 1 200 euros par mois, dit-elle. Mais c'est amusant, le système D ! Depuis que je suis au chômage, j'ai développé des capacités d'adaptation hallucinantes ! » Sylvie, chômeuse, n'ira pas se confesser dans un talk-show tire-larmes.

Séparée du père de ses enfants, elle était consultante dans un cabinet de replacement lorsqu'elle a été licenciée en décembre 2001. Elle passe souvent au siège d'AC ! (Agir ensemble contre le chômage) et ne voit pas de paradoxe à militer dans une association qui réclame des emplois pour tous alors qu'elle-même s'en passerait volontiers : « A AC ! il y a beaucoup de chômeurs heureux, explique-t-elle. Nous sommes là pour préserver les intérêts des sans-emploi, pas pour pleurer ensemble ! »

Pour Sylvie, la perspective de rogner les droits des chômeurs est préoccupante. Aussi tente-t-elle parfois sa chance sur le marché de l'emploi. Pour voir. « Vous n'êtes pas une battante, vous ne savez pas vous vendre ! » lui a asséné un « recruteur », comme elle l'appelle. « Le monde du travail est dur pour les gens comme moi. Les patrons veulent des gens sûrs d'eux, comme si c'était un signe d'intelligence ! » soupire-t-elle.

Le poids du regard des autres
Henri Vacquin, sociologue du travail, s'interroge sur cette marginalisation consentie. « J'ai du mal à me faire à la mythification du clodo. Je crois que c'est une posture qu'adoptent certains RMistes pour que leur situation soit plus acceptable à leurs propres yeux. C'est toujours plus facile de se dire qu'on a choisi sa vie... » Selon le sociologue allemand Ulrich Beck, le vrai problème du chômeur se trouve dans le regard de l'autre, qui associe le chômeur volontaire à une sorte de parasite : « Les chômeurs sont priés d'être malheureux comme les pierres. On ne supporte pas qu'un chômeur ait enfin le temps de faire ce qu'il a toujours voulu faire. Pour l'opinion, c'est un affront. »

Daniel, barbu d'une cinquantaine d'années, Parisien installé dans le Périgord noir depuis 1985, connaît le poids du regard des autres et leur « scepticisme » face au mode de vie qu'il s'est choisi. Grand, volubile, rien ne vient égayer le regard un peu triste de l'idéologue en chemise à fleurs qu'il est devenu. Arrivé en fin de droits, cet ancien architecte se débrouille aujourd'hui avec le RMI, 320 euros par mois. Par choix, par philosophie. Sa soeur et son beau-frère, chef d'entreprise, lui font régulièrement remarquer qu'ils « paient » pour lui. « A mon âge, ça devient dur. Mes copains sont devenus de vieux cons. Un jour, l'un d'eux m'a dit : "Mon pauvre, tu es tombé bien bas, d'architecte tu es devenu Sdf." » La Caisse d'allocations familiales paie le loyer de son petit appartement, accroché sur les hauteurs d'un village proche de Sarlat, où il accumule des monceaux de paperasse. Les services sociaux du département lui offrent l'électricité. Une partie de ce qu'il lui reste passe dans son forfait Internet. Il profite des SEL, un système d'échanges alternatifs... Grâce à ce réseau bien rodé dans le Périgord, Daniel troque son savoir contre des denrées ou des biens matériels.

Daniel avoue avoir déjà mangé aux Restos du coeur : « Bien sûr, ce serait plus facile de faire comme certains de mes amis RMistes, qui travaillent au noir. Mais je veux vivre selon mes principes : ce n'est pas parce que je n'ai pas les moyens de consommer que je ne suis pas un citoyen comme les autres. » Sur sa carte de visite, il se présente comme « créateur de lien social » : « Ce qui m'importe, c'est d'être utile à la communauté, ce n'est pas combien je gagne. » Il sourit dans sa barbe quand on le traite de soixante-huitard : « En 68, je ne pensais pas du tout comme ça ! Je voulais tout, de l'argent, du travail... C'est normal, quand on est jeune ! C'est plus tard que je me suis posé la question : est-ce que j'ai besoin d'avoir un niveau de vie tel qu'il m'oblige à travailler dix ou douze heures par jour ? » Pour Daniel, à l'évidence, la réponse est non

Le chômage dédramatisé
« Attention, danger travail », le film de Pierre Carles, est une immense provocation. Pas évident de prétendre que, comme le tabac, le « travail tue » au moment où, catastrophe nationale, le nombre de chômeurs ne cesse de croître, les délocalisations s'accélèrent, les plans sociaux se multiplient... Où on assiste - certains évoquent même Vichy ! - à une sanctification inhabituelle du travail de la part de la droite (« L'avenir de la France n'est pas d'être un immense parc de loisirs » : Jean-Pierre Raffarin) comme de la gauche (« Le travail, c'est fon-da-men-tal » : Laurent Fabius). Une gauche justement coupable, pour la droite, d'avoir, avec les 35 heures, légalisé « le droit à la paresse ». Retour sur les 35 heures, réduction de la durée de l'Allocation sociale de solidarité pour les chômeurs en fin de droits et invention du Rma (un Rmi versé à ceux qui travaillent...) : le gouvernement Raffarin ne reste pas inactif.

Des initiatives qui sont perçues comme autant de provocations par les réfractaires au métro-boulot-dodo, plutôt jeunes, célibataires, intellos. Le film de Pierre Carles, plus qu'une apologie de la fainéantise, est un rejet du travail abrutissant à la chaîne, mais surtout des petits boulots précaires et mal payés, des hiérarchies imbéciles. Car on ne croit guère au bonheur des chômeurs appelés à témoigner. L'intérêt du film, c'est qu'il invite à réfléchir sur la montée du phénomène des « travailleurs pauvres », comme sur le contenu et le sens du travail, sa place dans une vie, la dose quotidienne de stress acceptable... En 1968 (le Rmi n'existait pas), certains sont partis élever des moutons dans les Causses. Aujourd'hui, d'autres campent plus volontiers dans les villes. L'histoire se répète. A la marge. Patrick Bonazza


le point 24/10/03 - N°1623 - Page 96 - 1489 mots

à vos claviers pour les commentaires !
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Posté par Françoise , le 28-07-2005

Les raisons du chômage :

- économiques :

Comment nier que tous les changements survenus ces vingt à vingt cinq dernières années ont totalement bouleversé la donne économique, pas seulement nationale, mais européenne et internationale. Les chocs pétroliers à la fin des années 70 ont été le signal du changement et le début d’une prise de conscience de l’existence, côté occidental particulièrement, du « monde extérieur ».

Depuis vingt ans, notre univers économique a été profondément bouleversé grâce ou à causes du progrès scientifique, informatique, technologique. Toutes nos valeurs d’avant … 68, ont été remises en cause. En avons nous jamais vraiment tiré les conséquences ? nous n'avons pu su gérer ce progrès. Notre société s'est comporté en apprenti sorcier... et nous assistons, ébahis, aux conséquences...

- politiques :

Le courage de la classe politique reste à démontrer, tant il est facile de gouverner quand tout va bien et évidemment difficile de prendre les décisions qui s’imposent quand on a en tête d’arriver au pouvoir puis de le garder…

N’est ce pas là ce qui pourrit notre système politique : l’envie et le besoin de durer quoiqu’il arrive… la soif de pouvoir est la « valeur » qui se partage le mieux au sein de la classe politique - et je ne parle pas que pour la France. D’ailleurs, tout homme politique qui n’aurait pas l’ambition de durer et ne ferait pas de promesses - qu’il se sait d’avance incapable de tenir - sera rayé des listes en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Faut il donc penser que le peuple préfère qu’on l’embobine, plutôt qu’on lui dise la vérité ?

Si on lui dit la vérité il la refuse, si on la lui cache, il a toujours beau jeu de reprocher qu’on la lui ait cachée… gagnant - gagnant… à tous les coups, çà marche !!


- les boucs émissaires :

1. La classe politique bien sûr :

* ils font ce qu’ils disent et… quand çà arrive, ils sont virés pour avoir fait ce qu’ils avaient dit qu’ils feraient.

* Ils ne font pas ce qu’ils disent : ils sont virés, çà arrive aussi ou alors ils promettent - juré, craché ! Oui, cette fois, ils ont compris et font de nouvelles promesses et… sont réélus…pour évidemment ne pas tenir…

2. Les fonctionnaires :

Des boucs émissaires, il en faut, et ceux-là, ils sont tout trouvés, pratiques à utiliser, peuvent difficilement se défendre, donc « gagnants » à tous les coups…

- le facteur « humain » :

N’en déplaise à Patrice, oui, malheureusement Pol Pot, Staline, Hitler étaient outrageusement humains. On voudrait penser que les humains ne sont pas comme çà, pour autant quand on voit toutes les atrocités perpétrées à longueur de temps, à travers toutes les époques et tous les continents, les clones… « humains » de ces trois-là, existent à travers toute la planète.

L’humanité est la chose la mieux partagée en ce bas monde, avec ses forces et ses faiblesses.

L’humain n’est pas parfait, s’il l’était çà se saurait et nous n’en serions pas là, ni en France, ni dans le monde. Il faut donc composer avec l’humain et espérer que la meilleure part de lui-même saura prendre le dessus de la part la plus négative (suis je trop idéaliste ? C’est possible ..)

Pour en revenir à nos « moutons » (chômeurs ou non), il n’y a pas de recette miracle, et donc deux solutions s’imposent :

- la solution démocratique :

On assiste à une véritable prise de conscience collective où chacun (chômeurs, fonctionnaires, travailleurs privés, chefs d‘entreprises, personnalité politique et j‘en passe) assume désormais ses choix sans imputer la responsabilité de ses choix, ni leurs conséquences, à son voisin.


- la solution totalitaire (M. Le Pen se fera un plaisir de nous rendre ce service)

Tout le monde « marche » au pas, on nous dit ce qu’on a à faire, on n’a plus à penser :

* les fonctionnaires sont virés,
* les chômeurs sommés de travailler,
* les impôts ont disparu,
* les femmes priées fermement de rester à la maison prendre soin de leur progéniture. Messieurs, à vos responsabilités.. familiales !! - Les prestations familiales - j’ose espérer - seront encore généreusement distribuées
* les communistes, et autres hérétiques (étrangers inclus ou plutôt exclus) priés de mettre les voiles…

bref … un vrai BONHEUR!!

Alors à vos isoloirs en 2007 !

Et cette fois, c'est promis ?
pas de remords de conscience au deuxième tour ?!


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Posté par Françoise , le 29-07-2005

Un certain nombre de choses sont en train de changer dans la fonction publique, et il serait bon que le grand public vienne à en prendre connaissance , plutôt que de tirer des conclusions et collée une réputation ou plutôt une étiquette sur la peau de nos fonctionnaires, cette étiquette vieillit, il serait temps d'en changer.

Les budgets qui explosent, je suis désolée mais c'est terminé, la LOLF mise en place à partir de 2006 y veillera encore plus :

il s'agit d'une nouvelle réglementation
des finances publiques (proposée par M. Fabius il y a presque 20 ans !!) qui remplacera la loi organique de 1959 - qui a vieilli reconnaissons le - pour une gestion différente, plus "souple" en terme de répartition des crédits et éviter justement ce gonflement répétitif des dépenses avec le renouvellement annuel systématique des crédits et permettre un contrôle plus rigoureux - en fin d'année - normalement effectué par les parlementaire qui, s'ils veulent bien s'en donner la peine, devront peut être se former plus sérieusement aux finances publiques pour y comprendre quelque chose et se donner la peine d'assister plus régulièrement aux séances de l'Assemblée à laquelle ils ont été élus.

Du moins, ai je pour ma part la "chance" de travailler dans une fonction publique assez "spécifique" (affaires étrangères), laquelle représente 1% du budget de l'Etat (j'ai bien dit 1%), avec environ 13.000 personnes dont un bon tiers sont des recrutés locaux à l'étranger (donc pas des titulaires). Il y a environ 140 missions diplomatiques réparties à travers le monde : Ambassades - consulats et chancelleries.
Des suppressions de missions ont lieu pour permettre des créations dans de nouveaux pays (exemple : anciennes républiques sovietiques).

Les glandouilleurs chroniques ne font pas recette.

Il faut aussi savoir que dans les dix ans qui viennent, 50 % des fonctionnaires partiront à la retraite (oui 50%), les recrutements ont déjà commencé, ne pensez pas que les 50% partants seront tous remplacés !

l'administration vit encore avec l'étiquette de sa mauvaise réputation, à une période où il faut le dire on cherche des "coupables" (j'ai déjà évoqué la chasse aux sorcières dans ce débat, je crois que ce n'est pas faux d'y penser)

peut être que les grèves de transport (autre administration particulière et toute puissante) ne rendent pas service à notre image : car n'est ce pas celle qui gêne le plus et le mieux nos concitoyens(fonctionnaires compris), faut il en tirer pour conséquence, à ce point là et tel que je le lis depuis quelques temps dans ce débat que les fonctionnaires sont à ce point, des glandouilleurs ?

Autre point à considérer : si les finances publiques explosent, il faudrait peut être aussi ne pas considérer les seuls salaires des fonctionnaires, mais bien la façon dont l'argent public est utilisé.

Par ailleurs, on a tendence à penser fonction publique d'Etat : seulement voilà, il existe aussi deux autres fonctions publiques : hospitalière et territoriale. Une guéguerre s'est instaurée entre l'Etat et les collectivités pour savoir qui paierait quoi.

Si l'Etat délégue ses compétences et pas les crédits qui vont avec, on peut le regretter, néanmoins, il y a tout de même aussi au niveau local maintenant et de plus en plus, une responsabilité.

Les élus locaux sont de plus en plus sollicités et responsables de ce qui se passe dans la Région (conseil régional) le Département (conseil général) la commune (municipalité sans compter les regroupements de communes en tous genres).

On en vient à des compétences partagées mais aussi doublées et plus personne ne s'y retrouve car c'est devenu trop compliqué : chacun rejette (là aussi) la responsabilité et la compétence sur le voisin : qui fera ? qui paiera ? (les infrastructures - les réparations - les constructions etc, etc...)

de passage à Montpellier :
j'y ai vu un hôtel de la Région impressionnant !
Alors on finance aussi le prestige mais comment ?

Donc, il faudrait peut être s'informer de façon plus précise sur ce qu'est la fonction publique et ce qu'elle fait avant de tirer des conclusions un peu trop rapidement sur ces fameux fonctionnaires glandouilleurs.

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Posté par FFZ , le 30-07-2005

Je lis Patrice parler en permanence d'insurrection, de mettre à bas le système et touti quanti.

Après tout, pourquoi pas, il y a un certain nombre de trucs qui marchent pas et une révolution permettrait de tout remettre à plat.

Mais il y a tout de même un truc qui me titille dans son raisonnement : il et pour mettre toutes les "faignasses" (chômeurs, fonctionnaires...) au travail d'un côté, et mettre à mal le système d'imposition français (dont découlent un paquet de trucs genre Sécu, école gratuite et obligatoire, routes entretenues gratuitement...). C'est quoi la révolution qu'il prône ? Un mélange de Madelin et Sarko ? Chez moi, on appelle ça Le Pen ou de Villiers...

Faire une révolution a pour but de mettre en place un nouveau système et essayer des trucs nouveaux. Adolf on connaît et, pour revenir au débat qui nous intéresse, il a effectivement réduit le chômage de manière drastique. Mais avec des millions de morts à la clef.

Perso je garde une préférence pour Roosevelt et son New Deal (et grands travaux) qui ont tout aussi réduit massivement le chômage...
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Posté par Patrice , le 31-07-2005

Ah ! L’étiquette des fonctionnaires, voilà un sujet intéressant !

D’abord qui donc a mis cette étiquette dans leur dos ? Les méchants aigris du privé ? Des désagréables comme moi ? Des imbéciles qui ne comprennent rien à rien ? Des radins qui rechignent à donner aux courageux serviteurs de l’État tout l’argent qu’ils méritent ?

Mais ne l’auraient-ils pas écrite eux-mêmes, cette étiquette… À force de grèves qui prennent le public en otage, à force d’augmentations d’effectif et de salaires incessants, à force de retraites scandaleusement plus confortables que dans le privé…

Il est vrai qu’ils tentent de cacher qu’ils travaillent peu et mal… Mais, même pour ça, ils ne sont pas très doués !

Et voilà l’étiquette !

Il y a pourtant des variétés très diverses de fonctionnaires et assimilés, depuis le pompier ou l’infirmière (utiles et courageux) jusqu’aux scribouillards préposés au recouvrement de la taxe audiovisuelle (sans commentaire !)

Seulement l’embauche d’un mauvais fonctionnaire, au tarif plancher : 1.200 Euros par mois, représente une charge de 1.200 (salaire) + 800 (charges) x 12 mois x 60 ans = 1.440.000 Euros, près de 10.000.000 de Francs… Il ne faudrait pas trop se tromper, à ce prix-là !

Allez, il ne faut pas s’inquiéter, dormez tranquilles bonnes gens : tout cela va changer ! Par exemple nous allons diminuer les effectifs de la fonction publique cette année ! Moins 5.000 (0,1%) Magique, non ? J’ajoute q’il ne s’agit que d’une déclaration de bonnes intentions, il est très probable que nous aurons, en fait, 20.000 fonctionnaires de plus l’année prochaine (20.000 fois 10.000.000 de Francs, et plus si compétence, à notre charge… Ou plutôt à la charge de nos enfants et petits enfants)

Donc faux et archi-faux : plus ça change, plus c’est pareil… Voire pire !

Je n’ai rien contre les fonctionnaires, avec quelques conditions :

· Que leur effectif, en France, soit plafonné à 2.500.000 (12% des actifs) au lieu de 25% aujourd’hui.

· Qu’ils daignent se souvenir qu’ils sont au service de la collectivité (et non l’inverse !)

· Qu’ils acceptent une certaine précarité de leur emploi (pourquoi devrait-on leur garantir l’emploi à vie, finalement ?)

· Qu’ils renoncent à des retraites scandaleusement plus favorables que dans le privé afin que ce dernier soit moins défavorisé !

· Qu’ils cessent de poursuivre (de jour comme de nuit) les contribuables et les automobilistes en les présumant coupables… Pour mieux les racketter !

· Qu’ils cessent de prétendre “éduquer” nos enfants et qu’ils se contentent de les “instruire”, ce qui serait déjà très bien, et largement suffisant !

Vaste programme !

Dernier détail : je lis ici et là, parfois en filigrane, que les taxes et impôts sont finalement bons car ils permettent l’accès à des routes, des soins, des écoles gratuits…

C’est totalement faux, d’abord parce que nous avons pré-payé (ce qui est le contraire du gratuit)… Ensuite parce que nous payons beaucoup trop cher ! Notre argent est très mal employé : même la Cour des Comptes le signale chaque année… Ce ne sont pourtant pas des révolutionnaires ! Mais ils savent compter, ce qui ne semble pas être la qualité principale des français, hélas !
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Posté par Patrice , le 31-07-2005

Quelques commentaires :

· Je ne souhaite virer que la moitié des fonctionnaires (tous statuts confondus) soit 2.500.000 personnes sur 5.000.000 !

· Les chômeurs ne sont sommés de rien du tout (j’ai connu le chômage à plusieurs reprises en tant que cadre supérieur) La collectivité a le devoir de faire en sorte que tout le monde puisse travailler, y compris en créant des entreprises productives et performantes avec l’argent des impôts (pour une fois qu’ils seraient intelligemment employés)

· Chômeurs et fonctionnaires virés doivent donc trouver du travail vite et facilement, s’ils veulent changer ils peuvent le faire aussi (j’ai très bien connu, il y a 30 ans, le temps ou il fallait 15 jours pour trouver un nouveau job, mieux payé et plus intéressant… Il suffit que l’offre soit supérieure à la demande)

· Les impôts ne peuvent pas disparaître : il faut financer les fonctions régaliennes de l’État… Ainsi que la création de très nombreuses structures productives (à privatiser le plus tôt possible, évidemment !)

· Les femmes peuvent travailler si elles le souhaitent, nous avons besoin de tout le monde pour faire tourner le pays dans une économie mondiale ultra compétitive !

· Les communistes peuvent aller faire un stage au Vietnam (Chine ou Cuba en option) pour étudier comment et pourquoi une économie communiste ne “marche” pas : je passe un mois par an là-bas… Ils n’ont repris espoir que depuis l’abandon des théories communistes, et aujourd’hui encore le salaire de base est inférieur à 50 $ US par mois !

· Les Étrangers sont les bienvenus en France, terre d’accueil, à l’exception des affiliés d’Al Quaïda qui sont priés d’aller s’entre-tuer chez eux… Éventuellement fermeture et destruction de toutes les Mosquées et écoles Coraniques sur notre sol : nous ne sommes pas obligés de supporter l’enseignement de théories selons lesquelles nous sommes des mécréants et des chiens d’infidéles : démocratie ne rime pas forcément avec idiotie !
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Posté par Laurent , le 01-08-2005

Merci à Francoise et FFZ qui permettent d'élever le débat .

En effet ce n'est certainement pas en montant une partie de la population contre une autre , que nous arriverons à faire avancer le pays, ni en nous entre-tuant que nous construirons l'avenir.

La notion de " grands travaux " , de nouveaux projets , constructifs et emblématique d'une nouvelle société est certainement plus constructive.

Les chantiers ne manquent pas .

Combien de dizaines de milliers d'emplois pourraient par exemple être crée dans les domaines du développement durable, a l'heure ou chacun s'accorde à dire qu'il y a urgence à raisonner et travailer autrement, tant en matière d'utilisation , de protection ou de gestion des ressources naturelles, en matière d'énergies renouvelables,…. .

Utopie, idéalisme, foutaises diront certains. D'autres penseront m'insulter en me taxant d'écolo ( ou pire encore, de fonctionnaire du ministère de l'environnement !!!…) mais tant que de telles initiatives resteront lettre mortes , alors …. Nos enfants nous diront merci .

Combien de milliers d'emplois pourraient être créer dans le domaines de l'éducation ( pardon, de l'instruction) lorsque l'on voit les difficultés toujours plus grandes que rencontrent les différents personnels de l'éducation Nationale ( même avec 18 h Hebdomadaires de cours , avec des classes de 38 gamins , je ne connais pas de profs , en ZEP ou ailleurs, qui ne soit pas éreinté en fin de journée).

Utopie , idéalisme, foutaises diront toujours les mêmes ….

Combien de milliers d'emplois pourraient être retrouvés dans nos campagnes, désertifiées, entre autres, par les successifs plans de suppressions de services publics jugés non rentables, (alors même que les populations des zones rurales paient tout autant que les autres leurs part d'impots)

Utopie , idéalisme,socialo-comunistes criera la meute….

Nos grands parents et arrieres grands parents , prives de dispensaire , de bureau de poste , de transports publics ….. ou tout simplement , décédés à l'été 2003, dans l'ambulance qui les transportaient dans le dernier hopital public encore ouvert dans la région , nous disent déjà merci.


Je noirci le tableau diront certains. Peut être en effet , mais est ce pour autant que nous devons continuer à poursuivre les mêmes politiques d'abandon d'un modèle social auquel nous tenons , politiques d'abandon qui nous mènent droit dans le mur . Ce n'est pas en laissant sur le coté de la route une part toujours plus grande de la population , que notre société pourra évoluer, et c'est tous ensembles ( femmes y compris , malgré le désir de certains à vouloir les enfermer à la maison , des propos d'un autre age!!!) que nous aborderons sereinement les défis qui nous sont lancés , tout en gardant à l'esprit que le principal objectif ne doit rester que celui d'une société qui placerait l'être humain au centre de ses préoccupations.

Les sources d'inspirations tant en matiere sociale qu'économiques sont nombreuses, tant en Europe qu'ailleurs, et les quelques exemples que je défends içi ne sont qu'une petite part des voies à explorer.

La balle est dans notre camp, et n'attendons pas 2007 pour nous mordre les doigts ….



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Posté par Françoise , le 04-08-2005

suite au post de Laurent,

je suis convaincue en effet que l'Environnement est un secteur "porteur", notamment en terme d'emplois.

une sensibilisation est en cours et assez réelle mais (me semble t il) touche peut être encore un peu trop l'international et pas assez le local - le quotidien - quoique, avec la sécheresse cet été, les catastrophes naturelles (changement climatique oblige), les marées noires, et j'en passe, chacun se trouve de plus en plus confronté à cette soudaine et cruciale réalité qui est que la nature est un don et non un dû.

Concrètement, en effet, les emplois devraient être créés, reste à trouver les créneaux pour les créer, mais aussi les fonds pour financer les projets..

nos agriculteurs sont sans doute aux premières loges de cette protection de l'environnement car les premiers touchés dans leur quotidien et leur revenus.

le monde français agricole se trouve actuellement dans une situation intenable, à savoir :

- continuer d'exister pour être présent "sur le terrain" afin de prendre soin de la nature - sauf à tout transformer en immenses zones protégées.

- ne plus exister car plus le temps passe et moins ils n'ont les moyens de continuer à subsister sur leurs "propriétés" .

En effet, la mondialisation étant ce qu'elle est, la concurrence est féroce et les financements publics - français ou européens - ont atteint leurs limites.

Je ne serais pas surprise que dans les années à venir, au train où vont les choses, les agriculteurs soient amenés à chercher leur reconversion dans le domaine de la protection de l'environnement car l'agriculture telle que nous la connaissons ne peut plus continuer...

Peut être faudra t il envisager que les ministères de l'environnement et de l'agriculture créent entre eux des "passerelles" pour gérer cette situation : j'imagine le sourire épanoui de Patrice à la seule pensée des postes de fonctionnaires potentiellement supprimés :=) par cette "fusion" de deux ministères (encore que.. on l'aura compris : dans la fonction publique, les choses ne vont pas si vite :=)


pour en revenir à l'environnement et sa protection,il me semble que cela doit donc se gérer à deux voire trois niveaux :

- local : chacun est concerné
- national : avec une politique courageuse - j'ai bien dit : courageuse !
- international : le changement climatique n'a pas de frontières (le Tsunami de l'hiver dernier l'a prouvé )

je n'ai pas de propositions claires et immédiates, je n'ai pas suffisamment réfléchi à la question mais du moins je suis convaincue que la protection de l'environnement doit prendre sa place et de plus en plus.

pour aborder maintenant la question de l'éducation, de mon point de vue, elle commence à la maison :

trop de parents débordés et dépassés laissent aux enseignants non seulement l'instruction mais aussi l'éducation des enfants.. aussi, si emplois il doit y avoir dans "l'éducation", je ne parlerais pas d'enseignants pour ... enseigner mais plus de personnes à mi-chemin entre - l'assistant parental - pas nécessairmeent maternel(le) - et l'enseignant typique, non pas pour deresponsabiliser les parents débordés mais pour les soutenir et non pas pendant les heures de cours mais entre l'école et la maison : temps de vacances - loisirs...

Concernant les personnes âgées, je crois que l'été 2003 a créé une prise de conscience - dont le lundi de Pentecôte a toutefois démontré les limites et les rigidités.
J'ai vu un reportage TV sur une maison de retraite voisine d'une garderie d'enfants et des contacts entre les deux s'étaient établis, permettant aux deux (si ce n'est trois ou quatre) générations de se cotoyer, se connaître et vivre ensemble - cela m'a paru une très belle idée, et la développer serait certainement intéressant : car une chose est sûre, notre société est devenue si individualiste que chacun vit seul dans son coin et son univers très délimité. La solitude est avec notre égoïsme (les deux iraient ils de pair ?) ce qui nous feraient peut être souffrir le plus dans nos sociétés encore.. riches (?), occidentalisées et "aseptisées".

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Posté par BatSwann , le 05-08-2005

Bonjour à tous,

Il est évident qu'il ne sert à rien de se monter les uns contre les autres, certains, à grand renfort de chiffre ne semble pas être d'accord. Alors, même si quelques uns me diront que j'ai tord de jeter de l'huile sur le feu, je vais moi également donner quelques chiffres. Je me garderais, contrairement à d'autre, de faire quelque commentaire, chacun se ferra sa propre idée.

Les fonctionnaire gagnent trop? En moyenne, le salaire d'un fonctionnaire est plus élevé que le salaire d'un salarié du privé. Mais :
l'écart des salaires homme/femme dans le privé est de 15,7%, dans le public il n'est que de 12,5%, Par ailleurs, la proportion de femmes cadres dans le public est ) plus importante.
Les salarié à faible diplôme sont mieux rémunérés dans le public, les salarié à diplôme d'étude supérieurs sont en revanche moins bien payé dans le public: A âge, région et niveau d'étude égal en 2002 un homme avec un diplôme inférieur au BEPC a un salaire de 4% supérieur dans le public (7% pour une femme); un homme avec un diplôme d'étude supérieur a un salaire de 12% inférieur dans le public (2% pour une femme).
Certain grand patron cumul les fonction et les salaire ou indemnité de présence qui peut aller de 40 à 50 fonction (PDG, administrateur, représentant permanent, conseil de surveillance...), 23 pour Laurent Dassault, 21 pour Arnaud Lagardère, 19 pour Olivier Bouygues (pour les plus connus). Lorsqu'ils sont débarqué, ces grands patrons repartent avec les fameux « parachute doré », 2500 ans de SMIC pour l'ancien patron de Carrefour. Les patron des 40 plus grandes entreprise de France se sont octroyés entre 2000 et 2002 une augmentation de salaire de 84%.

Il y a trop de fonctionnaire en France?
Le taux d'emploi dans les administration publiques (hors entreprises publiques) en 1995 est de 20,2% en France contre 35,4% au Danemark (la comparaison avec le Danemark n'est pas un hasard, le système danois est souvent pris en exemple, notamment pour sa flexibilité du travail)
La part de la dépense induite par la fonctioon publique d'État c'est à dire la part de la richesse consacré par la France à ses fonctionnaires est passé de 10,5 à 8,5%, elle a diminué de 20% entre 1980 et 2000.
Par ailleurs, allez dire qu'il y a trop de fonctionnaire aux salarié des hôpitaux publiques ou dans l'éducation (comment donner une bonne éducation avec des classe à 35 élèves?)

Le coût du travail est trop élevé en France?
Le coût du travail entre 1990 et 2003 a augmenté de 11,5% en France, elle a été de +43% aux États Unis, de +42% en Grande Bretagne. En 2002, le coût du travail en France était le moins élevé de tous les pays industrialisés: 5% de moins qu'en Grande Bretagne, moins 25% qu'aux États Unis. En 2004, les profits nets on augmenté 3 fois plus vite que les salaires.
En 1970, 72,8% des richesses créées dans l'entreprise servaient à financer les dépenses salariales. En 2000 ce taux est passé à 66,2%

Les salariés du public ont un emploi garanti?
en 2002, 25% des salariés du public sont des contractuels ou des précaires.

La fonction publique:
ne crée pas de richesse mais 70% des ressources des groupes français partent en dividendes, en intérêts de placement.
Ce sont les impôts qui financent les salaires du public. Mais les grandes entreprises bénéficient des largesse fiscales: Vivendi à obtenu 8 milliard d'exonérations d'impôt sur les plus values lors de l'acquisition d'universal avec la seule condition que le siège social du groupe reste en France pendant 3 ans. En 2004, 52 Milliards d'euros ont été attribué aux entreprises, des aides diverses qui échappent à tout contrôle.
Le taux d'imposition en France est de 48%, il est de 62% au Danemark, le plus élevé du monde.

Les chômeurs
le taux de chômage en GB est bien inférieur au taux de chômage en France. Mais c'est le fait d'une redéfinition des critères: la GB à le taux le plus élevé d'invalide du travail (il y mettent tout et n'importe quoi).
L'indemnité chômage au Danemark est de 90% du salaire pendant 4 ans (sous certains critères)
Les RMIstes sont des privilégiés qui vivent aux crochets de la société avec......13 euros par jours.
Le RMA mis en place va permettre à des gens de travailler avec un salaire payé au 2/3 par la colectivité.

La sécurité sociale.
A l'été 2004 l'augmentation de la CSG et la diminution des remboursement a dégagé 5 milliards d'euros ce qui correspond à la baisse d'impôt sur les revenu.
En 2003, 11% des français ont due renoncer à des soins, 14% renonces aux soins pour des raisons financières.
Le MEDEF voudrait un système d'assurance à l'américaine avec un minimum d'assistance payé par l'impôt pour les plus pauvres et une assurance complémentaire pour les autres. Les États Unis détiennent le record de dépense de santé: en 2001 ils représente 13,9%, 10,7% en Allemagne, 9,5% en France, 7,5% en Finlande où la gratuité est la règle. 41 millions d'américains n'ont pas de couverture dont les couches moyennes, en raison de l'augmentation des primes d'assurance.



Voilà, il y a certainement encore beaucoup d'autre chiffres qui montrerait que tout le monde il est pas beau, tout le monde il est pas gentil, et surtout que tout n'est pas blanc ou noir. Le tout est savoir si aujourd'hui nous voulons construire une société juste et égalitaire ou favoriser encore plus le capitale.

Pour terminer, deux réaction aux remarques de Patrice:
Ne confondez pas l'islam et les islamiques. Ce ne sont pas les musulmans qui ont perpétrés les massacres de la St Barthélémy ou de l'inquisition... Alors si vous voulez détruire toutes les mosquées de France, ne vous arrêtez pas et faites de même avec les églises et les cathédrales.
Le communisme comme le capitalisme ont montrés leurs faiblesses et leur dérive, l'URSS d'un côté, Enron et compagnie de l'autre. Par ailleurs, il n'y a pas eu et il n'y a pas de gouvernement communiste sur terre: l'idéologie communiste vise à l'autogestion et donc plus de gouvernement. (pour faire simple.

Sources:

Politis n°856
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/07/SICOT/11337
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/06/HALIMI/11242
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/03/BULARD/11082
http://www.monde-diplomatique.fr/2003/12/TOSCER/10865
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/06/ANTOINE/11276
Voir aussi « Marché de dupes pour les retraites » Janvier 2003, « faux privilèges, vrais nantis » Mars 2002
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Posté par Patrice , le 15-08-2005

BatSwann,

Vous êtes une buse parfaite et sans doute triple !

Nous sommes dans le mur : il n’est plus temps de dire que tout va bien, que les pneus sont bien gonflés et qu’il y a de l’huile dans le moteur ! On compte les morts, ce n’est pas tout à fait pareil !

Que le Danemark soit formidable, chabada, et que le sida ne soit qu’une vue de l’esprit… Non, nous n’en sommes plus là, de l’eau a coulé sous les ponts. Votre discours avarié remonte aux pires heures du syndicalisme du 20ème siècle. Il est totalement nul et il a largement participé à faire de la France la risée du monde entier. Honte à vous !

Bien planqués derrière votre “statut”, protégés par vos “droits acquis” (en prenant le peuple en otage), vous nous transformez en République bananière… Et vous allez devoir en répondre, pas de chance !

Les meilleures choses ont une fin, c’est dommage, mais c’est ainsi depuis la nuit des temps !

BatSwann, les fonctionnaires nous pourrissent l’existence : ils piquent tout le pognon que nous fabriquons avec notre travail et ils nous emmerdent par-dessus le marché.

Nous allons nous débarrasser d’eux une bonne fois parce que nous voulons avoir la paix, pouvez-vous comprendre cela, avec votre esprit obtus ?

À propos, vous pourriez peut-être vous mettre à l’orthographe : personne n’a jamais supposé que quelqu’un qui ne sait pas écrire en français puisse donner des conseils avisés sur la conduite du pays, vous le saviez ?

Pour ce qui concerne les Mosquées je maintiens qu’il est urgent de les détruire : elles servent à prêcher la haine, donc fini, terminé… Nous avons besoin de la place pour monter des entreprises ! Si, d’aventure, nos amis Musulmans construisent des églises pour nous sur leur sol, nous verrons s’il est opportun de leur rendre la pareille (à condition qu’ils renoncent à prêcher la haine, bien entendu !)

Le premier qui touche à nos églises et à nos Cathédrales a intérêt à ne pas se trouver dans ma ligne de mire car je suis une très fine gâchette !

Je suis bien conscient que cela vous désole mais je ne suis pas décidé à laisser des glandeurs de votre espèce transformer mon pays en poubelle ! Une objection ?

Une dernière chose : le communisme n’a pas existé… Ah ! Bon ! Vous êtes moins souvent que moi au Vietnam, semble-t-il ! Peut-être fallait-il 2 ou 3 siècles pour passer de la dictature du prolétariat totalitaire à l’autogestion… Quand on est mou et même léthargique, sait-on jamais ? Enfin ils ont quand même réussi à faire crever pas mal de millions d’hommes et de femmes (sans doute 100.000.000 si l’on additionne les résultats de tous ces sympathiques génies : Russie, Chine, Cambodge, Vietnam, Cuba, j’en passe, et non des moindres…) dans des conditions ignobles avec leurs douces hésitations… Et ils sont en train de réaliser que le libéralisme est la seule voie pour en sortir enfin ! Ils n’ont pas le choix, d’ailleurs, avec une population qui gagne entre 15 et 40 Euros par mois… Et qui commence à s’agacer !

La Saint-Barthélemy et l’inquisition sont évidemment lamentables (vous excellez à ouvrir les portes ouvertes !)… Pourtant elles sont un peu plus anciennes que l’attentat contre les twin towers ou l’attaque du métro de Londres. Cela change tout !

Allez donc étudier le Bescherelle (la référence en orthographe… que vous écririez probablement “aurtographe”) plutôt que de vous amuser sur les forums internet, cela vous sera plus utile dans le futur, croyez-moi !
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Posté par Françoise , le 21-08-2005

Puisque vous êtes manifestement remonté contre la fonction publique, je vous propose le "jeu" suivant :

- Vous écrivez au Président de la République (mais oui ! pas moins, compte tenu de l'enjeu et de l'intérêt que vous portez à la question), pour lui demander de virer 50 % des fonctionnaires.

Dans cette lettre, et pour que le Président vous prenne au sérieux, vous devrez lui présenter vos arguments en faveur de cette liquidation massive d'emplois publics et devrez nécessairement indiquer :


- quels types d'emplois publics vous souhaitez supprimer ?
dans quelle administration ?
à quel niveau de compétences ?
dans quelles proportions pour chaque administration concernée ?

- la période de préavis accordée aux-dits fonctionnaires virés

- ont ils droit à une quelconque indemnité (étant entendu qu'ils ne cotisent pas pour l'assurance chômage) ?

- peuvent ils bénéficier de solutions de reclassement ? lesquelles ?

- parmi les emplois supprimés : quels sont ceux dont vous estimez qu'ils doivent l'être car totalement inutiles ? merci bien sûr de préciser et argumenter sur l'inutilité ...

- pour les emplois publics dont l'utilité vous paraît tout de même devoir être prise en compte (merci d'arguementer sur l'utilité), comment remplacez vous les fonctionnaires virés ? par quel type de recrutement ? à quelles conditions (CDD - CDI ?)

Vous avez dans ce forum traiter les fonctionnaires de parasites donc inutiles. Peut être vous ai je mal lu, mais je n'ai pas vu de propositions concrétes et réalistes de votre part permettant d'atteindre le "rêve" que vous entretenez.

N'ayant pas, pour ce qui me concerne l'ambition de supprimer 50 % des emplois de la fonction publique, je veux bien admettre que des évolutions (dont vous refusez d'admettre qu'elles sont déjà en cours) sont nécessaires.

Alors si quelqu'un de très motivé comme vous soumet au Président de la République un projet des plus sérieux, peut être seriez vous surpris de constater que finalement, on vous... "suit" ?.

- Merci aussi d'indiquer comment vous remettez au travail, à court terme, les 50 % de fonctionnaires virés qui s'ajouteront au 10 % de chômeurs déjà enregistrés ?

quelles perspectives offrez vous aux chômeurs dans leur ensemble (fonctionnaires virés inclus) ?


Si tant est que vous acceptiez de jouer le jeu, alors peut être une "discussion" pourra t elle avoir lieu..

Sous réserve que la courtoisie et la politesse (à défaut de la gentillesse) soient dans vos cordes....

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Posté par Cabassol , le 23-08-2005

Après le post de Patrice "LA GUERRE PUBLIC PRIVE", du 17.7.2005, j'avais fait une réponse le 1.8 2005, dans laquelle je disais que s'il ne s'agissait pas d'un canular, il était urgent d' enfermer Patrice, non pas à Cayenne comme lui le proposait pour d'autres, mais dans un hopital psychiatrique.
Après un certain nombre de nouveaux sujets qu'il a postés et que j'ai lus attentivement, je suis obligé de conclure que J'AI FAIT UNE GROSSE ERREUR car après mure réflexion, je pense qu'il y est déja et pas comme infirmier car quoi qu'il en dise, jamais un fonctionnaire infirmier n'aurait autant de temps dans sa journée de travail pour écrire tout ce que nous recevons de Patrice ; donc il y est comme patient (il a donc tout son temps), mais compte tenu de son agressivité vis à vis de des autres patients, (surtout s'ils avaient la maladresse de lui dire qu'ils étaient dans l'administration) et également des infirmiers, on a trouvé une solution pour canaliser son agressivité :
- une cellule capitonnée,
- un clavier (très solide),
- un écran dans la cloison, protégé par un verre antichoc,
- un ou plusieurs forums sur lesquels il puisse déverser sa bile.

Maintenant que nous savons que ce qu'il fait c'est une thérapie, nous avons un gros problême :
que faut-il faire pour l'aider ?
continuer à le contredire est-il bon pour lui ?
aller dans le même sens que lui n'est-il pas nocif également ?

Je lance donc un appel sur ce forum : s'il y a un psychiatre ou quelqu'un qui en connait un, pourraient-il nous conseiller pour aider notre ami Patrice à se sortir de ce pétrin ?
Merci d'avance pour lui........et pour nous.
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Posté par FFZ , le 24-08-2005

Passons outre notre "ami" et reprenons le débat s'il vous plaît.
Beaucoup d'idées ont été avancées mais il reste, à mon humble avis, un point d'achoppement lourd : pour réduire le chômage, il faut que toutes les parties employantes (public et privé) aient les moyens et les besoins de cela.

Pour le public, on voit de plus en plus à quoi nous conduise les promesses et les actes de notre actuel Président, en l'occurence une baisse des rentrées fiscales qui, couplée à d'autres phénomènes macroéconomiques, conduisent à un déficit public abyssal. Donc ce n'est pas, à moins de changement radicaux comme évoqués par certains comme l'élargissement de l'assiette de l'impôt, que les institutions publiques auront les moyens d'embaucher. Tout du moins, avec une meilleure gestion des ressources de la collectivité, arrivera-t-on à réduire ledit déficit.

Donc c'est la force privée qui se retrouve en première ligne. Elle en a l'habitude et ait, de toutes façons, le principal employeur au plan national. Le hic, à mon sens et le contrat nouvelle embauche ne me fera pas mentir, non seulement radine mais en plus assez perverse. Les exemples ne se comptent plus d'entreprises qui ont embauché parce qu'elles recevait une aide pour cela et lorsque la manne financière se tarrissait se débarrassaient de ces employés aidés. Donc une règle si